Crypto : Vitalik Buterin revoit totalement la place des Layer 2 dans Ethereum
Vitalik Buterin tourne une page de l’histoire d’Ethereum. Dans un billet publié, le cofondateur du protocole remet en cause la vision stratégique des Layer 2, longtemps considérés comme la clé de la scalabilité du réseau. Pour lui, le modèle rollup-centré ne tient plus ses promesses. Alors qu’Ethereum poursuit sa transformation, Buterin appelle à repenser en profondeur le rôle des solutions de seconde couche. Cette prise de position pourrait bien redéfinir l’avenir de l’écosystème.

En bref
- Vitalik Buterin affirme que la vision rollup-centrée des Layer 2 « ne fonctionne plus » comme prévu.
- Aucun rollup actuel n’atteint le niveau de sécurité et d’interopérabilité initialement espéré (Stage 2).
- Ethereum progresse techniquement au point d’intégrer lui-même certaines fonctions déléguées aux L2.
- Buterin suggère des cas d’usage alternatifs pour les L2 : réseaux sociaux, confidentialité, faible latence.
Les limites du modèle rollup-centré
Dans son analyse publiée le 3 février, Vitalik Buterin exprime sa frustration face au décalage croissant entre la vision initiale des Layer 2 et leur implémentation actuelle, alors qu’il considère Ethereum comme le Linux de la blockchain.
« La vision selon laquelle les Layer 2 se comporteraient comme des shards d’Ethereum n’a pas vraiment fonctionné », affirme-t-il. Selon lui, la plupart des solutions de seconde couche déployées aujourd’hui échouent à satisfaire aux exigences de sécurité et de confiance nécessaires pour agir comme des extensions directes du Layer 1.
La référence aux « Stage 2 rollups », un standard élevé d’interopérabilité et de vérifiabilité, sert de baromètre dans cette critique. Or, aucun projet actuel ne l’aurait atteint selon ses critères.
Vitalik Buterin observe aussi que l’évolution technique d’Ethereum lui permet désormais d’assumer lui-même certaines fonctions jadis déléguées aux L2. Il cite plusieurs avancées majeures qui redessinent l’équilibre entre la couche principale et ses extensions :
- Les progrès de la couche 1 rendent possible l’intégration native de preuves cryptographiques, ce qui réduit l’intérêt de confier ces opérations à des rollups ;
- L’introduction des « native rollup precompiles » permettrait à Ethereum de vérifier efficacement des preuves sans supervision externe ;
- Le manque d’alignement entre les L2 existants et les standards de sécurité nuit à la vision originelle d’une architecture modulaire, où chaque L2 serait un prolongement fiable de la base Ethereum.
Dans ce contexte, les Layer 2 perdent peu à peu leur justification première en tant que simples canaux de décharge transactionnelle. L’écosystème semble s’éloigner du modèle « rollup-centré » qui dominait jusqu’à présent la pensée stratégique d’Ethereum.
Redéfinir l’utilité des Layer 2 : spécialisation plutôt que duplication
Plutôt que de voir les Layer 2 comme de simples extensions de la couche principale, Vitalik Buterin invite désormais à les concevoir comme des environnements autonomes à forte valeur ajoutée.
« Les L2 devraient viser à faire quelque chose de différent », précise-t-il, en suggérant des cas d’usage où ces solutions apporteraient une proposition unique, qu’il s’agisse de performance extrême, de confidentialité avancée ou de modèles économiques alternatifs. L’objectif est de sortir d’une logique de duplication d’Ethereum pour aller vers des expérimentations différenciantes.
Il évoque notamment des cas où les Layer 2 ne sont pas dédiés aux seuls transferts d’actifs : « un rollup social ou un rollup pour des cas d’usage qui ne sont pas des actifs financiers n’a pas besoin d’un stage 2 ». Cette nouvelle lecture déplace le curseur de la décentralisation vers la pertinence fonctionnelle. Dans cette perspective, les Layer 2 deviennent des laboratoires d’innovation, et non plus uniquement des solutions de congestion.
Tandis que Vitalik Buterin appelle à réinventer le rôle des Layer 2, l’écosystème Ethereum amorce une transition stratégique majeure. Cependant au-delà des choix d’architecture, un défi plus vaste se profile : la menace quantique plane sur Ethereum d’ici 2030, rappelant que l’urgence d’innover dépasse les débats techniques actuels.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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