Euro numérique : Christine Lagarde confirme le calendrier des premiers tests
Christine Lagarde estime que l’économie de la zone euro résiste aux chocs mondiaux et confirme l’avancement du projet d’euro numérique. Son arrivée n’est toutefois pas imminente pour le public : la BCE prévoit un pilote interne au second semestre 2027 et ne pourrait procéder à une première émission qu’en 2029, sous réserve de l’adoption préalable du règlement européen.

En bref
- La BCE prévoit les premiers tests pour l’euro numérique au second semestre 2027, avant une possible émission en 2029.
- Le lancement dépend de l’adoption du règlement européen et de la validation finale de la BCE.
- L’euro numérique vise à réduire la dépendance de l’Europe aux solutions de paiement étrangères.
- Christine Lagarde souligne la résilience de la zone euro malgré les tensions commerciales, énergétiques et géopolitiques.
- La BCE anticipe une croissance progressive, mais reste vigilante face aux risques d’inflation et de cybersécurité.
Un pilote de l’euro numérique prévu au second semestre 2027
La présidente de la Banque centrale européenne a présenté le 17 octobre les prochaines étapes du projet lors des réunions annuelles du Fonds monétaire international. La priorité immédiate porte sur l’adoption du cadre juridique européen avant la fin de 2026.
Le calendrier officiel reste soumis à plusieurs conditions :
- Le Parlement européen et le Conseil doivent adopter le règlement sur l’euro numérique ;
- La BCE ne décidera d’une émission qu’après l’adoption de cette législation ;
- Un pilote interne de douze mois doit commencer au second semestre 2027 ;
- La version testée n’aura pas cours légal et ne constituera pas un véritable euro numérique ;
- Une première émission pourrait intervenir en 2029 si les étapes précédentes aboutissent.
La BCE a déjà lancé un appel à candidatures auprès des commerçants en ligne et mobiles de la zone euro. Les participants sélectionnés testeront une version bêta dans un environnement contrôlé, avec des banques centrales nationales et des prestataires de services de paiement.
Le projet doit reproduire des situations concrètes, comme un paiement en magasin, un achat en ligne ou un transfert entre particuliers. Les essais porteront sur la sécurité, la facilité d’utilisation, l’intégration aux systèmes des commerçants et la capacité de l’infrastructure à fonctionner à grande échelle.
Christine Lagarde a expliqué :
Pour préparer un lancement fluide et sécurisé, nous mènerons un pilote interne de douze mois au second semestre 2027.
Elle a ajouté que l’adoption du règlement avant la fin de 2026 était indispensable pour respecter ce calendrier.
La BCE veut réduire la dépendance aux acteurs étrangers
L’euro numérique serait une forme électronique de monnaie de banque centrale destinée aux paiements quotidiens. Il compléterait les billets et les pièces sans les remplacer. Les particuliers et les entreprises pourraient l’utiliser dans toute la zone euro par l’intermédiaire de banques ou d’autres prestataires autorisés.
Pour la BCE, le projet répond à un enjeu de souveraineté. Une grande partie des paiements électroniques européens repose actuellement sur des groupes internationaux de cartes bancaires, des plateformes technologiques étrangères ou des solutions privées dont l’accès dépend de décisions commerciales.
L’euro numérique doit fournir une infrastructure publique commune tout en maintenant la coexistence avec les moyens de paiement privés. Christine Lagarde estime qu’il favorisera l’innovation et la concurrence dans les paiements de détail et renforcera l’autonomie stratégique de l’Europe.
La BCE promet aussi un niveau de confidentialité supérieur à celui des solutions commerciales classiques. Elle affirme qu’elle ne chercherait pas à identifier les achats individuels. Pour les paiements hors ligne, les données seraient uniquement connues du payeur et du bénéficiaire, selon l’architecture actuellement envisagée.
Le projet ne doit pas être confondu avec Pontes, la solution utilisant une technologie de registre distribué lancée par l’Eurosystème le 21 septembre. Pontes concerne le règlement d’actifs tokenisés entre institutions financières. L’euro numérique vise, pour sa part, les paiements courants des particuliers et des commerçants.
Une économie résiliente, mais toujours exposée aux risques
Christine Lagarde a parallèlement décrit une économie de la zone euro plus solide que prévu malgré les tensions commerciales, le conflit au Moyen-Orient et le choc énergétique. La croissance s’est répartie entre plusieurs pays et secteurs au premier semestre 2026.
Les projections de septembre de la BCE anticipent une croissance de 0,9 % en 2026, puis de 1,4 % en 2027 et de 1,5 % en 2028. La reprise des revenus réels, la résistance du marché du travail et les dépenses consacrées aux infrastructures, à la défense et à l’intelligence artificielle devraient soutenir l’activité.
Les risques restent néanmoins orientés à la baisse pour la croissance et à la hausse pour l’inflation. Une prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait maintenir les prix de l’énergie à un niveau élevé. Les tensions commerciales et les politiques protectionnistes pèsent également sur les investissements.
La BCE juge les banques de la zone euro suffisamment capitalisées et liquides pour faire face à ces incertitudes. Elle s’inquiète toutefois des risques liés aux prestataires technologiques critiques, à la concentration des services numériques et aux nouvelles menaces cyber alimentées par l’intelligence artificielle.
L’euro numérique s’inscrit donc dans une stratégie financière plus large. Il doit moderniser les paiements européens, mais son lancement dépend encore d’une décision politique, d’un pilote concluant et d’un vote final du Conseil des gouverneurs de la BCE.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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