la crypto pour tous
Rejoindre
A
A

La Chine dévoile un ordinateur quantique qui défie les limites du calcul classique : Le Bitcoin doit-il craindre Jiuzhang 4.0 ?

10h15 ▪ 4 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
S'informer Cybersécurité
Résumer cet article avec :

Le calcul quantique vient peut-être d’entrer dans une nouvelle ère. La Chine affirme avoir développé une machine capable d’exécuter en 25 microsecondes des opérations qu’aucun supercalculateur classique ne pourrait reproduire avant un temps défiant l’entendement. Derrière Jiuzhang 4.0, présenté par l’University of Science and Technology of China (USTC), se dessine déjà un enjeu explosif pour l’industrie crypto : la sécurité future du bitcoin face à l’accélération des technologies quantiques. Cette avancée relance aussi la bataille stratégique entre Pékin et Washington dans la course mondiale à la puissance informatique.

Dans un laboratoire quantique futuriste en Chine, des scientifiques observent une machine colossale. Le superordinateur quantique irradie une énergie orange qui atteint une structure Bitcoin holographique.

En bref

  • La Chine a présenté Jiuzhang 4.0, un ordinateur quantique photonique capable de manipuler 3 050 photons et d’exécuter des calculs jugés impossibles pour les supercalculateurs classiques.
  • Les chercheurs chinois affirment que la machine peut générer certains échantillons de données en seulement 25 microsecondes grâce à plusieurs avancées techniques majeures.
  • Cette percée relance les débats autour de la sécurité cryptographique du bitcoin face aux progrès rapides de l’informatique quantique.
  • L’annonce de Jiuzhang 4.0 illustre aussi la montée de la rivalité technologique entre la Chine et les États-Unis dans la course mondiale au calcul quantique.

Jiuzhang 4.0 pulvérise les limites du calcul classique

L’USTC a officiellement dévoilé Jiuzhang 4.0, une nouvelle version de son ordinateur quantique photonique capable de manipuler 3 050 photons, contre 255 pour Jiuzhang 3.0 présenté en 2023.

Le professeur Lu Chaoyang affirme que « l’échantillon de données le plus complexe généré par Jiuzhang 4.0 ne nécessite que 25 microsecondes, soit moins de temps qu’un simple clignement d’œil ». Selon lui, « un supercalculateur classique mettrait plus de 10 puissance 42 années à produire le même résultat ».

Les chercheurs chinois mettent en avant plusieurs avancées techniques majeures :

  • La manipulation de 3 050 photons contre 255 pour la génération précédente ;
  • L’efficacité de source portée à 92 % ;
  • L’efficacité globale atteignant 51 % ;
  • Une optimisation de l’interféromètre photonique ;
  • Une avancée majeure dans le domaine du Boson sampling.

Cette architecture photonique diffère des approches supraconductrices utilisées par IBM ou Google. Les chercheurs de l’USTC estiment aussi que Jiuzhang 4.0 pourrait ouvrir la voie à des « trillion-qubit-mode three-dimensional cluster states », une perspective présentée comme une étape clé dans le développement futur du calcul quantique.

Le bitcoin confronté à une pression quantique grandissante

L’annonce chinoise ravive immédiatement les inquiétudes autour de la sécurité cryptographique du bitcoin. Plusieurs acteurs de l’écosystème suivent désormais avec attention les progrès des machines quantiques capables, à terme, d’attaquer les systèmes de chiffrement elliptique utilisés pour sécuriser les portefeuilles BTC. Les discussions autour du projet BIP-360, destiné à renforcer la résistance quantique du protocole Bitcoin, reviennent ainsi au premier plan alors que les avancées matérielles s’accélèrent.

Un système IBM est parvenu à casser une clé ECC de 15 bits, une démonstration certes limitée, mais suffisante pour alimenter les débats sur la vulnérabilité future des infrastructures blockchain. Pour une partie des développeurs Bitcoin, la menace reste encore éloignée compte tenu des contraintes techniques actuelles. D’autres considèrent au contraire que l’écosystème doit préparer dès maintenant une migration progressive vers des standards cryptographiques post-quantiques avant que les capacités des machines ne deviennent réellement exploitables à grande échelle.

Cette nouvelle démonstration chinoise dépasse donc le simple cadre scientifique. Elle illustre la montée d’une compétition technologique où la puissance de calcul devient un enjeu de souveraineté, de cybersécurité et de domination industrielle. Pour le bitcoin et l’ensemble du secteur crypto, la question n’est plus seulement de savoir si l’informatique quantique progressera, mais à quelle vitesse les infrastructures actuelles devront évoluer pour rester sécurisées face à cette nouvelle génération de machines. Mais, certains experts pensent qu’il est déjà trop tard pour migrer le bitcoin.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.



Rejoindre le programme
A
A
Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.