Binance conteste une enquête explosive du WSJ sur des flux liés à l’Iran
Le bras de fer entre Binance et le Wall Street Journal prend une nouvelle ampleur. La première plateforme crypto mondiale rejette fermement des accusations portant sur 850 millions de dollars de transactions liées à l’Iran et à des entités sous sanctions américaines. Binance peut-elle réellement tourner la page de ses problèmes réglementaires aux États-Unis ?

En bref
- Binance dément les accusations du Wall Street Journal concernant des flux liés à l’Iran.
- Richard Teng affirme que les transactions évoquées ne concernaient aucune personne sanctionnée au moment des faits.
- Le dossier ravive les inquiétudes autour de la conformité de Binance après l’amende record de 4,3 milliards de dollars payée en 2023.
Binance contre-attaque face aux accusations du Wall Street Journal
Jeudi 22 mai 2026, le Wall Street Journal publie une enquête ciblant directement Binance. Selon le journal américain, 850 millions de dollars auraient transité par la plateforme via des comptes liés à Babak Zanjani, un financier iranien replacé sous sanctions américaines en janvier 2026. Destination finale présumée : le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), organisation classée comme terroriste par Washington.
Ce qui frappe dans l’enquête du WSJ, c’est le niveau de détail. Zanjani aurait opéré à travers sa société Zedcex, mais aussi via les comptes de sa sœur, de sa compagne et d’un directeur, tous connectés depuis les mêmes appareils. Une architecture difficile à attribuer au simple hasard.
Plus embarrassant encore pour Binance : le Journal affirme que ses propres équipes de conformité ont détecté une tentative de connexion depuis Téhéran fin 2024. Plus d’une douzaine d’alertes internes auraient alors suivi. Ses enquêteurs auraient recommandé la fermeture immédiate des comptes et leur signalement aux autorités. Pourtant, les comptes seraient restés ouverts plus d’un an.
Le WSJ va encore plus loin. Il avance que la banque centrale iranienne aurait transféré 107 millions de dollars en crypto vers des comptes Binance en 2025, et qu’une agence étrangère d’application de la loi aurait tracé environ 260 millions de dollars de transactions directes entre Binance et des financiers liés au terrorisme iranien.
Une pression réglementaire qui menace encore l’industrie crypto
Face à ces révélations, Richard Teng n’a pas attendu. Le lendemain, vendredi 23 mai, il publie sur X une réfutation directe, qualifiant l’article de « fondamentalement inexact ». Sa ligne de défense repose sur trois arguments :
- Binance n’a jamais autorisé de transactions avec des personnes sous sanctions.
- Les activités suspectes identifiées se seraient produites avant que ces individus ne soient sanctionnés.
- Binance aurait lancé sa propre enquête avant même d’être contactée par le WSJ, et ses conclusions n’auraient pourtant pas été reprises dans l’article..
Le contexte, toutefois, complique cette défense. En 2023, Binance avait plaidé coupable de blanchiment d’argent et de violations de sanctions, s’acquittant d’une amende record de 4,3 milliards de dollars avec la promesse de réformer entièrement son système de conformité. Selon le WSJ, les flux de fonds iraniens présumés auraient repris peu après ce règlement.
Il faut également rappeler que ce n’est pas la première passe d’armes entre les deux parties. En février 2026, le Journal avait déjà affirmé que Binance avait clos une enquête interne portant sur près d’un milliard de dollars liés à des groupes armés iraniens. Binance avait alors démenti.
En mars, le Département de Justice américain aurait ouvert une nouvelle enquête sur l’utilisation de Binance pour contourner les sanctions iraniennes. La plateforme a répondu en portant plainte pour diffamation contre le WSJ, réclamant des dommages et un procès devant jury.
Ce conflit dépasse le simple désaccord médiatique : il révèle les limites de la conformité dans un secteur crypto en pleine construction réglementaire. Si Binance brandit sa politique de « tolérance zéro » face aux activités illicites, les allégations répétées du WSJ et l’intérêt croissant du DOJ suggèrent que le dossier est loin d’être clos. La crédibilité de la plus grande bourse crypto mondiale est en jeu.
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