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CZ attaque Bank of America après une amende colossale de 1,21 milliard $

14h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Changpeng Zhao a vivement réagi à la sanction de plus de 1,21 milliard de dollars infligée à Bank of America pour ses défaillances en matière de lutte contre le blanchiment. Le fondateur de Binance pointe surtout l’absence de poursuites pénales contre les dirigeants de la banque, alors qu’il avait lui-même passé quatre mois en prison pour une infraction liée au dispositif de conformité de sa plateforme.

La scène illustre l’attaque publique de Changpeng Zhao (CZ), fondateur de Binance, contre Bank of America après une amende de 1,21 milliard de dollars. Au premier plan, CZ, le visage déterminé, frappe symboliquement la façade de la banque américaine. Son poing représente ses critiques virulentes, et non une agression physique réelle. Le bâtiment fissuré évoque la pression réputationnelle subie par l’institution financière. Les billets dispersés et le montant colossal soulignent l’importance de la sanction. Le drapeau américain rappelle le contexte réglementaire. L’ensemble traduit une confrontation spectaculaire entre une figure majeure des cryptos et la finance traditionnelle américaine.

En bref

  • Bank of America écope d’une sanction de 1,21 milliard de dollars pour de graves manquements à ses obligations de lutte contre le blanchiment.
  • CZ dénonce l’absence de poursuites pénales contre les dirigeants de la banque, malgré l’ampleur des défaillances constatées.
  • Le fondateur de Binance rappelle sa propre condamnation, qui lui avait valu quatre mois de prison pour des manquements liés à la conformité.
  • Cette affaire relance le débat sur les différences de traitement entre les dirigeants des grandes banques et ceux de l’industrie crypto.

Une sanction historique contre Bank of America

Le département américain du Trésor a annoncé le 13 octobre une série de mesures contre Bank of America. Les autorités reprochent à la deuxième banque des États-Unis de ne pas avoir détecté, examiné et signalé à temps plus de 5 milliards de dollars de transactions suspectes.

L’affaire repose sur plusieurs manquements majeurs :

  • Plus de 1 milliard de dollars concernaient des risques prioritaires pour la sécurité nationale ;
  • Certaines transactions présentaient des liens possibles avec des réseaux chinois de blanchiment ;
  • D’autres flux étaient associés à la frontière sud-ouest des États-Unis, à la fraude ou au trafic de stupéfiants ;
  • La banque n’aurait pas surveillé correctement des milliers de milliards de dollars de transactions ;
  • Les problèmes ont persisté malgré une ordonnance de cessation et d’abstention prononcée en décembre 2024.

Le Financial Crimes Enforcement Network, ou FinCEN, a fixé une pénalité de 1,2 milliard de dollars. L’Office of the Comptroller of the Currency a parallèlement prononcé une amende record de 750 millions de dollars.

Ces deux montants ne doivent cependant pas être additionnés. La pénalité de l’OCC sera déduite de celle imposée par le FinCEN. Un accord distinct de 11,6 millions de dollars a également été conclu pour 475 violations apparentes de sanctions américaines concernant notamment la Russie, l’Iran, le terrorisme et le trafic de drogue.

CZ ironise sur l’absence de poursuites pénales

Changpeng Zhao a commenté l’affaire sur X en insistant sur le traitement réservé aux responsables de Bank of America. Il a écrit :

Personne n’est allé en prison. Pas d’assignation à résidence. Pas d’accord de poursuite différée. Personne n’a même été inculpé. De l’eau sous les ponts. En avant ! 

Cette déclaration fait directement écho à son propre parcours judiciaire. En novembre 2023, Binance avait plaidé coupable aux États-Unis pour plusieurs infractions, notamment à la législation contre le blanchiment et aux règles sur les sanctions économiques. La plateforme avait accepté de verser plus de 4,3 milliards de dollars.

CZ avait, de son côté, reconnu avoir omis de maintenir un programme efficace de lutte contre le blanchiment au sein de Binance. Il avait démissionné de son poste de directeur général, payé une amende personnelle et purgé une peine de quatre mois de prison.

Son message suggère donc l’existence d’un traitement différent entre les dirigeants de l’industrie crypto et ceux du secteur bancaire traditionnel. Il ne prouve toutefois pas, à lui seul, une inégalité juridique : les deux dossiers reposent sur des procédures, des personnes et des qualifications pénales distinctes.

Dans l’affaire Binance, le département de la Justice avait engagé une procédure pénale et obtenu les aveux personnels de Zhao. Les mesures contre Bank of America ont été annoncées par des régulateurs financiers dans le cadre d’accords administratifs. Aucune autorité n’a indiqué, à ce stade, qu’une enquête pénale visant un dirigeant de la banque était ouverte.

Des contrôles jugés « déficients et inefficaces »

Le Trésor américain estime que Bank of America a privilégié ses revenus au détriment de son dispositif de conformité. L’établissement se serait trop appuyé sur les demandes provenant des forces de l’ordre ou d’autres institutions financières, au lieu de détecter lui-même les opérations suspectes.

L’OCC décrit son programme de lutte contre le blanchiment comme « déficient et inefficace ». Selon le régulateur, la banque savait depuis plusieurs années que certaines alertes n’étaient pas correctement transmises aux enquêteurs internes, sans apporter de correction suffisante.

Bank of America a reconnu avoir volontairement enfreint certaines obligations du Bank Secrecy Act dans le cadre de l’accord avec le FinCEN. Elle devra maintenant confier à un tiers indépendant l’examen des transactions qui auraient échappé à ses systèmes, puis signaler les opérations suspectes découvertes.

La banque affirme avoir investi plusieurs milliards de dollars dans ses technologies de conformité et mobilisé des milliers de salariés contre la criminalité financière. « La conformité en matière de criminalité financière est une question sérieuse, et il nous appartient de bien faire les choses », a déclaré la banque.

Une comparaison qui relance le débat entre la crypto et les banques

L’intervention de CZ dépasse le seul cas de Bank of America. Elle nourrit un débat ancien dans l’industrie crypto : les autorités américaines appliquent-elles des sanctions plus sévères aux dirigeants des plateformes numériques qu’aux responsables des grandes banques ?

La pénalité bancaire reste pourtant considérable. Elle constitue la troisième plus importante jamais annoncée par le Trésor américain et la plus lourde de l’histoire de l’OCC. Elle réduira aussi le bénéfice trimestriel de Bank of America d’environ 1,2 milliard de dollars.

La différence soulignée par CZ concerne donc moins le montant financier que la responsabilité individuelle. Malgré des défaillances durables et plus de 5 milliards de dollars de transactions suspectes signalées tardivement, aucun dirigeant de Bank of America n’a été inculpé. C’est précisément cet écart entre sanction institutionnelle et conséquence personnelle que le fondateur de Binance cherche à placer au centre du débat.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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