L'IA pourrait consolider la suprématie du dollar via les stablecoins
Alors que le débat fait rage sur la dédollarisation, l’intelligence artificielle pourrait bien changer la donne. C’est en tout cas ce que pensent les deux économistes de l’AMRO, ASEAN+3 Macroeconomic Research Office. Dans une analyse publiée le 24 juillet 2026, ils exposent une thèse inédite : l’IA ne menace en aucun cas la domination du dollar, elle la renforce. Le facteur clé ? L’usage massif des stablecoins adossés au dollar.

En bref
- L’IA pourrait renforcer la domination mondiale du dollar.
- Le compute crée une demande récurrente de liquidités américaines.
- Les agents IA pourraient privilégier les stablecoins en dollars.
- Ce scénario reste plausible, mais son adoption commerciale demeure incertaine.
Voici comment l’IA pourrait transformer les infrastructures financières mondiales, selon Chenxu Fu et Xianguo Huang
Au cœur de l’analyse IA des deux économistes de l’AMRO figure la « boucle compute-dollar » (energy-compute-dollar loop). Il s’agit d’un mécanisme économique qui repose sur un processus en quatre étapes.
- Premièrement, l’énergie électrique alimente les data centers.
- Deuxièmement, les data centers convertissent cette énergie en capacité de calcul facturable (compute).
- Troisièmement, ce compute devient une dépense opérationnelle récurrente pour les entreprises mondiales, facturée en dollars américains.
- Quatrièmement, les paiements automatisés générés par les agents IA sont réglés via des stablecoins adossés au dollar. Les réserves seront investies en bons du Trésor américain.
Si la puissance de calcul devient un intrant incontournable de l’économie, sa monnaie de facturation gagnera en influence. L’IA pourrait ainsi reproduire le mécanisme observé avec le pétrole. La facturation de celui-ci en dollars a longtemps soutenu la demande internationale de billets verts.
Comment les contrats d’infrastructure IA créent-ils une demande structurelle en dollars ?
L’IA n’est pas une industrie « immatérielle ». Elle consomme de l’électricité, de l’eau, des semi-conducteurs et de l’immobilier industriel. Et justement, ces ressources sont de plus en plus sécurisées par des contrats de long terme libellés en dollars.
Pour étayer ce raisonnement, Chenxu Fu et Xianguo Huang évoquent le cas d’Anthropic. Cette entreprise IA américaine vient de signer un contrat de location de data center de 20 ans avec TeraWulf. Plus qu’une simple location immobilière, il s’agit d’un pari supply-side sur la persistance de la demande en compute.
Décryptage : Anthropic s’engage à payer en dollars américains pendant deux décennies pour garantir son accès à l’énergie et au calcul.

Dans le même temps, OpenAI a également lancé Deployment Company (DeployCo). Cette filiale de conseil regroupe des ingénieurs au sein des entreprises clientes pour y déployer des systèmes d’IA. Une fois ces systèmes intégrés, le compute deviendra une dépense opérationnelle récurrente comparable à l’électricité ou aux télécommunications.
Ces contrats créent donc une demande structurelle en dollars dans la mesure où ils inscrivent le coût de l’IA dans le bilan des entreprises mondiales en monnaie américaine. Si une entreprise japonaise, indonésienne ou allemande veut utiliser l’IA pour sa logistique, sa comptabilité ou sa relation client, elle devra sourcer des dollars non pas occasionnellement, mais de manière récurrente et croissante.
Cela constitue le premier canal de renforcement de la domination du dollar selon Fu et Huang. Ils estiment en effet que la facturation en dollars du compute génèrera une demande permanente de liquidités dollar.
Le deuxième facteur clé de la thèse AMRO : le règlement des paiements
Lorsque les agents IA deviendront ubiquitaires dans la logistique, la gestion des stocks et la trésorerie des entreprises, ils auront besoin d’une monnaie programmable. Justement, les stablecoins adossés au dollar répondent à ce besoin. D’ailleurs, Circle et d’autres acteurs du secteur ont déjà construit des infrastructures permettant des transferts programmables 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le tout, sans intermédiaire bancaire traditionnel.
Pour sa part, OpenAI a signé un partenariat avec Visa pour construire précisément ces rails de paiement programmables. D’ailleurs, l’annonce d’Open USD témoigne que l’écosystème se positionne déjà pour cette transformation.
La question n’est donc plus de savoir si les stablecoins constituent la seule option, mais s’ils deviendront la première à fonctionner efficacement à travers les frontières à grande échelle. Si c’est le cas, le commerce agentique s’appuiera naturellement sur le dollar programmable.
Cette domination du dollar par l’IA est-elle vraiment inévitable ?
Pour de nombreux analystes, le scénario évoqué par les deux économistes d’AMRO reste plausible. Néanmoins, il n’est pas certain. Selon eux, les agents IA effectuent déjà des opérations expérimentales. Par contre, rien ne prouve encore qu’ils deviendront rapidement une catégorie majeure de payeurs dans l’économie réelle. Pour faire simple, une démonstration technique ne constitue en aucun cas une adoption commerciale.
Les stablecoins ne sont pas non plus exempts de faiblesses. On fait essentiellement allusion à :
- les risques de perte d’ancrage ;
- la concentration des émetteurs ;
- la dépendance aux blockchains ;
- la cybersécurité ;
- la conformité.
En effet, la rapidité d’un règlement automatisé peut devenir dangereuse si un agent IA compromis multiplie instantanément les paiements erronés.
Enfin, et pas des moindres, l’IA ne choisira pas spontanément le dollar. Elle utilisera les instruments les moins coûteux, les plus liquides et les plus faciles à intégrer. Les États-Unis disposent aujourd’hui de cet avantage grâce à la profondeur de leurs marchés et à la domination de l’USDT et de l’USDC.
Ainsi, l’économie de l’intelligence artificielle ne se contente plus de transformer les entreprises. Elle redessine aussi les fondements du système monétaire international. La prochaine bataille mondiale pourrait donc se jouer entre les portefeuilles des agents autonomes. Dossier à suivre…
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Je m'appelle Ariela et j'ai 31 ans. J'oeuvre dans le domaine de la rédaction web depuis maintenant 7 ans. Je n'ai découvert le trading et la cryptomonnaie que depuis quelques années. Mais c'est un univers qui m'intéresse beaucoup. Et les sujets traités au sein de la plateforme me permettent d'en apprendre davantage. Chanteuse à mes heures perdues, je cultive aussi une grande passion pour la musique et la lecture (et les animaux !)
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