Ethereum : Glamsterdam passe son premier grand test sur Sepolia
Ethereum vient d’activer Glamsterdam sur le testnet Sepolia. La mise à niveau crypto a été lancée ce 6 octobre à 13 h 53 UTC, à l’epoch 353 024. Plusieurs changements importants passent désormais à l’épreuve d’un réseau public : nouvelle organisation de la construction des blocs, préparation du traitement parallèle et révision de certains coûts en gas. Le mainnet devra encore attendre.

En bref
- Glamsterdam est désormais actif sur le testnet Sepolia.
- La mise à niveau teste notamment ePBS et les Block-Level Access Lists.
- Hoodi puis le mainnet constituent les prochaines étapes du déploiement.
Glamsterdam passe enfin sur Sepolia
Ethereum avait fixé le 6 octobre comme date du test public de Glamsterdam. L’activation a eu lieu au slot 11 296 768, soit à 13 h 53 min 36 s UTC. Sepolia représente une étape bien différente des réseaux privés utilisés pendant le développement.
Le testnet rassemble davantage d’opérateurs, de logiciels et de configurations différentes. Les équipes peuvent ainsi vérifier que les clients d’exécution et de consensus appliquent tous correctement les nouvelles règles.
Les opérateurs de nœuds devaient installer des versions compatibles avant le fork. Cela concerne notamment des logiciels comme Geth, Besu et Reth pour l’exécution, ainsi que Prysm, Teku ou Lodestar pour le consensus.
Les détenteurs d’ETH n’ont rien à faire. Les ethers de Sepolia sont uniquement des tokens de test et Glamsterdam n’est pas encore actif sur Ethereum mainnet.
Le passage à Sepolia n’était pourtant pas garanti quelques semaines auparavant.
Les devnets avaient rencontré plusieurs problèmes de finalité et un bug lié à la nouvelle tarification du gas. Ethereum avait encore dû corriger plusieurs problèmes avant d’exposer Glamsterdam à un réseau public. Cette phase est désormais derrière lui. Le travail change maintenant de terrain.
ePBS modifie la construction des blocs Ethereum
Glamsterdam contient une modification particulièrement importante : ePBS, pour enshrined proposer-builder separation. Ethereum utilise déjà une séparation entre le validateur qui propose un bloc et les acteurs spécialisés qui construisent son contenu.
Les builders cherchent notamment à organiser les transactions de manière efficace avant de proposer leurs blocs aux validateurs. Une partie de cette architecture dépend aujourd’hui de logiciels et d’infrastructures situés en dehors du protocole lui-même.
L’EIP-7732 veut intégrer cette organisation directement aux règles d’Ethereum. Le constructeur prépare le bloc. Le proposeur publie l’engagement correspondant. Le protocole organise ensuite la révélation du contenu, sa validation et le paiement.
Le changement peut sembler très technique, mais il touche directement la manière dont Ethereum produit ses blocs. L’un des objectifs consiste à donner davantage de temps aux validateurs pour vérifier l’exécution. Avec des blocs plus lourds, chaque milliseconde disponible devient plus importante.
ePBS doit aussi réduire la dépendance d’Ethereum envers certaines infrastructures externes utilisées aujourd’hui pour coordonner constructeurs et validateurs.
La construction des blocs devient ainsi davantage native au réseau. Ce chantier compte particulièrement dans la stratégie crypto d’Ethereum : le protocole veut augmenter fortement sa capacité sans demander aux validateurs de traiter simplement davantage de données dans le même laps de temps. Glamsterdam commence donc par réorganiser la mécanique avant d’augmenter la charge.
Les Block-Level Access Lists préparent le traitement parallèle
L’autre grande nouveauté concerne les Block-Level Access Lists, ou BAL. Lorsqu’un bloc Ethereum contient de nombreuses transactions, celles-ci interagissent avec des comptes, smart contracts et emplacements de stockage différents.
Aujourd’hui, les clients doivent découvrir une partie de ces accès pendant l’exécution. L’EIP-7928 ajoute une liste qui indique les éléments de l’état utilisés par un bloc et certaines modifications qui leur sont apportées.
Cette information ouvre la porte à davantage de travail en parallèle. Si deux opérations n’utilisent pas les mêmes données, les clients peuvent préparer ou traiter une partie de leur exécution simultanément plutôt que d’attendre systématiquement que chaque opération précédente soit terminée.
Ethereum ne devient pas instantanément une blockchain entièrement parallèle.
Les BAL fournissent surtout l’une des briques nécessaires pour aller dans cette direction. Elles peuvent également faciliter les lectures de données sur disque et certains calculs réalisés après l’exécution. Le gain recherché concerne directement le temps nécessaire pour traiter un bloc.
Plus Ethereum veut accepter de transactions, plus cette question devient importante. Augmenter simplement la taille des blocs sans accélérer leur traitement pourrait rendre les nœuds plus coûteux à exploiter et compliquer la validation.
C’est ici que Glamsterdam rejoint l’objectif plus large du réseau. Les développeurs considèrent désormais qu’une capacité de 200 millions de gas après Glamsterdam devient techniquement envisageable. Ethereum tourne aujourd’hui autour de 60 millions. Le changement d’échelle serait considérable.
Le coût du gas doit également évoluer
Davantage de capacité crée un autre problème : toutes les opérations Ethereum ne coûtent pas la même chose au réseau. Une transaction peut nécessiter du calcul pendant quelques instants sans laisser beaucoup de données derrière elle. Une autre peut créer de nouvelles informations que les nœuds devront conserver durablement.
Pourtant, la tarification historique du gas ne reflète pas toujours parfaitement cette différence. Glamsterdam doit corriger une partie de ce déséquilibre. L’EIP-8037 introduit notamment une manière plus précise de mesurer le coût associé à la création de nouvel état.
L’objectif est d’éviter que l’augmentation du débit fasse exploser la taille des données que chaque nœud doit conserver. L’EIP-8038 revoit également le coût de plusieurs opérations d’accès à l’état. Conséquence : certaines opérations pourront coûter davantage de gas après la mise à niveau.
C’est volontaire. Ethereum ne cherche pas uniquement à réduire les frais à chaque transaction. Il veut surtout que chaque opération paie un montant plus proche des ressources qu’elle consomme réellement. Certaines applications doivent donc vérifier leur code. Les outils qui utilisent des limites de gas codées en dur peuvent rencontrer des problèmes. Les estimateurs de frais, wallets et infrastructures de développement ont également été invités à tester les nouvelles règles avant le passage au mainnet.
Un simple transfert vers un compte existant ne sera pas nécessairement affecté de la même manière qu’une opération créant de nouvelles données permanentes. Le scaling passe donc aussi par les prix. Plus d’espace, mais pas gratuitement pour toutes les opérations.
Hoodi doit maintenant ouvrir la route vers le mainnet
Sepolia n’est pas la destination finale. Ethereum doit encore faire passer Glamsterdam sur Hoodi, son autre grand environnement de test utilisé notamment par les validateurs et les infrastructures de staking.
Aucune date définitive n’a encore été annoncée. Le mainnet n’en a pas davantage. Les développeurs veulent d’abord observer comment Sepolia réagit aux nouvelles règles : finalité, compatibilité entre clients, comportement d’ePBS, création des blocs, fonctionnement des BAL et nouvelles règles de gas.
Un problème important pourrait encore repousser le calendrier. L’enjeu est lourd. Ethereum sécurise des centaines de milliards de dollars d’actifs, de stablecoins, de protocoles DeFi et de produits tokenisés. Une erreur qui passe inaperçue sur un réseau de test peut devenir beaucoup plus coûteuse lorsqu’elle arrive sur le mainnet.
Les tests servent précisément à l’éviter. Après Glamsterdam, Ethereum travaille déjà sur Hegotá, la prochaine grande mise à niveau prévue pour 2027. Plusieurs propositions sont encore étudiées, notamment autour de la confidentialité et de la résistance à la censure.
Mais le chantier immédiat reste Glamsterdam. Sepolia est maintenant actif. Hoodi doit suivre. Ensuite seulement viendra le réseau principal. Si l’ensemble fonctionne correctement, Ethereum disposera d’une base technique beaucoup plus solide pour pousser son layer 1 au-delà des limites actuelles.
Les 200 millions de gas ne seront pas activés automatiquement avec Glamsterdam. Les validateurs devront relever progressivement leurs paramètres et le réseau devra montrer qu’il peut absorber la charge. C’est précisément ce que les prochains tests doivent permettre de mesurer. Glamsterdam n’accélère donc pas encore Ethereum pour tous ses utilisateurs. Mais le premier grand test public de cette nouvelle architecture est désormais lancé.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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