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Bitcoin : Wall Street le traite encore comme un pari technologique

17h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Lydie M.
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Bitcoin est volontiers présenté comme de « l’or numérique ». Dans les portefeuilles institutionnels, son rangement est parfois tout autre. Une enquête de Bitwise menée auprès de 15 grandes institutions montre que plusieurs placent encore leurs investissements crypto dans des poches consacrées à la technologie, à l’innovation ou au capital-risque. Bitcoin reste pourtant l’actif commun à tous les répondants exposés aux cryptomonnaies. Les allocations vont de 0,5 % à 13 % des actifs investissables, avec une majorité située entre 1 % et 2 %.

Un Bitcoin géant équilibre l’or et la technologie devant un investisseur institutionnel du marché crypto.

En bref

  • Toutes les institutions interrogées qui détiennent des cryptos possèdent du Bitcoin.
  • La plupart des allocations crypto représentent entre 1 % et 2 % des actifs investissables.
  • Aucune institution interrogée n’a réduit son exposition pendant la chute d’environ 50 % entre fin 2025 et mi-2026.

Bitcoin reste rangé dans les poches technologie

Le contraste ressort assez vite du rapport. Les investisseurs interrogés parlent souvent de bitcoin comme d’une réserve de valeur et le rapprochent de l’or. L’un d’eux le place même dans le « panier or » de son portefeuille.

Pourtant, au moment de classer réellement les investissements, la technologie reprend le dessus. Une fondation décrit son allocation crypto comme un pari sur « la croissance et la disruption ». Un fonds de pension la place dans une poche innovation comprenant aussi l’IA, les sciences de la vie, l’espace et d’autres technologies émergentes. Une autre fondation rejette carrément l’idée d’« or numérique » et considère les cryptomonnaies comme des technologies disruptives.

Cette double lecture apparaît également dans une précédente étude de Cointribune sur le comportement des institutions pendant la chute du marché. Bitcoin y occupait déjà une place particulière : généralement le premier actif acheté, le plus ancien et le plus important.

Le rapport de Bitwise porte sur des fonds de dotation, fondations, fonds de pension publics, fonds souverains, multi-family offices, consultants en investissement et sociétés cotées. On est donc au-delà du seul Wall Street traditionnel. Les structures interrogées gèrent de quelques centaines de millions à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Bitcoin se retrouve ainsi entre deux catégories que la finance séparait auparavant assez facilement : réserve de valeur d’un côté, investissement technologique de l’autre.

Toutes les institutions crypto interrogées détiennent du Bitcoin

Sur ce point, les réponses sont beaucoup moins ambiguës. Chaque institution de l’échantillon qui possède des cryptomonnaies détient du Bitcoin. Pour presque toutes, le BTC constitue aussi la première position crypto ouverte, la plus grosse et celle conservée depuis le plus longtemps. Ethereum et Solana apparaissent ensuite, avec des montants généralement plus petits et des horizons plus courts.

Les allocations varient beaucoup. La plus faible représente environ 0,5 % des actifs investissables, la plus élevée 13 %. La majorité tourne néanmoins autour de 1 % à 2 %.

Les family offices se montrent généralement plus généreux. Les fonds souverains, dont les décisions passent par davantage de niveaux d’approbation, restent plus prudents. Bitwise constate d’ailleurs une relation inverse entre la taille de l’allocation et le nombre de personnes nécessaires pour la valider.

Les ETF ont aussi simplifié l’entrée de ces investisseurs. Presque toutes les institutions interrogées les utilisent déjà ou prévoient de le faire. Elles citent des coûts opérationnels plus faibles et surtout une intégration beaucoup plus familière pour leurs équipes internes.

Ce canal prend déjà de l’ampleur. Début septembre, les ETF Bitcoin avaient attiré environ 3,8 milliards de dollars en trois semaines.

Le wallet n’est donc plus obligatoire pour entrer sur Bitcoin. Pour un fonds de pension ou une fondation, le BTC peut désormais arriver dans le portefeuille sous une forme ressemblant beaucoup plus à un produit financier classique.

Même une chute de 50 % n’a pas déclenché de ventes

Bitwise a aussi interrogé ces investisseurs sur leurs conditions de sortie. Le prix arrive loin derrière. Entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, le marché crypto a perdu environ 50 %. Aucune des 15 institutions interrogées n’a réduit son allocation pendant cette période. Plusieurs ont même acheté davantage.

Aucune n’a non plus cité une simple baisse du prix de Bitcoin comme raison suffisante pour vendre. Les réponses portent plutôt sur trois scénarios : une remise en cause de la thèse d’investissement, un retournement réglementaire important ou une crise de crédibilité touchant l’ensemble du secteur. Pour Ethereum et Solana, certaines institutions fixent également des conditions liées à l’adoption réelle des réseaux et à la capacité de cette activité à profiter au token.

Bitcoin bénéficie d’un traitement différent. Bitwise défend depuis plusieurs mois l’idée que les investisseurs institutionnels pourraient encore augmenter leurs allocations. Le gestionnaire évoquait en août des milliers de milliards de dollars de capitaux institutionnels potentiels. Il s’agit d’une projection de Bitwise, pas d’un montant déjà engagé. L’étude actuelle donne surtout une photographie plus terre à terre : des allocations souvent limitées à 1 % ou 2 %, des ETF utilisés pour simplifier l’accès et un Bitcoin que certains rangent avec l’or tandis que d’autres le mettent encore à côté de l’IA et de la tech.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.