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Binance répond au Sénat américain et nie tout lien direct avec l’Iran

20h00 ▪ 4 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
S'informer Centralized Exchange (CEX)
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La pression politique s’intensifie autour de Binance aux États-Unis. La première plateforme crypto mondiale sort du silence et conteste frontalement une enquête du Sénat américain portant sur de supposés liens financiers avec l’Iran. Accusations médiatiques, enjeux de sanctions internationales et rivalités de pouvoir à Washington : ce dossier sensible replace l’exchange au cœur du bras de fer entre industrie crypto et régulateurs.

Un représentant de Binance dénonce l'enquête du Sénat américain sur l'Iran.

En bref

  • Binance répond officiellement à une enquête du Sénat américain sur de supposés liens financiers avec l’Iran.
  • L’exchange conteste la crédibilité des accusations et dénonce des rapports jugés diffamatoires.
  • Binance affirme qu’aucun compte n’a réalisé de transactions directes avec une entité basée en Iran.
  • Des sénateurs américains attendent désormais une réponse formelle des autorités fédérales.

Binance réfute formellement les accusations liées à l’Iran

Binance a adressé vendredi une réponse officielle à une enquête lancée en février par un groupe de 11 sénateurs américains, alors que le conflit en Iran fait exploser les cours du pétrole. Dans une lettre transmise aux sénateurs Richard Blumenthal et Ron Johnson, membres de la Permanent Subcommittee on Investigations, la plateforme conteste la validité des accusations relayées par plusieurs médias américains.

Elle qualifie ces publications de rapports « manifestement faux, dépourvus de preuves crédibles et diffamatoires sur plusieurs points essentiels ».

Les éléments centraux de la réponse de Binance s’articulent autour de faits précis :

  • L’exchange aurait facilité plus d’un milliard de dollars de transactions crypto liées à des entités iraniennes, notamment Hexa Whale et Blessed Trust ;
  • Binance indique avoir ouvert une enquête interne après des sollicitations des forces de l’ordre ;
  • Les entités mentionnées ont été retirées de la plateforme à l’issue de cette procédure ;
  • L’exchange déclare : « à notre connaissance, aucun compte Binance n’a effectué de transaction directe avec une entité basée en Iran » ;
  • Concernant les employés présentés comme lanceurs d’alerte ;
  • Binance précise appliquer strictement ses règles internes relatives à la confidentialité des données.

Cette réponse vise à contester à la fois les accusations financières et la version des faits concernant la gestion interne du dossier.

Un passif judiciaire et politique qui met Binance sous pression

Cette séquence intervient alors que des responsables politiques américains attendent une réponse fédérale. Les onze sénateurs à l’origine de l’initiative ont saisi le secrétaire au Trésor Scott Bessent et la procureure générale Pamela Bondi, leur demandant de préciser avant le 13 mars si le gouvernement prévoit d’ouvrir une enquête visant Binance. À ce stade, aucune prise de position publique n’a été communiquée par les deux responsables.

L’affaire réactive aussi le poids du passé judiciaire de la plateforme aux États-Unis. En 2023, Binance a conclu un accord avec les autorités américaines et accepté de verser 4,3 milliards de dollars pour mettre fin à des poursuites liées à des violations des sanctions économiques et des lois anti-blanchiment.

Dans ce cadre, son PDG de l’époque, Changpeng Zhao, a plaidé coupable d’un chef d’accusation pénal et purgé une peine de quatre mois de prison. Le président américain Donald Trump lui a accordé une grâce présidentielle, levant juridiquement l’interdiction de retour à la direction de l’entreprise, même si Zhao a déclaré publiquement ne pas vouloir redevenir CEO.

En parallèle, les liens indirects entre Binance et l’entourage présidentiel alimentent des interrogations politiques. Une société basée aux Émirats arabes unis, MGX, a investi 2 milliards de dollars dans la plateforme via le stablecoin USD1 émis par World Liberty Financial, une entité soutenue par Donald Trump et ses fils. Plusieurs élus américains estiment que cette opération crée des conflits d’intérêts. L’évolution du dossier dépend désormais des décisions des autorités fédérales et du climat politique à Washington, dans un contexte où la régulation crypto reste étroitement liée aux rapports de force institutionnels.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.