Bourse : Les institutions liquident plus de 70 milliards de dollars d’actions Nvidia
Nvidia reste un poids lourd de la bourse américaine, mais un signal clair vient de sortir des portefeuilles institutionnels. Au quatrième trimestre 2025, des milliers de fonds ont réduit leur exposition, même si le groupe conserve une emprise massive sur le capital. Les institutions ont liquidé plus de 70 milliards de dollars d’actions Nvidia au quatrième trimestre 2025. D’après les données relayées par Finbold à partir des participations institutionnelles, 2 627 fonds ont allégé leurs positions, pour un total de 440 075 433 actions cédées, soit environ 73,5 milliards de dollars sur la base d’un cours proche de 167 dollars.

En bref
- Les institutions ont vendu massivement Nvidia au quatrième trimestre 2025.
- Mais la majorité d’entre elles reste encore très exposée au groupe.
- La Bourse doute du rythme, pas encore du moteur fondamental.
Une prise de profits qui ne ressemble pas à une fuite générale
Ce mouvement impressionne par son ampleur, mais il ne raconte pas un abandon total de Nvidia. Dans le même temps, 3 090 institutions ont au contraire renforcé leurs positions, en achetant plus de 648 millions d’actions. 352 autres sont restées inchangées. Le marché institutionnel n’a donc pas parlé d’une seule voix.
Autrement dit, il s’agit moins d’un rejet brutal que d’un grand rééquilibrage. Certains gérants ont pris leurs gains après une phase d’euphorie prolongée sur l’IA. D’autres ont choisi de profiter du repli pour se renforcer. Cette dissymétrie est importante, car elle évite une lecture trop dramatique.
Les vendeurs notables cités incluent notamment FMR, JPMorgan Chase, Price T. Rowe Associates, Northern Trust et UBS Asset Management. Ce sont des noms lourds. Quand ce type d’acteurs réduit la voilure, le message n’est jamais anodin. Mais ce n’est pas non plus un verdict définitif contre l’entreprise.
Nvidia reste solidement tenue par les grands investisseurs
Malgré ces dégagements, Nvidia demeure une action dominée par les institutions. Finbold indique qu’elles contrôlent encore 67,75 % du capital, pour une valeur totale estimée à environ 2 760 milliards de dollars et plus de 16,46 milliards d’actions détenues. Le pouvoir de marché reste donc concentré entre les mains des grands fonds.
C’est là que le dossier devient plus subtil. Quand les institutions vendent autant tout en restant ultra-dominantes, cela signifie souvent qu’elles ajustent le rythme, pas forcément la conviction de fond. Elles peuvent alléger une ligne devenue trop lourde sans renoncer à l’histoire principale.
Cette nuance compte en bourse. Nvidia n’est pas une petite valeur fragile qui vacille au premier courant d’air. C’est un géant encore considéré comme central dans le cycle IA. Le recul institutionnel ressemble davantage à une respiration sous tension qu’à une sortie de scène.
Le titre recule, mais les résultats restent hors norme
La baisse récente du titre en bourse nourrit pourtant les doutes. Nvidia a clôturé à 167,52 dollars le 27 mars 2026, en recul d’environ 2 % sur la séance, et l’action reste proche de 10 % sous son niveau de début d’année, après avoir commencé 2026 autour de 186,50 dollars. Elle évolue aussi nettement sous son sommet d’octobre 2025, proche de 207 dollars.
La bourse sanctionne plusieurs choses à la fois. Il y a les prises de profits. Il y a aussi la rotation hors des mégacaps technologiques. Et puis il y a une vieille question qui revient sans cesse quand une action monte trop vite : jusqu’où la valorisation peut-elle tenir avant de demander une pause.
Pourtant, sur le terrain opérationnel, Nvidia ne montre pas un profil affaibli. Le groupe a publié pour son exercice fiscal 2026 un chiffre d’affaires record de 215,9 milliards de dollars, en hausse de 65 %. Sur le seul quatrième trimestre, le revenu atteint 68,1 milliards, en progression annuelle de 73 %.
Le vrai moteur reste l’IA, et il est loin d’avoir calé
Le cœur de la machine reste le segment Data Center. Nvidia y a généré 62,3 milliards de dollars de revenus trimestriels, soit une hausse de 75 % sur un an. Cette activité représente plus de 91 % des ventes totales du trimestre. C’est massif. Et cela confirme que la société dépend désormais presque entièrement de la demande mondiale en infrastructures IA.
Lors de la conférence GTC 2026, Jensen Huang a encore haussé le ton. Le dirigeant a indiqué voir au moins 1 000 milliards de dollars de revenus cumulés liés aux plateformes Blackwell et Vera Rubin sur la période 2025-2027, signe qu’il continue de parier sur une accélération durable de l’IA industrielle.
Au fond, c’est ce contraste qui rend Nvidia fascinante en Bourse aujourd’hui. Les institutions vendent en taille. Le titre corrige. Mais les fondamentaux restent hors norme et la narration de croissance n’est pas cassée. Le marché ne tranche pas encore entre excès de valorisation et nouvelle jambe haussière. Il temporise, ce qui n’est pas la même chose. Pendant ce temps, Ethereum attire les gros investisseurs malgré un marché baissièr.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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