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BRICS : La Russie règle 90 % de ses échanges en monnaies locales

14h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Les monnaies locales des BRICS permettent déjà de régler 90 % des transactions de la Russie avec ses partenaires de l’alliance, d’après le Kremlin. Toutefois, ce chiffre ne représente ni un objectif collectif ni une promesse d’abandon du dollar par tous les pays membres.

Dans un immense centre de commerce international, un responsable russe actionne avec force une gigantesque vanne mécanique contrôlant deux conduites financières. La conduite principale, désormais grande ouverte, transporte un torrent de monnaies locales vers plusieurs partenaires des BRICS représentés par les couleurs de la Chine, de l’Inde, du Brésil et d’autres pays. Une énorme jauge située au-dessus affiche uniquement 90 %. À côté, une seconde conduite associée visuellement au dollar américain ne reçoit plus qu’un petit filet.

En bref

  • La Russie règle déjà 90 % de ses transactions avec les BRICS en monnaies locales.
  • Ce seuil concerne la Russie et ne constitue pas un objectif commun aux BRICS.
  • Le Kremlin refuse de présenter cette évolution comme une politique de dédollarisation.
  • Les règlements en devises nationales répondent aux sanctions et restrictions financières occidentales.
  • Les BRICS ne disposent pas d’une monnaie unique et conservent leurs propres politiques monétaires.

La Russie atteint déjà le seuil de 90 %

Désormais, la Russie effectue 90 % de ses opérations financières avec ses partenaires des BRICS en monnaies nationales. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a divulgué ce chiffre devant des journalistes indiens avant le sommet organisé à New Delhi.

Une telle partie concerne les échanges de la Russie avec les autres membres, dont l’Inde. Cependant, elle ne décrit pas la situation de tout le bloc. Il s’agit également d’un niveau déjà atteint, mais pas d’un objectif à insérer dans la future déclaration commune.

Quatre informations importantes permettent donc d’expliquer correctement ce seuil :

  • Les 90 % concernent uniquement les transactions de la Russie avec ses partenaires des BRICS ;
  • Le chiffre décrit une situation actuelle et non une cible future ;
  • Les paiements utilisent plusieurs monnaies nationales, sans devise commune ;
  • Aucun engagement collectif visant à abandonner le dollar n’a été annoncé.

Dmitri Peskov a indiqué :

L’utilisation des monnaies nationales n’est pas une politique de dédollarisation. Nous faisons simplement ce qui sert le mieux nos intérêts nationaux.

Le porte-parole du kremlin attribue cette progression aux pressions exercées par les pays occidentaux. Ainsi, les sanctions et les restrictions financières ont conduit Moscou à multiplier les règlements en roubles, en yuans, en roupies et dans les devises de ses autres partenaires.

Le Kremlin refuse de parler de dédollarisation

Pour la Fédération de Russie, le recours aux monnaies locales constitue d’abord une réponse à une nécessité pratique. Dès lors, Peskov a résumé cette posture en indiquant que Moscou utilise ses propres monnaies si certains pays l’empêchent d’utiliser les leurs.

Une augmentation des règlements bilatéraux diminue effectivement la dépendance immédiate au dollar. Pourtant, elle ne signifie pas que la devise américaine disparaît de toute la transaction. Le prix des marchandises peut encore être déterminé en dollars avant sa conversion dans une monnaie nationale.

Les sociétés doivent aussi gérer les fluctuations des taux de change, la liquidité limitée de certaines devises et les déséquilibres commerciaux. Un État qui accumule une monnaie difficile à réutiliser peut rencontrer des obstacles au moment de rapatrier ou de convertir ses recettes.

Il convient également de souligner que les BRICS ne disposent pas non plus d’une monnaie unique comparable à l’euro. Chaque membre de l’alliance conserve sa politique monétaire et ses priorités économiques. Le bloc explore surtout des systèmes de paiement susceptibles de relier les devises nationales et de diminuer le recours aux infrastructures financières occidentales.

Ainsi, les propos de Peskov marquent donc une avancée russe dans les échanges bilatéraux. Elle ne représente pas une preuve que les onze membres appliquent déjà la même politique ou veulent adopter un calendrier commun en matière de dédollarisation.

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Une déclaration commune reste incertaine à New Delhi

La Russie espère que le sommet des 12 et 13 septembre devra déboucher sur une déclaration commune. Ainsi, les discussions doivent couvrir la sécurité, la finance, l’économie et les nouvelles technologies. Moscou souhaite également consolider l’image des BRICS comme pilier d’un ordre mondial multipolaire.

L’adoption du texte exige néanmoins un consensus. Aussi, l’Iran et les Émirats arabes unis défendent des postures divergentes sur la crise au Moyen-Orient. Ces désaccords avaient déjà empêché les ministres des Affaires étrangères du groupe de diffuser un communiqué conjoint en mai.

L’existence de ces tensions a été reconnue par Peskov. Il propose l’aide de la Russie pour la facilitation d’une normalisation. De plus, il pense que les diplomates indiens peuvent trouver une formulation compatible avec les intérêts des deux pays.

L’alliance rassemble maintenant onze économies après l’arrivée de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Iran, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Indonésie. Cet élargissement consolide son poids, mais rend aussi les compromis plus difficiles.

La déclaration finale pourra permettre de mesurer le degré d’accord sur les monnaies locales des BRICS. En l’absence d’une cible chiffrée commune, le seuil de 90 % demeurera un résultat propre aux échanges de la Russie.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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