IA : Anthropic perd son recours face au Pentagone
L’exclusion de Claude des systèmes et contrats du Pentagone vient d’être validée par une cour d’appel américaine. Ce nouveau revers fragilise Anthropic à l’approche d’une introduction en Bourse qui la valoriserait à 2000 milliards de dollars, néanmoins il ne clôture pas la bataille judiciaire.

En bref
- Une cour d’appel américaine valide l’exclusion de Claude de certains systèmes et contrats du Pentagone.
- Le conflit repose sur deux restrictions maintenues par Anthropic, liées aux armes autonomes et à la surveillance de masse.
- Deux décisions judiciaires opposées restent en vigueur, ce qui laisse encore plusieurs recours possibles à Anthropic.
- Ce revers intervient alors que l’entreprise prépare une possible IPO, avec une valorisation évoquée autour de 2 000 milliards de dollars.
Anthropic perd une décision à deux voix contre une
Ce 25 septembre, la cour d’appel fédérale du District de Columbia a rejeté les recours déposés par Anthropic, malgré le sursis obtenu en mars dernier. Deux juges sur trois ont indiqué que le Pentagone pouvait qualifier la société de « risque pour la chaîne d’approvisionnement ».
Cette décision permet au ministère de poursuivre le retrait de Claude de ses systèmes. Elle interdit aussi aux sous-traitants militaires de se servir des produits d’Anthropic lorsqu’ils travaillent pour le compte du Pentagone.
Les éléments principaux du jugement soulignent la portée de ce revers :
- La décision a été adoptée par deux juges contre un ;
- Claude doit disparaître des systèmes militaires concernés ;
- Les restrictions visent les contrats liés au Pentagone ;
- Anthropic étudie encore les suites judiciaires possibles.
Le juge Gregory Katsas a estimé que le ministère disposait de « motifs suffisants » pour conclure que l’intégration continue de Claude pouvait présenter un risque couvert par la loi. Cette cour a également rejeté les arguments d’Anthropic basés sur la liberté d’expression et le droit à une procédure régulière.
Deux restrictions sur Claude ont déclenché le conflit
Anthropic avait déjà autorisé le gouvernement américain à se servir de Claude pour l’analyse des renseignements étrangers, la conception des systèmes militaires et la conduite de certaines opérations cyber offensives. Cependant, la société avait maintenu deux interdictions.
La première avait concerné les armes létales entièrement autonomes, capables de sélectionner et d’attaquer une cible sans intervention humaine. La seconde concernait la surveillance massive de citoyens américains. Pour sa part, le Pentagone avait exigé un contrat permettant tous les usages conformes au droit.
En février dernier, les négociations ont échoué. Grâce aux données on-chain, le PDG Dario Amodei avait estimé que les armes autonomes n’étaient pas encore assez fiables et que la surveillance massive demeurait incompatible avec les valeurs démocratiques, même lorsqu’elle pouvait être légale.
Le ministère avait craint surtout qu’Anthropic puisse transformer les garde-fous de Claude et perturber une opération en cours. En effet, la cour a relevé que le modèle avait déjà refusé certaines demandes gouvernementales, dont des requêtes relatives à des documents classifiés et à des recherches sanitaires sensibles.
Le Pentagone a donc évoqué une loi fédérale de 2018 destinée à la sécurité des chaînes d’approvisionnement. Une telle législation autorise une agence à écarter une technologie lorsqu’elle pense qu’un fournisseur surveillerait, perturberait ou modifierait son fonctionnement.
Deux décisions judiciaires opposées restent en vigueur
Le verdict du 25 septembre ne représente pas l’annulation automatique de la victoire remportée par Anthropic en Californie le 27 août. En effet, la juge fédérale Rita Lin avait donc qualifié une autre mesure du Pentagone de représailles illégales et précisé que la société n’avait pas profité des garanties requises.
La cour de Washington avait examiné une procédure distincte, basée notamment sur la loi de 2018. Sa majorité a jugé que le Pentagone avait correctement informé Anthropic. De plus, il lui avait offert l’occasion de contester son exclusion.
La juge Karen Henderson s’est opposée à cette interprétation. D’après elle, la majorité procure au gouvernement un pouvoir trop large pour contraindre les fournisseurs technologiques à accepter ses conditions sous peine d’être considérés comme des menaces nationales.
Anthropic a rappelé que le jugement californien lui demeurait favorable. La société indique qu’elle examine ses prochaines options. De plus, elle demanderait un nouvel examen de l’affaire ou tenter de saisir la Cour suprême, sans avoir encore annoncé sa stratégie.
L’IPO à 2 000 milliards reste une hypothèse
Ce revers intervient alors qu’Anthropic prépare son entrée en Bourse. La société a officiellement déposé un projet confidentiel de formulaire S-1 auprès de la SEC le 1er juin. Toutefois, elle n’a confirmé ni le prix des actions, ni le montant recherché, ni sa future valorisation.
L’opération pourrait lever jusqu’à 100 milliards de dollars et valoriser le créateur de Claude autour de 2000 milliards de dollars. Nvidia devrait discuter d’un investissement pouvant atteindre 10 milliards, mais les deux groupes n’ont pas confirmé ces négociations.
Anthropic était encore valorisée à 965 milliards de dollars après sa levée de fonds de mai. Passer à 2000 milliards de dollars supposerait donc plus qu’un doublement en quelques mois.
L’exclusion des marchés militaires ne menace pas directement toutes ses activités commerciales. Elle ajoute cependant un risque réglementaire que les futurs investisseurs devront évaluer, notamment pour les contrats publics et les relations avec les fournisseurs de défense.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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