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Crypto : L’Inde rejette les stablecoins au profit de sa CBDC !

16h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Tandis que les stablecoins ont gagné plus de 100 milliards de dollars en 2025 pour culminer à 307 milliards selon DefiLlama, l’Inde prend une direction opposée. La Banque centrale indienne (RBI) affirme que seule une monnaie numérique souveraine garantit la stabilité monétaire. Dans un paysage global où les CBDC peinent à s’imposer, New Delhi érige l’e‑roupie en rempart contre la privatisation de la monnaie.

Un officiel originaire de l’Inde présente un écran affichant la CBDC pendant que des logos de stablecoins se grisent.

En bref

  • Tandis que les stablecoins atteignent 307 milliards $ en 2025, l’Inde adopte une position radicalement opposée.
  • La Banque centrale indienne (RBI) rejette les stablecoins et défend sa propre monnaie numérique, la CBDC.
  • Selon la RBI, seules les CBDC garantissent la stabilité financière, la confiance dans la monnaie et la souveraineté monétaire.
  • L’institution alerte sur les risques systémiques que pourraient engendrer les stablecoins, surtout en période de stress économique.

La position officielle de la Banque centrale indienne

Dans son rapport de stabilité financière publié fin décembre 2025, la Reserve Bank of India (RBI) adopte une ligne claire : les CBDC (monnaies numériques de banque centrale) doivent être privilégiées aux stablecoins émis par des acteurs privés.

L’institution considère les CBDC comme le fondement du futur système monétaire national et international. Selon le rapport, la monnaie numérique souveraine est seule à même de garantir « la singularité de la monnaie et l’intégrité du système financier ». Elle doit rester « l’actif de règlement ultime » et servir « d’ancre pour la confiance dans la monnaie ».

Ces déclarations s’insèrent dans une vision de souveraineté monétaire forte, dans laquelle toute délégation de l’émission de monnaie à des entités non étatiques serait porteuse de déséquilibres.

La RBI émet également une mise en garde explicite contre les risques associés aux stablecoins, qu’elle perçoit comme une menace potentielle pour la stabilité financière, en particulier lors de périodes de tension sur les marchés. Elle souligne que les États doivent évaluer « soigneusement les risques qui y sont associés » et adapter leur politique monétaire en conséquence.

Voici les points clés mis en avant par la Banque centrale :

  • Les stablecoins pourraient introduire de nouveaux canaux de vulnérabilité, notamment en contournant les circuits monétaires classiques ;
  • Leur usage à grande échelle risque d’éroder la capacité des banques centrales à maintenir la stabilité financière, en fragmentant le rôle de la monnaie souveraine ;
  • Ils manquent de l’adossement institutionnel et de la crédibilité dont bénéficient les CBDC, émis directement par une autorité monétaire nationale ;
  • Leur croissance non encadrée pourrait perturber les mécanismes de transmission de la politique monétaire, en réduisant l’efficacité des outils traditionnels.

En résumé, la Banque centrale indienne ne se contente pas de favoriser les CBDC. Elle considère qu’une régulation stricte, voire une marginalisation des stablecoins privés, est indispensable pour protéger l’architecture monétaire actuelle.

Un marché des stablecoins en plein essor face à une adoption mondiale ralentie des CBDC

Au moment où la Banque centrale indienne durcit le ton, les stablecoins enregistrent une croissance fulgurante à l’échelle mondiale, portée notamment par leur adoption dans les transferts transfrontaliers.

Selon DefiLlama, leur capitalisation est passée de 205 à 307 milliards de dollars en 2025, preuve de leur utilité perçue dans le système financier. Les données on-chain indique que cette croissance repose en grande partie sur l’intérêt de nombreuses institutions financières américaines, européennes et asiatiques, attirées par la rapidité et le faible coût de ces actifs comparés aux infrastructures financières traditionnelles.

Pourtant, malgré l’enthousiasme des marchés pour ces instruments privés, seules trois CBDC sont actuellement actives dans le monde, celles du Nigeria, des Bahamas et de la Jamaïque, selon les données de l’Atlantic Council.

Quarante-neuf pays sont en phase pilote, vingt développent actuellement leur technologie et trente-six autres n’en sont qu’au stade de la recherche. Ce décalage entre l’élan du marché pour les stablecoins et le développement lent des CBDC souligne un paradoxe : la Banque centrale indienne milite pour une solution encore largement expérimentale, alors même que les usages réels penchent vers les solutions privées.

Le marché des stablecoins atteint un record de 310,11 milliards de dollars, mais l’Inde maintient sa ligne : priorité à la monnaie d’État. Ce choix stratégique reflète une volonté de contrôle monétaire strict face à une innovation encore jugée instable. Une posture qui pourrait redéfinir l’équilibre entre souveraineté financière et avenir numérique.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.