Le Sénat devra trancher sur Kevin Warsh choisi par Trump pour diriger la Fed
Depuis son retour aux affaires, Donald Trump applique sa méthode partout où il passe. Dans les couloirs de la finance américaine, son « dégagisme » a fait des vagues sérieuses. Gary Gensler, l’homme qui crispait la crypto-sphère, a plié bagage le premier. D’autres personnalités peu favorables aux actifs numériques ont suivi le mouvement. Restait Jerome Powell, l’anti-baisse des taux, celui qui résistait encore et toujours. Aujourd’hui, Trump envoie son successeur au Sénat. Kevin Warsh, un pro-Bitcoin assumé, devra passer l’épreuve du feu législatif.

En bref
- La commission bancaire du Sénat doit examiner la nomination de Kevin Warsh avant tout vote en séance plénière.
- Le sénateur républicain Thom Tillis bloque le processus tant que l’enquête du DOJ sur Powell n’est pas résolue.
- Elizabeth Warren mène l’opposition démocrate en qualifiant Warsh de « pantin de Donald Trump à la Fed ».
- Chuck Schumer exige que Warsh jure solennellement de préserver l’indépendance totale de l’institution monétaire.
Le pari de Trump : Kevin Warsh, premier pro-Bitcoin à la tête de la Fed
D’abord, le geste de remplacement du numéro 1 de la Réserve fédérale est éminemment politique. Trump a officiellement transmis la nomination de Kevin Warsh au Sénat le 4 mars 2026. Quatre ans comme président de la Fed, quatorze ans comme gouverneur. L’objectif est clairement affiché : remplacer Jerome Powell le 15 mai, date butoir de son mandat.
Ensuite, le profil de Warsh sort résolument de l’ordinaire des banquiers centraux. Juriste de formation, il a siégé à la Fed de 2006 à 2011 sous Bush puis Obama. Il a traversé la crise des subprimes aux côtés de Ben Bernanke sans jamais perdre pied. Désormais chercheur à Stanford, il fréquente les cercles conservateurs sans faire de vagues médiatiques.
Mais ses déclarations sur le bitcoin attirent l’attention des investisseurs crypto du monde entier. En 2021, sur CNBC, il lançait une phrase devenue célèbre dans l’industrie : « Si vous avez moins de quarante ans, le bitcoin est votre nouvel or ».
En 2025, lors d’un entretien à la Hoover Institution, il enfonçait le clou avec une assurance tranquille et déterminée :
Le bitcoin ne me rend pas nerveux. Je le considère comme un actif important qui peut aider à informer les décideurs politiques quand ils font bien ou mal les choses.
Jamais un banquier central n’avait parlé ainsi de la reine des cryptomonnaies.
Le Sénat, champ de bataille entre républicains et démocrates
Pourtant, le chemin de Warsh vers la Fed ressemble à un parcours du combattant semé d’embûches. La commission bancaire du Sénat doit d’abord l’entendre longuement, puis voter sa confirmation devant l’assemblée. Mais les obstacles s’accumulent devant lui à une vitesse inquiétante.
Du côté démocrate, l’hostilité est frontale et sans concession aucune. Elizabeth Warren, la sénatrice la plus redoutée de Washington, l’a déjà qualifié de « pantin de Donald Trump à la Fed ».
Chuck Schumer, chef de la minorité, exige qu’il jure solennellement de préserver l’indépendance de l’institution monétaire. Plus surprenant encore, un républicain lui met des bâtons dans les roues. Thom Tillis, de Caroline du Nord, menace de bloquer toute nomination tant que l’enquête du DOJ sur Powell ne sera pas close. Cette enquête concerne des rénovations du bâtiment de la Fed, pour 2,5 milliards de dollars.
Sans le vote précieux de Tillis, la majorité républicaine ne pèse plus grand-chose. La réunion de la commission s’annonce particulièrement explosive.
Taux, inflation et géopolitique : le casse-tête qui attend le prochain patron de la Fed
Au-delà des querelles politiques, Warsh devra affronter une réalité économique complexe et mouvante. Il veut baisser les taux, comme Trump le réclame depuis des mois avec insistance. Son argument principal repose sur l’intelligence artificielle et ses promesses. Selon lui, les gains de productivité liés à l’IA permettront de réduire les coûts sans raviver l’inflation.
Mais les économistes de la Fed ne partagent pas cet optimisme débordant et risqué. Ils jugent l’IA trop lente à produire des effets concrets sur l’économie réelle. Par ailleurs, le conflit en Iran, vieux de cinq jours, fait flamber les prix du pétrole. Une véritable bombe pour l’inflation, déjà récalcitrante et surveillée de près.
Les marchés, eux, ne parient plus sur une baisse des taux avant juillet au plus tôt. Warsh devra aussi gérer l’héritage encombrant de Powell : 6 500 milliards de dollars d’actifs au bilan. C’est 4 000 milliards de plus qu’en 2011, quand il a quitté la Fed. Lui qui déteste le quantitative easing pourrait vendre des actifs.
Mais baisser les taux tout en vendant, c’est tirer à gauche et à droite simultanément. Personne n’a jamais testé cette combinaison hasardeuse dans l’histoire monétaire.
Chiffres clés de la nomination qui change la donne
- 15 mai 2026 : date butoir pour la fin du mandat de Jerome Powell à la tête de la Fed ;
- 6 500 milliards : actifs détenus par la Fed, soit 4 000 milliards de plus qu’en 2011 ;
- 72 425 dollars : cours actuel du BTC, attentiste face aux incertitudes politiques ;
- 2,5 milliards : montant des rénovations du bâtiment de la Fed au cœur de l’enquête du DOJ.
Pour optimiser la situation actuelle, les promesses politiques de Trump ne suffisent plus. Un ancien conseiller du président estime qu’il faut désormais passer aux actes concrets sur l’économie. La nomination de Warsh n’est qu’une première étape, certes importante et symbolique. Mais sans résultats tangibles, l’enthousiasme des marchés risque de retomber comme un soufflé.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.