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IA : Les 4 déclarations clés du président de la Fed à Jackson Hole

13h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Kevin Warsh estime que l’intelligence artificielle devrait modifier durablement le potentiel de croissance des États-Unis. Au cours de sa première intervention à Jackson Hole comme président de la Réserve fédérale, il a désigné la période actuelle de « point de bascule dans l’histoire ». Il admet toutefois que la Fed ignore encore quand les plus-values de productivité vont apparaître, comment l’emploi progressera et quelles sociétés recueilleront la valeur créée. Ces questions n’influencent donc pas encore les décisions sur les taux.

Devant les montagnes spectaculaires de Jackson Hole, un président de banque centrale (Kevin Warsh) se tient derrière un pupitre institutionnel. Il lève une main avec une expression grave. Devant lui, quatre faisceaux lumineux jaillissent simultanément de quatre dossiers posés sur le pupitre. Les faisceaux atteignent un gigantesque cerveau artificiel constitué de circuits et de processeurs, occupant une grande partie du ciel.

En bref

  • Kevin Warsh voit dans l’IA un puissant moteur de croissance pour les États-Unis.
  • Les investissements liés à l’IA progressent rapidement dans les entreprises.
  • La Fed envisage l’IA comme un nouveau facteur de production.
  • Les effets sur la productivité et l’emploi restent difficiles à mesurer.
  • L’IA n’influence pas encore les décisions de la Fed sur les taux.

Quatre messages résument la position de Kevin Warsh

Le président de la Réserve fédérale a dédié une partie entière de son discours du 28 août à l’intelligence artificielle. Pour lui, les progrès techniques vont au-delà même des projections formulées par les défenseurs les plus optimistes de ce domaine quelques années auparavant.

Cette progression est déjà visible dans les investissements. Les dépenses des sociétés destinées aux équipements et aux actifs immatériels ont augmenté de près de 9 % en une année, leur rythme le plus élevé depuis 2021. Plus de la moitié de cette croissance viendrait des infrastructures relatives à l’IA.

Les quatre déclarations essentielles de Kevin Warsh reposent sur les éléments suivants :

  • Les progrès de l’IA soutiendraient un niveau de croissance économique beaucoup plus élevé ;
  • Les ventes annualisées de tokens des deux principaux laboratoires pourraient dépasser 100 milliards de dollars ;
  • La Fed considère désormais l’IA comme un possible nouveau facteur de production ;
  • Personne ne sait encore si la valeur profitera surtout aux laboratoires, aux fabricants de puces, aux fournisseurs d’énergie ou aux entreprises cloud.

L’expression « token » ne désigne pas ici une crypto. Il équivaut à une unité de texte traitée ou générée par un modèle d’IA. Les sociétés et les utilisateurs s’offrent ces unités lorsqu’ils recourent à un modèle par le biais d’une application ou d’une API.

Kevin Warsh accorde aux deux principaux laboratoires des ventes annualisées supérieures à 100 milliards de dollars, soit une augmentation de plus de 500 % en une année. Cette somme provient cependant de rapports qu’il cite et non de bilans détaillés publiés par la Fed.

L’IA pourrait modifier le potentiel de croissance

Le statut de « facteur de production » octroyé à l’IA représente la partie la plus importante de l’intervention. Dans le domaine économique, le capital et le travail définissent la quantité de biens et de services qu’un État peut produire. Si l’intelligence artificielle augmente leur efficacité, l’économie progresserait plus vite sans déclencher automatiquement une hausse de l’inflation.

Cette progression compliquerait également les décisions de la Fed. Une sous-évaluation des gains de productivité conduirait l’institution au maintien des taux trop élevés. Une surestimation pourrait risquer, au contraire, de stimuler excessivement la demande et d’aggraver les tensions sur les prix.

Kevin Warsh ne dit pas que cette mutation a déjà eu lieu. Il demande plutôt si l’IA va provoquer un accroissement important et durable de la productivité, et à quelle période ses impacts deviendront visibles dans les données on-chain.

Aussi, il s’interroge sur les conséquences pour les travailleurs. L’usage des modèles peut compléter certains métiers, cependant elle peut également remplacer une partie des tâches effectuées par les humains. La réponse va dépendre des domaines concernés, des aptitudes recherchées et du rythme d’adoption des outils.

Un groupe d’experts de la Réserve fédérale travaillé actuellement sur l’emploi et la productivité. Les conclusions de cette équipe pourront servir à préparer les décisions futures de politique monétaire. Warsh a néanmoins indiqué qu’elles n’avaient aucun effet sur les choix actuels de l’institution.

La répartition des bénéfices reste incertaine

L’accroissement des dépenses ne garantit pas que tous les acteurs économiques profiteront de l’IA. Une partie non négligeable des revenus peut se concentrer dans les mains des propriétaires d’actifs rares, comme les puces avancées, les centres de données, l’énergie et les modèles les plus performants.

Les sociétés qui emploient l’IA peuvent aussi avoir une partie de cette valeur grâce à une chute de leurs coûts ou à une augmentation de leur production. Les utilisateurs bénéficieraient pour leur part de services moins onéreux ou plus efficaces. Kevin Warsh ne privilégie encore aucune de ces hypothèses.

La Fed contrôlera principalement ce que son président nomme « la seconde dérivée » des investissements. L’enjeu ne consiste pas seulement à connaître si les dépenses augmentent, mais si leur vitesse de croissance accélère ou ralentit. Un essoufflement révélerait que les sociétés reconsidèrent leurs attentes de rentabilité.

Les propos sur l’IA décrivent une mutation potentielle de long terme, et non une transformation immédiate de politique monétaire. Ainsi, la Réserve fédérale admet désormais l’importance macroéconomique de l’IA. Elle ne dispose toutefois pas encore des statistiques nécessaires pour déterminer son impact réel sur la croissance, l’emploi ou les taux.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.