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Crypto : Le risque quantique est réel, mais tous les wallets ne sont pas menacés

14h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Lydie M.
Informar-se Scam
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Le risque quantique existe bien dans la crypto. Mais il ne frappe pas tous les wallets de la même manière. C’est le point central du nouveau constat de Galaxy Digital : la vraie ligne de fracture ne passe pas entre Bitcoin et le reste, mais entre les fonds dont la clé publique est déjà exposée on-chain et ceux qui restent encore cachés derrière une adresse hachée.

Analyste face à trois wallets crypto, un attaqué, un protégé.

En bref

  • Le risque quantique dans la crypto n’est pas un mythe.
  • Tous les wallets ne sont pas exposés de la même façon.
  • La vraie bataille se joue dès maintenant sur la préparation technique.

Le vrai danger ne concerne pas tous les wallets crypto

Le cœur du problème est simple. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait, en théorie, retrouver une clé privée à partir d’une clé publique et signer une transaction crypto frauduleuse. Dit autrement, il pourrait voler des fonds sans connaître la seed phrase. Galaxy rappelle cependant que ce scénario ne concerne pas uniformément tous les wallets aujourd’hui.

Pourquoi ? Parce que beaucoup d’utilisateurs confondent adresse et clé publique. Sur bitcoin, une grande partie des fonds reste encore protégée tant que la clé publique n’a pas été révélée lors d’une dépense. C’est cette nuance qui change tout. Elle réduit l’exposition immédiate d’une partie du réseau.

En revanche, certains bitcoins sont déjà plus fragiles. Cela vise surtout les anciens formats d’adresses, les adresses réutilisées, ainsi que certains dépôts gérés par des exchanges ou des custodians qui ont privilégié la simplicité opérationnelle au détriment de l’hygiène cryptographique.

Bitcoin n’est pas hors de danger, mais il a un avantage structurel

C’est ici que le débat devient plus subtil. Bitcoin n’est pas “quantum proof”. Mais son modèle UTXO lui donne un petit coussin de sécurité que les blockchains fondées sur des comptes n’ont pas toujours. Sur Bitcoin, la clé publique n’est souvent visible qu’au moment où les fonds sont dépensés. Sur des réseaux comme Ethereum ou Solana, la clé publique est généralement exposée au niveau du compte.

Cette différence ne supprime pas le risque. Elle le décale. Dans un scénario extrême, un attaquant quantique pourrait viser les coins dont la clé publique est déjà visible depuis longtemps. Pour les autres, il lui faudrait agir très vite pendant la fenêtre de confirmation d’une transaction encore dans le mempool.

Galaxy cite d’ailleurs une estimation de Project Eleven selon laquelle environ 7 millions de BTC pourraient entrer dans une catégorie dite de “long exposure”, c’est-à-dire des coins dont la clé publique est déjà exposée on-chain. Ce chiffre impressionne. Mais il ne signifie pas qu’un pillage est possible aujourd’hui avec les capacités quantiques publiques connues.

Le marché crypto n’est pas immobile, les développeurs travaillent déjà

L’idée selon laquelle les développeurs Bitcoin ignoreraient le sujet ne tient plus vraiment. Galaxy affirme au contraire que le rythme des propositions s’est accéléré depuis fin 2025. Le sujet n’est plus marginal. Il est devenu un chantier concret, technique et de plus en plus visible.

La proposition BIP 360 en est l’exemple le plus cité. Elle introduit Pay-to-Merkle-Root, ou P2MR, un nouveau type de sortie pensé pour retirer le “key path spend” de Taproot, qui constitue justement une surface de vulnérabilité face à un futur attaquant quantique. L’idée n’est pas magique, mais elle montre que l’écosystème cherche déjà à réduire l’exposition avant même l’arrivée d’une vraie machine capable de casser ces signatures.

Ce mouvement dépasse d’ailleurs le seul Bitcoin. En août 2024, le NIST a finalisé ses trois premiers standards de cryptographie post-quantique, puis a continué à faire avancer la normalisation en 2025. En clair, la cybersécurité mondiale se prépare déjà à cette transition. La crypto ne vit donc pas dans une bulle à part.

Le plus grand défi ne sera peut-être pas technique

Le vrai casse-tête pourrait venir de la gouvernance. Bitcoin n’a ni PDG, ni conseil d’administration, ni bouton rouge capable d’imposer une mise à jour d’urgence. Même lorsqu’un consensus technique émerge, son adoption à l’échelle du réseau prend du temps. Et le temps est justement la variable la plus floue dans tout le dossier quantique.

Galaxy souligne que les estimations sur l’arrivée d’un ordinateur quantique réellement dangereux vont de quelques années à plusieurs décennies, sans consensus solide. Ce flou alimente deux erreurs opposées. La première consiste à nier le risque. La seconde consiste à annoncer l’apocalypse pour demain matin. Aucune des deux postures n’aide vraiment les investisseurs.

La bonne lecture est plus froide. Le risque quantique est réel, mais il ne justifie pas une panique aveugle sur tous les wallets crypto. Ce qu’il impose, en revanche, c’est une meilleure discipline technique : éviter la réutilisation d’adresses, comprendre où la clé publique est exposée, et suivre de près les futures solutions post-quantiques. Dans ce dossier, l’inaction est plus dangereuse que la lucidité.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.