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Quand le FMI lève le voile sur la CBDC…

ven 28 Oct 2022 ▪ 8 min de lecture ▪ par Nicolas T.

Le FMI a levé le voile le 14 octobre sur les sombres desseins qui se trament derrière la CBDC (Central Bank Digital Currency).

IMF

Des institutions internationales très friandes de la CBDC

Étaient notamment présents le chinois Bo Li, un ponte du FMI, mais aussi Cecilia Skingsley, l’ancienne gouverneure de la « première banque centrale de l’Histoire », la Riksbank. La suédoise est désormais madame CBDC du côté de la banque des règlements internationaux.

Sa Majesté la Reine Máxima des Pays-bas s’est chargée d’introduire la conférence, rappelant que « la banque des règlements internationaux, le FMI et la Banque mondiale » étaient là pour aider les gouvernements et banques centrales à sauter le pas concernant la CBDC.

En effet, en tant qu’ambassadrice de l’ONU pour la finance « inclusive », la reine s’est félicitée que les CBDC puissent être un « outil favorisant l’inclusion » :

« Au cours de la dernière décennie, un quart de la population adulte mondiale a pu accéder aux services financiers. Aujourd’hui, 76 % des adultes dans le monde sont désormais financièrement inclus d’une manière ou d’une autre, offrant à des milliards de personnes de nouvelles possibilités pour […] investir dans un avenir plus prospère. »

Dit plus crûment, des milliards de personnes peuvent maintenant emprunter de l’argent et ainsi perpétuer le ponzi de la dette (monnaie fiat) dont la rencontre avec les limites physiques de la croissance nous promet l’inflation.

Une rapide recherche sur le site du secrétariat de cette tête couronnée (UNSGSA) révèle le soutien de diverses organisations sulfureuses. Au premier rang trône la fondation Bill & Melinda Gates.

Soit dit en passant, le fondateur de Microsoft a récemment débloqué 200 millions de dollars pour « créer des systèmes d’identité numérique et de paiement interopérables ».

Ce chèque ravira la Banque mondiale qui déclarait l’année dernière que « l’identité numérique est essentielle aux CBDC, surtout pour les transactions internationales ».

Cette charitable donation fut annoncée lors de la présentation du sixième rapport annuel sur les « objectifs de développement durable de l’ONU ». De nobles objectifs qui ressemblent à un cheval de Troie pour déployer un système de surveillance totalitaire global.

La Better than Cash Alliance fait aussi partie de l’UNSGSA. Il s’agit d’une énième organisation créée par Bill Gates. Comme son nom l’indique, cette alliance plaide pour la fin du cash. Un objectif partagé par Cecilia Skingsley qui avoue s’intéresser au CBDC en prévision « d’un futur dans lequel le cash n’est plus accepté ».

Même son de cloche chez la présidente du FMI Kristalina Georgieva qui conseille « de ne plus utiliser le cash », tout en se félicitant que la collecte de données via les CBDC « permettra d’accéder au crédit et ainsi favoriser l’inclusion financière ».

Des propos qui raviront le représentant du parti communiste chinois Bo Li…

Quand la Chine exporte le communisme

Il est difficile de vendre la CBDC comme un outil qui permettra de bancariser ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir un smartphone…

Pas pour Bo Li :

« [La CBDC] peut réduire considérablement les obstacles à l’utilisation de l’argent pour plusieurs groupes. Ceux qui n’ont pas de compte bancaire. Mais aussi pour ceux qui n’ont pas de smartphone, ni d’accès à internet. La raison étant que la CBDC peut être stockée dans une carte. »

À deux doigts d’inventer le billet de banque…

Le chinois s’est également félicité de la programmabilité de la CBDC :

« La CBDC peut permettre aux agences gouvernementales ainsi qu’au secteur privé de programmer la monnaie via des smart contrats permettant par exemple le paiement d’aides sociales comme des bons alimentaires. La programmabilité de la CBDC permet de cibler précisément qui peut l’utiliser et comment. Cet argent pourrait par exemple être seulement dépensé pour des denrées alimentaires. »

Et puis un beau jour, votre employeur choisira pour vous ce que vous pouvez acheter ou pas. La CBDC s’annonce déjà comme une monnaie d’ingénierie sociale par le rationnement.

Pour l’ancien membre de la banque centrale chinoise, les historiques d’achat sont des données « précieuses » :

« Je peux vous donner la Chine en exemple parce que j’en ai fait personnellement l’expérience. Les banques utilisent les données de transaction. Ces données peuvent concerner le nombre de cafés que je bois chaque jour et où est-ce que je l’achète. Elles révèlent aussi si j’utilise Uber chaque jour, quelles sont mes horaires de travail, etc. Ces données non traditionnelles permettent aux banques de me donner un « credit score ». Sur la base de cette note, la banque peut m’accorder un prêt sans avoir besoin de me rencontrer en face à face. »

Le voilà le totalitarisme. Une « intelligence artificielle » jugeant seule, en fonction de ses données, si telle ou telle personne est digne d’emprunter. Et puis tant pis pour ceux qui ne rentrent pas dans le moule ou qui auraient critiqué le parti communiste sur les réseaux sociaux…

Bo Li a également lâché sans s’attarder que la CBDC permettra d’affiner la politique monétaire de la banque centrale. À ce propos, voici un extrait d’un document écrit par la banque centrale indienne que nous rapportions la semaine passée :

« Les CBDC offrent la possibilité de programmer l’argent et de conditionner leur utilisation finale. Par exemple, nous pourrions nous assurer que l’argent issu d’un crédit agricole ne puisse être dépensé nulle part ailleurs que chez des marchands d’intrants [semences, pesticides, engrais]. […] La programmabilité pourrait aussi faciliter la transmission de la politique monétaire. Nous pourrions pousser à la consommation en ajoutant une date d’expiration après laquelle l’argent disparaîtrait. »

Évidemment, la question de l’identité numérique fut omniprésente pendant cette conférence.

Le joujou de Big Brother

Pour madame CBDC, « nous nous débarrassons peu à peu des billets et de l’argent physique pour entrer dans le monde numérique ». Cecilia Skingsley a par ailleurs prévenu que la CBDC requiert « avant tout une identité numérique ».

L’identité numérique est le Graal des milliardaires de la Tech et du World Economic Forum. Empreinte carbone individuelle, passeport vaccinal, CBDC, cybersécurité, métaverse, etc. Toutes les excuses sont bonnes pour nous vendre cet outil dystopique de surveillance de masse qu’est l’identité numérique.

Cette laisse cybernétique orwellienne vise à compiler toutes nos données. Et surtout les plus intimes. Y compris les sites web visités, les historiques d’achat, les dossiers médicaux, le solde bancaire, le cercle d’amis et bien plus encore. Les avancées de « l’intelligence artificielle » sont telles que le croisement de ces données permet d’anticiper le destin probable d’un individu…

Le risque étant que ce genre DE jugement prématuré se transforme en boucle de rétroaction positive. Certains verraient leurs opportunités s’amoindrir par anticipation… Pas très « inclusif ».

« Avant le système, un homme comme toi aurait pu avoir une chance.

Travaille dur, continue à te battre… Mais tu ne seras jamais plus qu’un ouvrier du bâtiment ou un petit délinquant. Parce que c’est tout ce qu’ils te laisseront être. »

Dolores, WestWorld, saison 3, ep 3.

Les puissants veulent choisir à qui tels produits, services et informations seront accessibles, ou pas. La CBDC est le plus grand risque totalitaire qui pèse actuellement sur l’humanité. Le bitcoin est indispensable pour calmer l’hubris de certains mégalomaniaques.

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Nicolas T.

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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