Canada : Trois militaires inculpés après l'enlèvement d'un entrepreneur crypto
Trois membres des Forces armées canadiennes figurent parmi sept hommes inculpés après l’enlèvement présumé du propriétaire d’une plateforme crypto à Toronto. Les suspects auraient tenté d’obtenir l’accès à ses actifs numériques et à des systèmes de sécurité professionnels, mais la police n’a confirmé aucun vol de cryptos.

En bref
- Sept hommes, dont trois militaires canadiens, sont inculpés après l’enlèvement d’un entrepreneur crypto à Toronto.
- Les suspects auraient agressé la victime pour tenter d’accéder à ses cryptos et aux systèmes de sécurité de son entreprise.
- Les trois militaires ont été écartés de leurs fonctions, mais restent membres des Forces armées canadiennes.
- Les perquisitions ont permis de saisir des armes, des drogues et plus de 2 700 cartouches, dont certaines auraient été volées à l’armée.
- Les sept accusés font face à 82 chefs d’accusation. Aucun vol de cryptos n’a été confirmé à ce stade.
Un entrepreneur crypto enlevé et agressé à Toronto
Tandis que les arrestations se multiplient en France, l’affaire remonte au 25 juillet 2026, dans le secteur de Finch Avenue East et Bayview Avenue, au nord de Toronto. Selon la police, la victime a été ciblée alors qu’elle s’approchait de son véhicule, puis enlevée sous la menace d’une arme.
Les principaux éléments communiqués par les enquêteurs sont les suivants :
- La victime serait le propriétaire d’une plateforme d’échange de cryptos ;
- Elle aurait été menottée et agressée après son enlèvement ;
- Les ravisseurs auraient tenté d’accéder à ses actifs crypto ;
- Ils auraient aussi cherché à compromettre des systèmes de sécurité liés à son entreprise crypto ;
- La victime a ensuite été libérée et menacée pour l’empêcher de contacter la police ;
- Sept hommes font désormais face à un total de 82 chefs d’accusation.
Les autorités n’ont révélé ni le nom de l’entrepreneur ni celui de sa plateforme. Une interdiction de publication protège son identité. Elles n’ont pas non plus précisé si les suspects sont parvenus à transférer des cryptos (bitcoins et autres) ou à accéder aux fonds de clients.
L’enquête a progressé rapidement. Dans les 24 heures qui ont suivi le rapt, les policiers ont identifié le véhicule qui aurait servi à l’opération et arrêté deux suspects. Cinq autres arrestations ont eu lieu en août et en septembre. Le septième homme a été interpellé le 24 septembre.
Les accusations varient selon les personnes. Elles comprennent notamment l’enlèvement contre rançon, la séquestration, le complot, plusieurs infractions relatives aux armes, la possession de biens d’origine criminelle et la possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic.
Trois réservistes canadiens parmi les sept accusés
Les trois militaires mis en cause sont Talarambage Sachintha Fernando, James Moreau et Jack Miley. Ils appartiennent au 7e Régiment de Toronto, une unité d’artillerie de réserve établie dans la ville.
Fernando et Moreau avaient été arrêtés le 11 août. Miley a été interpellé le 24 septembre. Ce dernier est notamment accusé d’avoir utilisé une arme de poing pendant l’enlèvement et de l’avoir pointée vers la victime.
Le ministère canadien de la Défense a retiré les trois hommes de leurs fonctions. Leur accès aux équipements, aux installations et aux bases militaires a également été restreint. Ils restent toutefois membres des Forces armées canadiennes dans l’attente du résultat d’un examen administratif.
La police s’inquiète particulièrement de la formation militaire des suspects. « Ce sont des personnes hautement entraînées qui ont accès aux armes à feu », a déclaré le surintendant principal Joe Matthews. Il estime que cette expérience peut accroître le risque pour les victimes crypto et pour les agents chargés des interventions.
Le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, a rappelé que les accusations devront être examinées par un tribunal. Il a affirmé :
Que vous soyez membre de l’armée, d’un service de police ou titulaire d’une fonction publique, personne n’est au-dessus des lois.
Les sept hommes restent présumés innocents tant que leur culpabilité n’a pas été établie.
Des armes, des munitions militaires et des drogues saisies
L’enquête initiale sur l’enlèvement s’est transformée en une opération plus vaste portant sur des armes, des stupéfiants et de possibles activités criminelles organisées. Les perquisitions menées dans des véhicules et des logements du Grand Toronto ont permis de saisir quatre armes à feu.
Parmi elles figuraient un fusil de chasse et trois armes de calibre 9 millimètres. Deux possédaient des carcasses fabriquées avec une imprimante 3D. Les policiers ont également découvert deux silencieux, dix chargeurs à capacité supérieure à la limite autorisée, des menottes, des traceurs GPS, des radios portatives et un compteur de billets.
Plus de 2700 cartouches ont été récupérées. Environ 2 500 d’entre elles, ainsi que cinq chargeurs, auraient été volées aux Forces armées canadiennes. L’enquête publique ne précise pas encore comment ces équipements se sont retrouvés entre les mains des suspects ni s’ils ont servi pendant l’enlèvement.
Les autorités ont aussi saisi de la méthamphétamine, de la cocaïne et d’autres substances contrôlées. « Ce qui avait commencé comme une enquête sur un enlèvement est devenu une enquête sur les armes à feu, une enquête sur les drogues, puis une affaire criminelle beaucoup plus vaste », résume Joe Matthews.
Cette affaire illustre la multiplication des attaques physiques contre les détenteurs de cryptomonnaies. Contrairement aux piratages informatiques, ces agressions cherchent à contourner la sécurité technique en contraignant directement le propriétaire à révéler ses identifiants ou à transférer ses fonds.
Les fortunes crypto ne sont plus du tout en sécurité. La police ne recherche actuellement aucun autre suspect, mais l’enquête reste ouverte. Elle doit encore déterminer le rôle précis de chaque accusé, l’origine de l’équipement saisi et l’existence éventuelle de liens avec d’autres affaires.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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