Crypto : L’Ukraine bloque l'accès à Polymarket
L’Ukraine vient de bloquer l’accès à Polymarket, une plateforme crypto de marchés prédictifs. Les autorités estiment que le service s’apparente à des paris en ligne non licenciés. Cette décision ne vise pas seulement un site. Elle rappelle surtout que dès qu’il y a une mise et un gain possible sur un événement incertain, la frontière avec le jeu d’argent devient très fine. Et la crypto n’offre pas d’immunité automatique.

En bref
- L’Ukraine a ordonné le blocage de Polymarket, en considérant que son activité ressemble à des paris en ligne sans licence
- e régulateur retient surtout le fait que des utilisateurs misent de l’argent sur des événements incertains pour espérer un gain
Un blocage net sur Polymarket, avec une logique de licence
L’Ukraine a ordonné aux fournisseurs d’accès de bloquer Polymarket alors qu’en Tennessee il a été ordonné l’arrêt des marchés prédictifs sportifs sur ladite plateforme crypto. L’Ukraine considère l’activité comme du jeu d’argent non autorisé. La décision s’appuie sur une résolution datée du 10 décembre 2025 et vise les sites qui organisent ou facilitent des paris sans licence reconnue.
Concrètement, le domaine polymarket.com a été ajouté à un registre public de ressources interdites. Cela ne ressemble pas à un simple avertissement. Cependant, c’est un geste administratif qui se traduit par des filtres DNS et des restrictions réseau chez les opérateurs.
Dans la pratique, l’application du blocage n’est pas parfaitement uniforme. En effet, certains internautes en Ukraine disent qu’ils n’ont accès à la plateforme crypto des marchés prédictifs. Par contre, d’autres y ont encore accès, selon l’opérateur ou l’outil utilisé. C’est classique dans ce type de décision. En effet, l’ordre est centralisé, mais l’exécution est fragmentée.
Marché prédictif ou pari déguisé : le cœur du malaise
Polymarket se présente comme un marché. On “achète” des parts sur un événement, et le prix reflète une probabilité implicite. La rhétorique est habile, parce qu’elle emprunte le vocabulaire de la finance et de la découverte de prix.
Mais le régulateur ukrainien retient que si l’utilisateur engage de l’argent sur une issue incertaine pour espérer un gain, la mécanique ressemble à du gambling. Et, dans beaucoup de pays, ce mot déclenche une chaîne de contraintes dont licence, contrôle, prévention, conformité.
Le contexte rend la décision encore plus sensible. Polymarket a hébergé des marchés liés à l’Ukraine, y compris autour de la guerre. Même sans entrer dans la morale, on comprend l’embarras politique : laisser prospérer des “paris” sur des sujets nationaux brûlants, sans cadre local, ressemble à une zone grise trop confortable.
L’Ukraine n’est pas seule à réagir. D’autres pays européens ont déjà traité Polymarket comme une offre de jeu non autorisée, avec des mesures de restriction. Et la logique se répète : l’innovation crypto n’annule pas le droit local sur les jeux et paris.
On voit aussi une convergence des préoccupations. Les autorités ne regardent pas seulement “le produit”. Elles regardent l’écosystème : protection des utilisateurs, publicité, lutte contre l’addiction, et dispositifs anti-blanchiment. Même quand la plateforme est “décentralisée” dans son discours, les points d’entrée restent très réels.
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Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.
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