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Bitcoin (BTC) vs CBDC

mar 05 Avr 2022 ▪ 12 min de lecture ▪ par Nicolas T.

Les puissants ont adoubé le CBDC lors du World Governement Summit. Cette nouvelle monnaie programmable qui s’annonce comme le fer de lance du Great Reset est l’antithèse du bitcoin.

Qu’est-ce que le Great Reset ?

Cette expression fut utilisée pour la première fois par Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum. Elle signifie « officiellement » le déploiement des technologies de la « quatrième révolution industrielle ».

Klaus Schwab déclarait en 2016 :

« Nous sommes à l’aube d’une révolution technologique qui modifiera fondamentalement notre façon de vivre, de travailler et d’interagir les uns avec les autres. Par son ampleur, sa portée et sa complexité, cette transformation ne ressemblera à rien de ce que l’humanité a connu auparavant. Nous ne savons pas encore comment elle se déroulera, mais une chose est sûre : la réponse à cette révolution doit être globale […]. »

Les technologies de cette révolution sont multiples et les cas d’usage mis en avant paraissent souvent inoffensifs, voire désirables. En voici quelques-uns :

  • – Le machine learning, pour analyser de grandes quantités de données. Cas d’usage : véhicule autonome.
  • – La 5G, qui démultiplie la vitesse des communications. Cas d’usage : coordonner en temps réel les livreurs Uber Eat.
  • – L’Internet of Things, pour collecter des données de chaque objet doté d’un senseur. Cas d’usage : les « maisons connectées ». Alexa…

Nous pourrions aussi parler des imprimantes 3D, des robots, des nanotechnologies, des biotechnologies (transhumanisme), des batteries, de l’ordinateur quantique, etc.

Plus récemment, voici ce qu’a déclaré Klaus Schwab à Dubaï, en ouverture du World Governement Summit :

« Je suis fier que le gouvernement de Dubaï ait fait preuve d’une telle clairvoyance en créant un centre pour la quatrième révolution industrielle, en coopération avec le World Economic Forum. L’objectif est d’identifier rapidement le potentiel de nouvelles technologies […] centrées sur l’homme et orientées vers la société. »

M. Schwab ne parle pas ici de voitures électriques autonomes ou de robots nettoyeurs. Les « technologies centrées sur l’Homme et orientées vers la société » ne sont rien d’autre que l’identité numérique et la CBDC (Central Bank Digital Currency).

Les innovations technologiques bling bling ne sont que le paravent de desseins plus sombres qui nécessitent le déploiement d’un système de surveillance de masse totalitaire similaire à ce qui se fait en Chine.

Le but est que chaque individu puisse être finement catalogué selon ses habitudes et sa philosophie de vie. À terme, les hommes de Davos veulent nous enfermer dans une prison à ciel ouvert où rationnement et crédit social seraient la norme.

CBDC, la clef de voûte du Great Reset

Pippa Malmgren a lâché le morceau lors de ce World Government Summit :

« Je pense que nous sommes au bord d’un changement radical. Je vais le dire avec audace : nous sommes en train d’abandonner le système monétaire traditionnel pour en introduire un nouveau. Ce nouveau système, cette nouvelle comptabilité, est ce que nous appelons blockchain. C’est-à-dire un enregistrement presque parfait de chaque transaction se produisant dans l’économie, ce qui nous donnera beaucoup plus de clarté sur ce qui se passe. […] Cette nouvelle monnaie sera de nature souveraine. La plupart des gens pensent qu’il s’agit de « crypto » et de monnaie privée (comme le bitcoin), mais ce que je vois, ce sont des superpuissances qui introduisent des CBDC. Les Chinois ont été les premiers, les Américains sont sur le point d’aller dans la même direction et les Européens aussi. »

Qui est Pippa Malmgren ? Une ancienne conseillère spéciale de George W. Bush. Elle actuellement membre du Council on Foreign Relations et de la Chatham House. Ce sont les anti-chambres du pouvoir anglo-saxon où convergent les émissaires de l’industrie, des banques, des médias, de l’OTAN et des fondations de milliardaires comme l’incontournable Bill Gates.

Ces temples du globalisme, un temps très secrets, sont de plus en plus transparents. Le World Economic Forum ne se cache plus et son slogan « Vous ne posséderez rien, et vous serez heureux » est désormais célèbre…

Bill Gates n’est pas en reste et parle sans complexe de surpopulation, recyclage des selles, protéines d’insectes, etc. C’est d’ailleurs lui qui a proposé en premier d’instaurer un passe sanitaire utilisant l’identité numérique, dont son alliance, ID2020, fait justement la promotion partout dans le monde depuis 2016 :

« Du passeport électronique aux wallets numériques, des services bancaires en ligne aux comptes de réseaux sociaux, ces nouvelles formes d’identification numérique permettent de voyager, d’accéder à des dossiers financiers et médicaux, de rester connectés (à internet), et bien plus encore. »

Bill Gates finance également une alliance dédiée à la fin du cash. La « Better than Cash Alliance ». On y trouve encore toute une clique de globalistes comme la fondation Clinton, Visa, mais aussi beaucoup de compagnies liées à l’alimentation (The CocaCola Compagny, Unilever, Mark & Spencer).

Voici comment cette alliance se présente :

« Basée dans les locaux des Nations unies, l’Alliance Better Than Cash est un partenariat de gouvernements, d’entreprises et d’organisations internationales qui accélère la transition de l’argent liquide vers des paiements numériques afin de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable. »

Cette sombre organisation tente de convaincre les pays pauvres d’instaurer des systèmes de contrôle de masse pouvant être transformés en outil de rationnement si besoin. Or, il se trouve que nous allons justement au devant de pénuries alimentaires vu que l’approvisionnement en gaz russe est menacé. Il faut en effet trois tonnes de gaz pour faire une tonne d’engrais azoté, sans lesquels les rendements agricoles seront maigres.

La Russie et l’Ukraine représentent environ un quart des exportations de blé et l’ONU avertit déjà que le Moyen-Orient est à un « point de rupture » alimentaire. Dmitri Medvedev a déclaré que « la Russie ne fournira du blé qu’aux pays amis, l’Europe et l’Amérique du Nord n’en sont pas. »

Bill Gates était parfaitement positionné pour profiter de la plandémie (10 milliards de dollars investis dans la fabrication de vaccins), et voilà qu’il se trouve être désormais le premier propriétaire terrien des États-Unis. Quel flair…

Bill est à la croisée des chemins entre l’identité numérique, la fin du cash, le rationnement alimentaire, et même de l’énergie (nucléaire). Soit tous les ingrédients du véritable Great Reset (destruction de l’épargne et rationnement de l’énergie).

Ukraine, le patient zéro

Pour en revenir à Pippa, vous pourrez lire sur son tweet épinglé : « J’ai écrit « La troisième guerre mondiale a déjà commencé » le 29 octobre 2021. Cette guerre entre superpuissances ne date pas d’hier et s’est à présent étendue à l’Ukraine ».

M. Schwab a également fait référence à l’Ukraine dans son discours d’introduction en lançant que « nous sommes véritablement à un tournant de l’Histoire ». « Nous ne connaissons pas encore toute l’ampleur des changements systémiques et structurels qui se produiront, mais nous savons que les systèmes énergétiques mondiaux, les systèmes alimentaires et les chaînes d’approvisionnement seront profondément affectés ».

Mises bout à bout, toutes ces déclarations suggèrent que la deuxième phase du Great Reset se caractérisera par une inflation extrême, le rationnement ainsi qu’un revenu universel. Voici ce que nous rapportions la semaine passée :

« Le gouvernement ukrainien annonce la mise en place d’une « économie de temps de guerre » prévoyant le versement de 6500 Hryvnia (la monnaie ukrainienne) aux personnes ayant perdu leur emploi. Le service utilisé (e-Pidtrymka) est celui dont le gouvernement s’est servi pour inciter les Ukrainiens à se faire vacciner en échange de l’équivalent de 40 dollars. […] L’application Diia fut lancée en 2020 par le ministre Mykhailo Federov, pour qui ‘les gouvernements finiront par ressembler à des multinationales de la Tech et non plus à des gouvernements classiques’. »

L’inflation va plonger des millions de personnes dans la pauvreté et la vieille Europe ne sera pas épargnée. En Allemagne, les grandes chaînes alimentaires viennent d’annoncer une hausse des prix comprise entre 20 % et 50 %. Toute l’épargne détenue sous forme d’euro est en train d’être engloutie par une inflation à deux chiffres.

Voilà ce qu’est vraiment le Great Reset : destruction de notre épargne par l’inflation et rationnement via diverses applications fonctionnant avec des identités numériques biométriques qui sont le prélude de CBDC programmables.

Denelle Dixon, CEO de la cryptomonnaie Stellar, a déclaré à Coindesk que son entreprise « continue de travailler avec l’Ukraine pour créer sa CBDC, malgré la guerre ». « Le président ukrainien Volodymyr Zelensky souhaite passer à une société sans cash dans le courant de l’année. »

N’oublions pas que les États-Unis étaient à deux doigts d’envoyer les « stimulus checks » sous forme de CBDC et que Joe Biden a récemment donné son feu vert pour la création d’un Digital Dollar. La BCE veut également son « Digital Euro ».

Une cyberattaque pour accélérer les choses ?

Nous rapportions il y a peu que les banques craignent des cyberattaques contre le réseau SWIFT duquel la Russie a récemment été partiellement déconnectée :

« Plusieurs banquiers contactés par le Financial Times craignent que le réseau SWIFT devienne la cible de cyberattaques en cas de déconnexion totale de la Russie, « car il s’agit d’un point névralgique du réseau financier mondial ». »

Des paralysies répétées du réseau SWIFT seraient à coup sûr du pain béni pour la banque des règlements internationaux qui construit actuellement un « SWIFT » pour CBDC. Nom de code : « Project Dunbar ».

Un gel des transactions internationales pourrait forcer les banques centrales récalcitrantes à créer leur CBDC afin de pouvoir se reconnecter au reste du monde.

La numéro deux du FMI, Gita Gopinath, a déclaré pour sa part que « le conflit russo-ukrainien va accélérer l’adoption des CBDC et des cryptomonnaies (Bitcoin) ».

Même son de cloche du côté de Hiromi Yamaoka, ancien M. CBDC de la Banque centrale japonaise et de la banque des règlements internationaux qui estime qu’un « pays comme la Chine pourrait promouvoir l’utilisation de son CBDC pour les transactions transfrontalières et créer un bloc monétaire ». « La défense et la sécurité nationale deviendront probablement des thèmes clés lors du débat sur la CBDC ».

Ainsi, alors que le Covid a servi de prétexte pour lancer les identités numériques, la guerre en Ukraine sert de catalyseur pour la seconde phase du Great Reset qui est le déploiement de la CBDC.

La BCE prévoit une limite de 3000 CBDC par personne, mais comme 1 CBDC = 1 euro, il ne protégera ses détenteurs que des faillites bancaires (perte de 100 %), et non pas de l’inflation.

Mais personne ne peut garantir que cette limite ne sera pas changée. Seul le Proof-of-Work et l’architecture décentralisée du Bitcoin peuvent garantir une monnaie en quantité absolument fixe. Par ailleurs, la CBDC sera programmable, et donc conditionnée, ce qui ouvre la porte à tous les abus:

Il ne faut pas aller chercher plus loin pour comprendre pourquoi le bitcoin (BTC) est tellement haï par les puissants. Il est la seule alternative globale à l’outil orwellien de contrôle des masses que sera le CBDC.

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Nicolas T.

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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