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Arcane balaye les attaques sur la consommation d'énergie du Bitcoin

ven 09 Sep 2022 ▪ 20h00 ▪ 9 min de lecture - par Nicolas Teterel

Arcane Research a publié un rapport montrant par A + B que le mining de bitcoin est un atout dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il subventionne la transition énergétique et réduit directement les émissions de méthane.

Les reproches de courte vue faits au bitcoin

Le mining de bitcoins essuie deux critiques récurrentes. Certains n’hésitent pas à lancer que le bitcoin ne servirait à rien… Ceux-là veulent ignorer que cette percée technologique offre une réserve de valeur à toute l’humanité (entre autres…).

Ce privilège dérange puisqu’il est habituellement réservé à ceux qui sont assez riches pour s’acheter des actifs immuns à l’inflation (immobilier de prestige, œuvres d’art, actions de multinationales).

D’autres fustigent toute consommation énergétique « superflue » au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. « La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas », disent certains, soutenant mordicus que le mining oblige in fine les énergéticiens à produire davantage d’énergie. Énergie carbonée qui plus est.

Arcane a démonté ces mythes dans un rapport de 60 pages. Les auteurs y concèdent que l’essentiel du mining de bitcoins ne fonctionne pas encore de la manière dont ils le décrivent. Mais il leur semble évident que « les mineurs de BTC s’orienteront de plus en plus dans cette direction par nécessité ».

Il est vrai que l’explosion du prix du bitcoin a rendu le mining super-profitable en 2020 ainsi qu’en 2021, et que de nouvelles machines ont été installées un peu n’importe où, sans trop se préoccuper du coût de l’électricité.

Néanmoins, « faire abstraction du coût de l’électricité n’est pas un mode de fonctionnement durable pour les mineurs ». La concurrence accrue et la hausse du prix de l’énergie réduira les marges et imposera de trouver l’énergie dont personne ne veut.

La preuve en est que de nombreux mineurs ont récemment été obligés de vendre leurs BTC pour tenir le coup (baisse du prix du BTC et hausse du prix de l’énergie carbonée).

Arcane avance que la façon la plus simple de réduire les coûts des mineurs (80 % d’électricité) est de coopérer avec l’industrie de l’énergie et/ou d’aller trouver l’énergie là où elle est littéralement gaspillée.

Typiquement, sur les barrages hydrauliques dont la production d’électricité n’est pas encore totalement absorbée faute de demande. Ou encore près des champs d’éoliennes et des centrales nucléaires.

Renforcer les réseaux électriques grâce au mining de bitcoins

L’offre et la demande dans un réseau d’électricité doivent toujours être équilibrées sous peine de provoquer un blackout. Le gaz et le charbon permettent de réagir très finement aux pics de demande non anticipés et ainsi éviter les gaspillages.

Mais la donne a changé avec la transition vers les énergies renouvelables. L’un des plus grands défis énergétiques actuels consiste « à gérer la perte de réactivité liée à la part croissante de l’éolien qui est une source d’énergie intermittente et non contrôlable. ».

Dans le scénario de développement durable de l’AIE, le pourcentage d’énergie éolienne et solaire dans la production mondiale d’électricité devrait passer de 11 % en 2020 à 42 % en 2040 ! Bonne ou mauvaise idée ? Là n’est pas question. C’est une aubaine pour le mining de bitcoin :

« La croissance de l’éolien et du solaire augmente le besoin d’une demande d’électricité flexible pour s’adapter à l’instabilité de l’offre. Cette demande d’électricité flexible est appelée « demand response » [réponse à la demande]. Le mining de bitcoins est l’industrie pour qui cela coûte le moins cher de réduire sa demande d’électricité lorsqu’il le faut (faible coût pour arrêter les opérations). Les mineurs achètent par ailleurs de l’électricité 24h/24h. Ils absorbent l’énergie renouvelable qui est produite en l’absence de demande, améliorant par la même les marges des énergéticiens. »

Dans le système ERCOT du Texas, les mineurs fournissent une réponse à la demande qui renforce un réseau électrique alimenté en majeure partie par de l’éolien, du solaire et du nucléaire. En effet, les centrales nucléaires ne cessent jamais de fonctionner et l’éolien fournit souvent de l’électricité quand il n’y en pas besoin.

Voici, pour le comprendre, l’allure de la consommation d’électricité au cours d’une semaine :

Allure de la consommation d'électricité sur unesemaine
Source : greensystemes.com / Les pics de demande d’électricité se produisent le matin et le soir. Lorsque les gens se lèvent, ils allument les lumières, le toaster, mettent le chauffage, prennent une douche, etc. De même lorsqu’ils rentrent du travail ou de l’école. Lumières, chauffage, gazinière électriques, TV, etc.

Certes, les surplus d’énergie renouvelable pourraient être stockés pour être réutilisés lors des pics de consommation. Mais en attendant que des solutions soient déployées (batterie, hydrogène, hydraulique, etc), les mineurs sont là pour acheter l’électricité perdue. C’est une subvention pour les énergéticiens dont les frais d’exploitation sont exacerbés par les pics de demande.

Développer les énergies renouvelables grâce au mining de bitcoin

Nous l’avons dit, la part croissante de l’éolien et du solaire entraînera davantage de gaspillage d’énergie en raison de la nature imprévisible de la production de cette énergie. D’où l’analyse implacable d’Arcane :

« L’agnosticisme géographique et l’interruptibilité du mining de bitcoins en fait le parfait acheteur d’énergie renouvelable. Les mineurs de bitcoins peuvent s’installer dans des zones ayant un excès d’énergie éolienne/solaire et installer un parc de machines parfaitement adapté aux excédents. Avoir des mineurs de bitcoins juste à côté de centrales éoliennes/solaires évite le gaspillage d’énergie et agit comme une subvention des ENR. »

Le mining de bitcoins doit faire partie intégrante de la transition énergétique. Le développement des ENR ne peut que s’accélérer si l’énergie excédentaire trouve preneur.

Atténuer le torchage du méthane grâce au mining de bitcoin

Il est une caractéristique assez peu connue de l’industrie pétrolière : le torchage (qui consiste à brûler du gaz aussitôt sorti de terre).

Cette apparente aberration tient au fait que le gaz naturel est un sous-produit de l’extraction de pétrole et qu’il n’est parfois pas économiquement viable de l’acheminer jusqu’à la civilisation.

Malheureusement, le processus de torchage libère de grandes quantités de méthane (un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO2). La raison étant que la combustion du méthane (CH4) en CO2 n’est pas complète lorsque le vent souffle trop sur les torchères.

Une solution pour éviter ces fuites méthane dans l’atmosphère est de le brûler dans un générateur électrique où la réaction de combustion est complète :

« Le mining de bitcoins est apparu comme la meilleure technologie pour réduire le torchage du gaz naturel. L’agnosticisme géographique, la modularité et la portabilité des machines de mining permettent de s’installer directement sur les puits de pétrole afin de consommer ce gaz naturel et neutraliser les fuites de méthanes. »

Arcane note une croissance massive du nombre de mineurs de BTC installés sur les champs de pétrole aux États-Unis ainsi qu’au Canada. Des projets sont aussi en cours dans d’autres régions comme la Russie et le Moyen-Orient.

Voici pour terminer le chiffre choc de ce rapport que nous vous invitons à twitter à la députée @AuroreLalucq…

« Le bitcoin est de loin le moyen le plus rentable de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour un investissement de 1 000 dollars [sur une torchère], le mining de bitcoins réduit les émissions de 6,32 tonnes d’équivalents CO2 par an, contre 1,3 tonne pour l’éolien et 0,98 tonne pour le solaire. »

Il est temps que certains mettent de l’eau dans leur vin et concèdent que le bitcoin fait partie de la solution pour tacler le réchauffement climatique.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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