BlackRock abaisse à 1 million le seuil de conversion en Bitcoin de son ETF IBIT
BlackRock fait partie de ceux qui ont flairé très tôt la manne crypto. Ce géant de la finance a commencé par le bitcoin, il en a amassé en grand nombre pour la diversification. Les investisseurs en profitent, quoi que la stabilité ne soit toujours pas au rendez-vous. Mais la roue tourne, pas question de lâcher prise. Ainsi, c’est dans sa logique de prendre une décision radicale, histoire de rendre plus attractif son produit le plus célèbre, l’IBIT. Une baisse du seuil de conversion in-kind de ce produit crypto phare, d’une valeur de 96 %, vient d’être annoncée. Un pavé dans la mare.

En bref
- BlackRock réduit de 96 % le seuil de conversion in-kind de l’IBIT, le faisant passer de vingt-cinq à un million de dollars.
- Robbie Mitchnick, responsable des actifs numériques de BlackRock, a confirmé cette décision sur Bloomberg TV le 10 août 2026.
- IBIT a capté 479 millions de dollars en trois jours, représentant environ 76 % des entrées totales des ETF Bitcoin.
- Grayscale GBTC a enregistré des sorties cumulées de 27,47 milliards de dollars depuis sa conversion en ETF en 2024.
« Rien que pour les millionnaires » : le seuil à 1 million fait débat
Après avoir amassé des bitcoins, et parallèlement lancé des produits dérivés comme l’ETF Bitcoin, BlackRock enclenche la vitesse supérieure. Effectivement, la réduction de 96 % du seuil est saluée par certains comme une avancée majeure, tandis que d’autres y voient une mesure encore insuffisante, réservée à une minorité. Un commentateur sur X résume parfaitement le sentiment :
Encore trop élevé pour nous, les plébéiens avec seulement 5 BTC.
Source : X, @Richard71961676
Un autre tourne la mesure en dérision, préférant ironiser sur l’idée de confier ses économies à un système qu’il cherche justement à fuir, déclarant : « Laissez-moi confier mes économies de toute une vie au système corrompu que j’essaie de fuir ». Source : X, @JohnEssig590189.
Malgré la baisse spectaculaire, le seuil de 1 million de dollars reste inaccessible à la plupart des investisseurs. Robbie Mitchnick a précisément indiqué que le processus demeure intermédié par des participants autorisés, BlackRock ne facilitant nullement les transactions en direct avec les particuliers.
La question demeure : cette mesure constitue-t-elle une réelle démocratisation ou un simple geste symbolique ? Car si le seuil a été drastiquement réduit, il reste pourtant très haut pour le commun des mortels. Par conséquent, la frontière entre les baleines et les petits porteurs s’est certes déplacée, mais elle n’a pas du tout disparu.
Un avantage fiscal caché : l’arme secrète de BlackRock
D’abord, la conversion in-kind permet magistralement d’éviter une vente taxable pour les institutions détenant déjà du bitcoin, offrant ainsi un avantage structurel que les fonds réglés en espèces ne peuvent concurrencer. Ceux qui possèdent déjà cet actif numérique peuvent désormais entrer dans l’IBIT sans déclencher le moindre événement fiscal, ce qui pourrait considérablement accélérer le basculement du bitcoin physique vers l’ETF.
De surcroît, BlackRock souhaite à terme rendre ce mécanisme accessible pour n’importe quelle taille de transaction. Somme toute, la réduction du seuil s’accompagne d’une augmentation fulgurante de l’efficacité du marché : avec davantage de participants capables d’arbitrer, l’écart entre le prix de l’ETF et le bitcoin spot se réduit inévitablement.
Les investisseurs ordinaires bénéficient indirectement d’une bien meilleure liquidité. Finalement, la question de la légitimité de cet avantage fiscal se pose avec acuité : s’agit-il d’une innovation vertueuse ou d’une habile exploitation de failles juridiques pour attirer les capitaux ?
Le Coldcard, le bitcoin et l’argument imparable de BlackRock
Dans le même temps, Robbie Mitchnick a habilement profité de cette annonce pour commenter le piratage des portefeuilles Coldcard, qualifiant cet incident d’« une erreur assez simple, plutôt amateur ». Il a également souligné que ces hacks reflètent avant tout des problèmes de gestion de sécurité individuelle plutôt qu’une défaillance intrinsèque du réseau Bitcoin.
Il évoque aussi une demande sans précédent, depuis le lancement des ETF, pour un produit simple, clé en main et digne de confiance — ce qui constitue une traduction à peine voilée suggérant qu’il vaut mieux laisser BlackRock garder les clés à votre place.
Le message est donc limpide : les ETF seraient infiniment plus sûrs que la conservation personnelle. Enfin, Mitchnick a noté que le bitcoin s’est récemment découplé des actions, un développement qu’il présente comme très sain pour la diversification. Le gestionnaire utilise donc opportunément cet incident sécuritaire pour renforcer son argumentaire et drainer les liquidités vers ses fonds.
Chiffres clés de la domination BlackRock
- Prix du BTC au moment de la rédaction : 64 158 dollars
- Entrées IBIT sur trois jours : 479 millions de dollars
- Total des entrées sur les ETF BTC en cinq jours : 750 millions de dollars
- Sorties nettes cumulées du Grayscale GBTC : 27,47 milliards de dollars
- Baisse drastique du seuil de conversion : 96 %
L’empire BlackRock se renforce : IBIT, BITA, IBQT, la trilogie
Désormais, BlackRock ne se contente plus d’abaisser les seuils, il bâtit méthodiquement un écosystème complet autour de la reine des cryptomonnaies. L’IBIT, véritable vaisseau amiral des fonds spot, demeure incontestablement le plus grand produit du marché.
Parallèlement, le fonds BITA, lancé en juin dernier, associe judicieusement le bitcoin et des options pour générer un rendement mensuel. Quant à l’IBQT canadien, il combine habilement 97 % d’actions mondiales avec 3 % de bitcoin. Somme toute, la gamme s’étend harmonieusement du bitcoin pur aux produits hybrides, couvrant ainsi tous les profils d’investisseurs.
Mitchnick a d’ailleurs précisé que le BITA a réalisé un démarrage solide, bien que sa croissance s’annonce plus modérée que celle de son produit phare. L’objectif affiché est donc limpide : proposer des solutions sur mesure à chaque strate de la finance. BlackRock érige ainsi progressivement un empire difficile à concurrencer.
Chose étrange, alors que BlackRock orchestre cette offensive globale, son grand rival Grayscale vient de battre en retraite de façon spectaculaire. Effectivement, le gestionnaire historique a liquidé sans sommation ses fonds alternatifs pour réaligner sa stratégie. Les investisseurs assistent donc médusés à ce grand nettoyage des parcs numériques.
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