Crypto : Les étudiants veulent apprendre, mais les écoles ne suivent pas
Les étudiants américains veulent davantage de crypto dans leurs cursus. Une enquête commandée par OKX montre que 90 % d’entre eux soutiennent l’enseignement des cryptomonnaies et de la blockchain à l’université. Les programmes suivent beaucoup moins vite : seulement 28 % environ des écoles de commerce américaines accréditées proposaient des cours sur la blockchain dans une étude distincte menée en 2025. Entre les deux, les réseaux sociaux prennent la place.

En bref
- 90 % des étudiants interrogés soutiennent l’enseignement de la crypto et de la blockchain.
- Seulement 28 % environ des écoles de commerce américaines accréditées proposent des cours blockchain.
- Un étudiant sur trois cite les réseaux sociaux ou les influenceurs comme première source d’information crypto.
La crypto intéresse déjà largement les étudiants
L’université américaine ne découvre pas complètement le sujet. Des établissements avaient déjà commencé à intégrer la blockchain dans leurs cursus il y a plusieurs années. La demande semble maintenant beaucoup plus large.
OKX a interrogé 500 étudiants et 500 parents aux États-Unis par l’intermédiaire de Pollfish. Parmi les étudiants, 90 % se disent favorables à l’enseignement de la crypto et de la blockchain à l’université. Les parents suivent presque au même niveau : 87 %. Une partie veut même aller plus loin. 27 % des étudiants pensent que ces cours devraient devenir obligatoires. Chez les parents, la proportion atteint 32 %.
Le sondage n’a pas recruté les participants parmi les clients d’OKX. L’exchange n’a toutefois pas communiqué la pondération de l’enquête, sa marge d’erreur ni la proportion de répondants possédant déjà des cryptos. Les chiffres donnent donc une tendance. Pas une photographie parfaite de tous les campus américains.
Les réseaux sociaux occupent le vide
Le problème arrive lorsque les étudiants cherchent réellement à apprendre. 33 % citent les réseaux sociaux ou les influenceurs comme leur principale source d’information sur la crypto.
Les écoles, enseignants et professeurs arrivent très loin derrière. Presque cinq fois moins d’étudiants les choisissent comme première source. Une autre étude publiée en 2025 avait passé en revue 533 universités américaines disposant d’une école de commerce accréditée. Environ 28 % seulement proposaient des cours consacrés à la blockchain.
La demande avance donc plus vite que les programmes. Les formations spécialisées se développent en parallèle. En France aussi, les cursus blockchain cherchent désormais à répondre à une demande croissante de compétences Web3.
Aux États-Unis, beaucoup d’étudiants passent encore par YouTube, X, TikTok ou des créateurs spécialisés avant de rencontrer le sujet dans un amphithéâtre. C’est pratique. La qualité varie énormément. Un tutoriel sur le fonctionnement de Bitcoin peut se retrouver à côté d’une promotion de memecoin ou d’une stratégie de trading présentée comme presque infaillible.
Les parents interrogés utilisent d’ailleurs d’autres sources. Pour 21 % d’entre eux, les plateformes et applications crypto constituent le premier endroit où chercher de l’information. L’école reste loin derrière dans les deux groupes.
Les universités ont encore du retard à rattraper
La crypto ne manque plus vraiment de sujets pouvant entrer dans un cursus. Bitcoin, stablecoins, tokenisation, smart contracts, finance décentralisée, cybersécurité et réglementation peuvent déjà remplir plusieurs modules.
Les métiers suivent aussi. Développeurs blockchain, analystes, spécialistes conformité, consultants Web3 ou experts en sécurité apparaissent désormais dans les recrutements du secteur. Cointribune revenait récemment sur le rôle de l’éducation dans l’adoption du Web3 et les programmes destinés aux jeunes.
Les universités ne partent donc pas de zéro. Elles partent simplement avec du retard. La difficulté vient aussi de la vitesse du secteur. Un cours construit autour du marché crypto de 2022 peut déjà paraître ancien en 2026. Les règles changent, les outils évoluent et certains modèles économiques disparaissent en quelques mois.
Les réseaux sociaux n’attendent pas la prochaine rentrée universitaire. Les étudiants non plus. Pour l’instant, 90 % disent vouloir apprendre. Seulement 28 % environ des écoles de commerce étudiées disposent déjà d’un cours blockchain. Entre les deux, les influenceurs ont trouvé leur place.
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Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.
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