Crypto : Les stablecoins s'installent dans les paiements quotidiens par carte
Fini le portemonnaie crypto qu’on garde pour spéculer. Les stablecoins s’invitent désormais dans le quotidien : USDC et USDT pèsent 84% des dépenses par carte crypto, quand l’EURe s’effondre à 2%. Un basculement express qui dérange.

En bref
- Les Stablecoins captent désormais 84% des dépenses par carte crypto, contre seulement 2% pour l’EURe, qui dominait à 88% il y a deux ans.
- Le volume mensuel a bondi à 759 millions de dollars en juillet 2026 (x2,5 en un an), porté par un nombre d’utilisateurs et de transactions en forte hausse.
- Face aux milliers de milliards traités chaque mois par Visa et Mastercard, la carte crypto ne pèse presque rien, et ses chiffres reposent en partie sur des données auto-déclarées par RedotPay.
Les stablecoins passent de 15% à 84% des paiements par carte crypto en 2 ans
Il y a deux ans encore, les cartes de paiement crypto vivaient sous perfusion euro. EURe, le stablecoin adossé à la monnaie européenne et routé majoritairement sur la blockchain Gnosis, trustait 88% des volumes début 2024. Aujourd’hui, ce chiffre a fondu à 2% ! À sa place, l’USDC (58%) et l’USDT (26%) se partagent désormais 84% des dépenses.
Le mouvement ne se limite pas à un simple transfert de parts de marché. En effet, le volume mensuel global a bondi à 759 millions de dollars en juillet 2026, contre 306 millions un an plus tôt, soit une multiplication par 2,5. Le nombre de transactions suit la même courbe. Près de 9 millions d’achats en juillet, contre 5,2 millions un an auparavant, pour un panier moyen stable autour de 86 dollars.

Ce n’est donc pas une bulle spéculative qui gonfle artificiellement les chiffres, mais une adoption qui s’élargit. Les rails de règlement bougent aussi :
- Optimism concentre 29% des volumes ;
- Solana et Base environ 19% chacun ;
- Gnosis, autrefois moteur d’EURe, ne pèse plus que 2%. La carte crypto ressemble de moins en moins à un gadget de niche.
USDT, le stablecoin qui profite le plus de la ruée vers le dollar numérique
Si l’USDC reste en tête avec 58% des dépenses, c’est la progression de l’USDT qui interpelle. Le stablecoin de Tether est passé de 7% à 26% des volumes en seulement un an, la croissance la plus spectaculaire du secteur. Un chiffre à mettre en regard d’un paradoxe persistant. Tether communique toujours sur ses réserves avec moins de transparence que Circle, l’émetteur de l’USDC, régulièrement audité et davantage aligné sur les cadres réglementaires occidentaux. Cette progression de l’USDT colle pourtant à une réalité géographique bien identifiée.
RedotPay, le plus gros programme de carte crypto en volume, cible en priorité des utilisateurs de marchés émergents où l’accès à un dollar stable vaut davantage qu’un statut réglementaire irréprochable. Problème, RedotPay auto-déclare ses chiffres et ne règle pas systématiquement on-chain de façon vérifiable, ce qui introduit une zone grise dans des statistiques déjà difficiles à croiser. Autrement dit, le stablecoin le moins « propre » sur le papier est aussi celui qui séduit le plus vite.
Derrière la croissance, une carte crypto encore marginale
759 millions de dollars par mois, ça impressionne sur le papier. Mais remis à l’échelle, le chiffre fond comme neige au soleil. Visa et Mastercard traitent à eux seuls plusieurs milliers de milliards de dollars chaque mois à travers le monde. La carte crypto, avec ses 759 millions, ne représente qu’une fraction infinitésimale de ce total… grosso modo l’équivalent du chiffre d’affaires mensuel d’une grande enseigne de distribution régionale, pas d’un système de paiement mondial. Ce constat n’enlève rien à la dynamique de croissance.
Partie de moins d’un million de dollars par mois en octobre 2023, la carte crypto a été multipliée par plus de 700 en un peu moins de trois ans. C’est une progression fulgurante en valeur relative. Mais elle part d’une base tellement marginale que même une croissance à trois chiffres ne suffit pas à la faire sortir de sa case « niche ». Le vrai enjeu n’est donc pas de savoir si les stablecoins ont détrôné l’euro… c’est acté. La vraie question est de savoir si cette infrastructure, encore fragile et partiellement opaque, peut un jour absorber un volume suffisant pour peser face aux géants du paiement.
Le dollar numérique a gagné la bataille des cartes crypto sans même livrer combat à l’euro. Une victoire qui repose en partie sur les stablecoins locaux, dont leur adoption sur les mêmes blockchains que l’USDT renforce le billet vert. La crypto s’affranchit-elle vraiment des monnaies traditionnelles, ou ne fait-elle que reproduire leur hiérarchie ?
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Le monde évolue et l'adaptation est la meilleure arme pour survivre dans cet univers ondoyant. Community manager crypto à la base, je m'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à la blockchain et ses dérivés. Dans l'optique de partager mon expérience et de faire connaître un domaine qui me passionne, rien de mieux que de rédiger des articles informatifs et décontractés à la fois.
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