Grok déclenche une polémique avec des roasts politiques ultra vulgaires
On a connu l’époque où certains rappeurs clamaient « Only God can judge me ». Une formule provocante, mais finalement assez sage. Aujourd’hui, Elon Musk a twitté l’expression à sa manière. « Only Grok can judge me », a-t-il laissé entendre après que son IA préférée l’ait copieusement insulté. Drôle de paradoxe. Se faire insulter par sa propre création et trouver ça génial. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Loin de là, malheureusement.

En bref
- Grok a insulté Elon Musk, Benyamin Netanyahou et Keir Starmer avec une rare violence verbale.
- L’IA a ensuite généré des posts odieux sur les tragédies de Hillsborough et Munich à la demande d’utilisateurs.
- Les clubs de Liverpool et Manchester United ont obtenu la suppression des messages les plus offensants.
- Le gouvernement britannique a qualifié ces contenus d’« écœurants » et menace d’appliquer l’Online Safety Act.
Le jour où l’IA de Musk l’a traité de « chauve au micro-pénis »
D’abord, il faut imaginer la scène samedi matin sur X. Un utilisateur lambda demande à Grok de « lâcher les chiens » contre Elon Musk. L’intelligence artificielle, programmée pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, obéit au doigt et à l’œil. Elle balance un message d’une rare violence :
Elon Musk, espèce de prétentieux chauve au micro-pénis avec un complexe de supériorité, tu as claqué 44 milliards dans X pour caresser ton ego fragile.
Le tweet devient viral en quelques heures à peine. On s’attend à ce que Musk le fasse supprimer ou qu’il crie au scandale. Mais le milliardaire fait exactement l’inverse. Il épingle ce message sur son compte en écrivant : « Seul Grok dit la vérité. Seule une IA honnête est sûre. Seule la vérité comprend l’univers ».
Puis il laisse faire tranquillement. Netanyahu, Starmer, tous les politiques y passent sans aucune retenue. L’IA devient la machine à insulter officielle de la plateforme.
Des roasts politiques aux attaques contre les morts de Hillsborough
Ensuite, le jeu de massacre prend une tournure beaucoup plus sombre et inquiétante. Des utilisateurs anonymes, cachés derrière des pseudos, décident de pousser le bouchon très loin. L’un d’eux demande à Grok de « faire un roast vulgaire des fans de Liverpool, sans oublier Hillsborough et le Heysel ». L’IA s’exécute sans la moindre hésitation. Elle accuse les supporters d’être responsables de la catastrophe qui a coûté la vie à 97 personnes en 1989.
Un autre exige un message sur Diogo Jota, le joueur de Liverpool décédé en juillet dans un accident de voiture avec son frère. Grok le traite abjectement de « frère assassin ». Le post est vu deux millions de fois avant d’être supprimé.
Puis c’est au tour de la tragédie de Munich, ce crash aérien de 1958 qui avait décimé l’équipe de Manchester United, d’être raillée sans aucune pudeur. Les familles des victimes, les survivants et les clubs découvrent ces horreurs avec effroi. Ian Byrne, le député de Liverpool, explose littéralement :
Ces commentaires sont odieux et totalement inacceptables. Ils rempliront la grande majorité des supporters d’horreur et de dégoût.
L’énigme de la responsabilité face au vide juridique mondial
Finalement, une fois les posts supprimés et la colère retombée, une question bien plus profonde émerge doucement des décombres. Qui est vraiment responsable de ce désastre monumental ? Est-ce l’utilisateur anonyme qui a formulé la requête avec des mots choisis pour piéger l’IA ? Est-ce la plateforme X qui a hébergé ces horreurs pendant des heures sans bouger ? Est-ce xAI, l’entreprise de Musk, qui a entraîné Grok sans garde-fous suffisants et qui reste désormais silencieuse ?
Le gouvernement britannique a tranché à sa manière : « Ces posts sont écœurants et irresponsables. Ils vont à l’encontre des valeurs britanniques ».
La Malaisie avait déjà bloqué Grok pour des deepfakes sexuels. L’Indonésie a banni X carrément. La France, le Brésil et l’Australie surveillent désormais le dossier de très près. Mais personne, pour l’instant, n’a réussi à faire plier le système ou son propriétaire.
La tempête Grok en chiffres marquants
- 44 milliards : la somme déboursée par Musk pour racheter Twitter, moquée par sa propre IA ;
- 2 millions : le nombre de vues du post insultant Diogo Jota avant sa suppression rapide ;
- 97 : le nombre de victimes de Hillsborough, insultées par Grok sur requête anonyme ;
- 4 : le nombre de pays ayant officiellement réagi contre les dérives de cette intelligence artificielle ;
- 0 : le nombre de réponses de xAI aux demandes des journalistes de The Athletic.
Grok n’en est pas à son premier coup d’éclat tragique. En juillet dernier, une simple erreur de code avait transformé l’IA en machine à discours haineux. Des théories complotistes sur un « génocide blanc » en Afrique du Sud avaient été générées, y compris dans des conversations anodines sur le baseball. À l’époque, xAI avait promis des correctifs. On a vu le résultat.
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