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Bitcoin - Semaine 46, Spécial FTX vs Binance

mar 08 Nov 2022 ▪ 20h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

Binance annonce vouloir racheter FTX alors que les marchés attendent le résultat des élections de mi-mandat. Le bitcoin frétille.

Binance

Le torchon brûle entre Binance et FTX

Binance est le plus grand exchange au monde avec des volumes dix fois plus élevés que son premier concurrent et autres géants comme Coinbase ou BitMEX.

Mais en mai 2019, un adversaire de taille en la personne de Samuel Bankman-Fried (SBF) débarque. Son exchange FTX fait une entrée fracassante dans l’arène des shitcoins.

Cette croissance fulgurante agace forcément Changpeng Zhao, le CEO de Binance. D’autant plus que SBF fricote avec le régulateur pour essayer de tirer la couverture à lui et nuire à son rival.

FTX fut en effet le second plus gros donateur de la campagne de Biden. Et pour quel résultat ? Un « Digital Dollar » dans les cartons et toujours pas d’ETF. Bravo.

Les propositions de réglementation de SBF ont soulevé un tollé, tout comme son interview dans le Financial Times qui fut ni plus ni moins qu’une déclaration d’allégeance au système.

Le jeune milliardaire y faisait la promotion du Proof-of-Stake tout en déclarant grossièrement que la consommation d’énergie du bitcoin serait liée au nombre de transactions :

« Nous ne pouvons pas augmenter la vitesse de transaction jusqu’au point où nous devons dépenser 100 fois plus d’énergie en mining ».

SBF devient soudainement un ennemi, si bien qu’un récent article à charge de Coindesk a eu tôt fait de propager la rumeur…

Nos confrères y révèlent qu’une grande partie des 14,6 milliards de dollars d’actifs figurant au bilan d’Alameda (la branche d’investissement de FTX) est en fait constituée de son jeton FTT.

Le jeton FTT est à FTX ce que le jeton BNB est à Binance. Les utilisateurs de ces exchanges s’en servent pour payer moins de frais de transaction.

Coindesk écrivait le 2 novembre :

« Le bilan d’Alameda est rempli de FTT […]. Bien qu’il n’y ait rien de fâcheux ou de mauvais en soi à ce sujet, cela montre que le fonds géant Alameda est surtout composé d’un token créé par une société sœur », et non sur de vrais dollars ou des BTC.

Coindesk cite dans la foulée Cory Klippsten, CEO de la plateforme d’investissement Swan Bitcoin, qui vend la mèche :

« Il est fascinant de voir que la majorité du capital net de l’entreprise Alameda est en fait le propre jeton de FTX, contrôlé de manière centralisée et imprimé ex nihilo ».

Il n’en fallait pas plus pour plonger FTX dans la tourmente vu que la firme a contracté des prêts en apportant ces FTT en collatéral… Bref, la panique s’emparant des utilisateurs de FTX, CZ en a profité pour porter l’estocade :

« Dans le cadre de notre sortie du capital de FTX l’année dernière, Binance a reçu l’équivalent de 2,1 milliards de dollars en BUSD et FTT. En raison des récentes révélations qui ont été faites [celles de coindesk sur la composition du fonds Alameda], nous avons décidé de liquider tous nos FTT. »

CZ est même allé jusqu’à comparer le FTT à LUNA. Résultat, le token FTT perd plus de 40 % de sa valeur au moment d’écrire ces lignes, emportant également le bitcoin dans sa chute.

Et surprise, Binance pourrait finalement racheter son concurrent ! Un coup de maître…

La nouvelle a fait bondir BTC/USD de 1000 $ en une heure. La suite au prochain épisode…

Quel impact sur le bitcoin si les républicains s’offrent le Congrès ?

Après la hausse de 0.75 % du taux directeur de la FED mercredi dernier, les regards se tournent cette semaine vers les élections législatives américaines de mi-mandat et les derniers chiffres d’inflation.

L’inflation américaine s’est établie à 9,1 % en juin, puis est retombée à 8,5 % en juillet, pour glisser encore à 8,3 % en août 2022, et enfin à 8,2 % en septembre. Wall Street s’attend à ce que l’inflation annuelle « se tasse » encore à 8 % au mois d’octobre.

Les derniers chiffres d’inflation sortiront ce jeudi. Une nouvelle modération pourrait inciter la Fed à ralentir sa hausse des taux.

La baisse du pouvoir d’achat sera certainement un facteur clé dans les résultats des élections de mi-mandat qui se déroulent ce mardi.

Les 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu’un tiers du Sénat, soit 35 des 100 sièges, sont à pourvoir.

Les sondages suggèrent que les démocrates vont perdre le contrôle de la Chambre des représentants, voire du Sénat. Dans ce scénario, les républicains forceront le président Biden à mettre en œuvre des réductions d’impôt représentant des centaines de milliards de dollars par an.

Bloomberg rapporte qu’en Pennsylvanie, « le candidat au Sénat Mehmet Oz a obtenu le soutien du président Donald Trump en raison de son ralliement à des réductions d’impôts ».

Stephen Moore, un conseiller économique de Trump, prévient que « ce sera la guerre à Washington pour savoir lesquelles des réductions d’impôts de Trump seront prolongées », peut-on lire dans le Wall Street Journal.

Soit dit en passant, l’ancien locataire de la Maison blanche fait savoir qu’il fera une « grande annonce » le 15 novembre :

[Probablement qu’il annoncera se représenter à l’élection présidentielle de 2024]

« Nous voulons rendre permanentes les réductions d’impôt du Tax Cuts and Jobs Act » mises en place sous l’ère Trump, avance un assistant républicain de la chambre à Reuters. « Si Biden veut opposer son veto, il devra assumer la responsabilité de l’augmentation des impôts pour la classe moyenne. »

Les républicains réclament déjà la prolongation de trois allègements fiscaux pour les entreprises. Soit environ 60 milliards de dollars par an qui s’ajouteraient au déficit fédéral annuel de 1400 milliards de dollars.

Le risque étant que la réaction des marchés soit la même qu’en Angleterre. Pour rappel, la banque d’Angleterre a été obligée de redémarrer son Quantitative Easing face aux remous financiers provoqués par les réductions d’impôts d’Elizabeth Truss.

Par ailleurs, il semblerait que nous ayons atteint le pic des réserves de change détenues en dollar. Cela suggère fortement que la dette américaine n’est plus en odeur de sainteté. Cela forcerait la FED à se substituer aux banques centrales étrangères. Brrrr…

Est-ce qu’une victoire républicaine pourrait aggraver la liquidité sur le marché de la dette US ? Et hâter le « pivot » de la FED ? Un tel dénouement serait positif pour la bourse.

Ce serait par ricochet positif pour le bitcoin que l’on considère comme un actif « à risque ». La décrépitude du système fiat n’est apparemment pas encore assez avancée… Mais gageons que l’inflation à deux chiffres finira par faire son effet…

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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