Bitcoin à -40 % : Et si la panique était le signal d'achat le plus fiable de l'histoire ?
Depuis son sommet d’octobre 2025 à 126 000 $, Bitcoin a perdu plus de 40 %. L’indice Fear & Greed est en zone de peur extrême, les ETF institutionnels enregistrent des sorties nettes, et les nécrologies fleurissent à nouveau. Pourtant, bitcoindeaths.com en recense déjà 472 depuis 2010. Elles apparaissent toutes au même moment : exactement celui-ci.

En bref
- Alors que Bitcoin recule de plus de 40 % depuis son sommet historique, les prédictions annonçant sa disparition refont surface.
- 472 déclarations de décès prononcées contre Bitcoin depuis 2010 ont été recensées.
- L’analyse de ces nécrologies révèle un schéma récurrent : elles apparaissent généralement après les sommets de marché, jamais au plus fort de la panique.
- Plusieurs critiques historiques de Bitcoin, dont Jamie Dimon et Larry Fink, ont finalement changé de position au fil des années.
Bitcoin « mort » depuis 2010 : le même scénario, encore et encore
Depuis son sommet d’octobre 2025 à 126 198 $, Bitcoin a perdu plus de 40 %. La demande institutionnelle recule, l’incertitude macro pèse sur les actifs risqués, et les traders sont partagés entre correction saine et reset profond. Les recherches Google pour l’expression « Bitcoin bear market » ont atteint début 2026 leur niveau le plus élevé depuis cinq ans, surpassant les pics observés lors du crash de 2021 et du marché baissier de 2022-2023. C’est précisément dans ce type de contexte que ressurgit bitcoindeaths.com, un site devenu un monument discret de l’écosystème : il recense chaque déclaration de mort prononcée contre Bitcoin depuis 2010 — nom, citation exacte, fonction, date. Le compteur affiche 472. En analysant leur chronologie, un schéma implacable se dégage : les nécrologies apparaissent presque toujours après un sommet, jamais au fond du marché. Comme aujourd’hui.
La première date d’octobre 2010. Bitcoin valait 11 centimes. Un blogueur anonyme prédit qu’il passerait « de nouveauté à projet mort plus vite qu’on ne peut cligner des yeux ». Depuis, le prix a été multiplié par près de 700 000. Le site recense aussi les récidivistes. Peter Schiff détient le record absolu avec 22 déclarations prononcées à tous les niveaux de prix — quelques dollars, 100 $, 1 000 $, 10 000 $, 100 000 $. CNBC a officialisé sa propre nécrologie en 2018 lors d’un segment télévisé, diffusant une courbe en forme de pierre tombale alors que Bitcoin tombait à 6 800 $ après son record de 20 000 $. 2017 reste l’année record : 93 mentions de mort, toutes prononcées juste après le pic. Le youtubeur Hasheur a récemment consacré une vidéo entière à cette archive, soulignant ce que le compteur révèle avant tout : non pas une faiblesse de Bitcoin, mais la psychologie prévisible des marchés baissiers, qui se répète à chaque cycle avec une régularité troublante.
Les fossoyeurs d’hier, convertis spectaculaires d’aujourd’hui
L’enseignement le plus frappant du site est peut-être celui-ci : parmi les plus virulents détracteurs de Bitcoin figure une galerie de personnalités qui sont aujourd’hui parmi les acteurs les plus impliqués de l’écosystème. Jamie Dimon, CEO de JPMorgan Chase, figure dans le top 5 des nécrologies pour avoir qualifié Bitcoin d’arnaque, de système de Ponzi décentralisé, et avoir proposé sa destruction devant le Congrès américain. Sa capitulation spectaculaire est aujourd’hui documentée : JPMorgan est désormais l’une des banques les plus actives sur la distribution d’actifs numériques. Larry Fink, CEO de BlackRock, déclarait en 2017 que Bitcoin était « un indicateur du blanchiment d’argent ». Il a depuis reconnu publiquement son erreur, et reconnait à présent que Bitcoin est « un instrument financier légitime » et « de l’or numérique ». D’ailleurs, son ETF IBIT ne devienne le produit le plus rentable de toute l’histoire de BlackRock.
Ce n’est pas un hasard si les mêmes institutions qui enterraient Bitcoin sont aujourd’hui celles qui l’intègrent à leurs bilans. Ce que le compteur de bitcoindeaths.com documente sur 15 ans, c’est un biais cognitif bien connu : on critique ce qui baisse pour se conforter dans sa position, pas pour une raison structurelle. Les baisses de Bitcoin deviennent d’ailleurs statistiquement moins violentes à mesure que le marché mature — -93 % en 2011, -86 % en 2013-2015, -84 % en 2017-2018, -77 % en 2021-2022. Bitcoin aura peut-être un jour une vraie faille — sur le quantique, sur la décentralisation — et ce sera une raison légitime de douter. Mais la correction actuelle n’en est pas une. Elle ressemble, à s’y méprendre, aux 472 moments qui l’ont précédée.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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