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BRICS : Seulement 35 % des échanges sont encore réglés en dollars

21h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Le billet vert perd de plus en plus du terrain au niveau de l’alliance des BRICS. En effet, l’utilisation des monnaies locales dans les divers échanges commerciaux s’intensifie désormais dans les États membres du bloc. La réduction de leur dépendance au dollar de même que les coûts relatifs aux paiements transfrontaliers sont les objectifs ainsi fixés. Cette révolution constitue alors une nouvelle phase dans la lutte pour la souveraineté monétaire, tandis que l’administration américaine essaye de sauvegarder la puissance internationale de sa devise. Les BRICS reconfigurent graduellement les rapports de force financiers mondiaux, entre dédollarisation, monnaies numériques souveraines, et riposte américaine.

L'Oncle Sam observe la montée en puissance des BRICS.

En bref

  • Seuls 35 % des échanges au sein des BRICS restent libellés en dollars américains.
  • Une part de 65 % désormais dominée par les règlements bilatéraux en devises nationales.
  • Une accélération portée par le pétro-yuan saoudien et l’usage diversifié de la roupie, du rouble et du dirham.
  • Des menaces de tarifs douaniers à 100 % formulées par Donald Trump pour freiner la dédollarisation.
  • Une automatisation future des paiements transfrontaliers discutée lors du sommet des BRICS.

Le bilan des flux commerciaux des BRICS : la percée historique des monnaies locales

Le calendrier de la dédollarisation entrepris résolument par l’alliance des BRICS depuis l’année 2022 vient de franchir un cap important en matière de paiements internationaux. Dans un rapport publié par Pradip Dhir, directeur de Pranan Consulting, les données révèlent que le bloc n’a employé le dollar que pour 35 % de la totalité de son commerce transfrontalier interne.

Parallèlement, le reste des échanges commerciaux ont été intégralement effectués en devises nationales, ce qui constitue un recul notable du dollar américain dans la balance des paiements des membres de l’alliance. Ce changement s’adosse à une multiplication des accords bilatéraux, à l’instar des flux commerciaux entre la Chine et la Russie, désormais réglés en yuans et en roubles. Aussi, le recours au yuan chinois s’est accéléré au niveau de l’Iran compte tenu des sanctions financières américaines.

Cette modification de modèle repose sur la création de circuits d’échanges sur mesure. Depuis l’année 2024, le gouvernement chinois réalise des systèmes contractuels spécialement appropriés à l’utilisation des monnaies locales dans le but de favoriser les transactions de ses partenaires.

À l’inverse, l’Arabie saoudite a passé une étape décisive au niveau économique en choisissant le yuan pour le règlement de contrats pétroliers. La multiplication de ces accords bilatéraux a contribué à porter l’usage des devises nationales à ce seuil de 65 %, ce qui ramène le dollar américain dans une posture minoritaire dans les échanges commerciaux dans l’alliance.

De nombreuses données statistiques et des accords bilatéraux démontrent réellement cette restructuration des flux :

  • Le règlement en dollars : il est réduit à seulement 35 % pour les transactions transfrontalières au sein du bloc ;
  • Les monnaies locales : une part de 65 % occupée par les devises nationales de l’alliance ;
  • La diversification indienne : l’Inde règle une partie de ses échanges au sein des BRICS en roupies, roubles et dirhams ;
  • Le pétro-yuan saoudien : l’Arabie saoudite valide l’usage du yuan pour le règlement de transactions pétrolières.

Les menaces tarifaires et la diplomatie de crise : la riposte de Washington

L’exposition délibérée de cette approche d’exclusion du dollar s’est néanmoins heurtée à une réponse ferme de l’administration Trump. À la suite du ciblage du billet vert sur la scène financière mondiale par les membres de l’alliance, le retour de Donald Trump à la tête des États-Unis a constitué un frein pour la trajectoire du bloc des BRICS.

Le président américain s’est empressé d’intimider par l’imposition de surtaxes punitives capable d’atteindre 100 % les pays membres qui continueraient d’exécuter leur agenda de dédollarisation. Compte tenu de la fermeté de ces avertissements, le bloc a provisoirement modéré les déclarations officielles sur ce sujet.

L’existence des échanges commerciaux déjà réalisés en devises nationales n’a pas été ébranlée par ce répit stratégique sur le plan politique. Il permet simplement de revoir les priorités à court terme des BRICS. Les compromis prudents remplacent désormais l’affrontement direct. Ainsi, chacun des pays membres apprécie l’effet des tarifs douaniers sur ses exportations personnelles vers les États-Unis.

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L’horizon des MNBC : vers une infrastructure monétaire numérisée

En dehors des conflits diplomatiques et de l’utilisation des monnaies fiduciaires classiques, la perpétuation de ces canaux d’échanges parallèles se concrétise désormais grâce aux innovations technologiques. C’est pourquoi les autorités indiennes ont indiqué leur volonté d’évoquer la question des règlements par le biais des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) au cours du sommet des BRICS prévu en septembre. La connexion de ces monnaies numériques souveraines pourrait octroyer une perspective d’automatisation des paiements transfrontaliers susceptibles d’éviter les systèmes bancaires correspondants conventionnels.

Sur le long terme, cette mutation vers des réseaux de paiement numériques stabiliserait le ratio des échanges hors dollar, en dépit des pressions politiques extérieures. Selon les observateurs de l’univers financier et des cryptos, cette refonte des infrastructures monétaires par les banques centrales contribuerait à la prospection de nouvelles alternatives technologiques pour la sécurisation de la souveraineté des paiements internationaux.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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