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La tendance haussière du bitcoin : Un mirage ?

mer 06 Déc 2023 ▪ 7 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Depuis janvier 2023, le bitcoin (BTC) a connu plusieurs percées qui ont vu sa valorisation exploser. L’actif a à plusieurs reprises atteint le cap des 30 000 dollars. Un niveau de résistance qu’il a vigoureusement brisé pour atteindre le cap des 40 000 dollars, soit le double de son prix en début d’année. L’actif s’échange aujourd’hui autour de 43 655 $ après avoir pris 4,52 % au cours des dernières 24 heures. Le bitcoin (BTC) est donc d’un dynamisme qu’on n’avait plus vu depuis plusieurs mois. Pourtant, dans ce contexte, certains financiers estiment que toute cette hype autour de la crypto phare est biaisée. Voyons dans les lignes qui suivent de quoi il s’agit. 

Une pièce de bitcoin et une flèche ascendante

Le bitcoin (BTC), une crypto populaire inadaptée au public ?

De retour dans le top 10 des actifs les plus importants de l’écosystème financier global, le bitcoin (BTC) a le vent en poupe. La situation est telle que certains analystes ne voient plus la crypto phare redescendre de ce piédestal. Et on peut accepter cette perspective en faveur de laquelle plusieurs arguments plaident.

Toutefois certains experts ne perçoivent pas la chose de la même manière. C’est le cas d’Ulrich Bindseil et Jürgen Schaaf, deux banquiers centraux européens. Dans un récent billet de blog publié sur le site web de la Banque centrale européenne (BCE), les deux spécialistes ont longuement critiqué le BTC.

L’actif serait en fin de parcours. Une raison qui tient, selon eux, à ses faiblesses structurelles. La position défendue par les banquiers, c’est que d’un point de vue opérationnel, le BTC révèle des signes qui le rendent inadapté à une utilisation significative réelle. Le BTC est, expliquent-ils, trop lourd, trop lent et trop cher en frais de gaz, pour une utilisation grand public.

Des problèmes intrinsèques qui l’empêchent de remplir efficacement son rôle d’alternative monétaire numérique décentralisée opposée aux systèmes monétaires traditionnels. Ce que les banquiers disent au fond, c’est qu’au-delà de l’attrait qu’il exerce, le bitcoin n’a pas réussi à s’imposer comme moyen d’effectuer des transactions légales. Mais ce n’est pas là leurs seuls griefs contre la crypto phare.

Le bitcoin, un investissement dépourvu de fiabilité ?

Nous disions précédemment qu’à la base, le bitcoin (BTC) avait pour vocation d’offrir une alternative au système financier et monétaire classique. Il semble, selon les arguments d’Ulrich Bindseil et de Jürgen Schaaf, que la crypto phare se soit, quelque peu, éloignée de cet objectif initial.

En effet, courant les années 2010, le BTC, qui était au départ un investissement plutôt viable, est apparu comme un actif spéculatif. C’est-à-dire que c’est essentiellement la ferveur spéculative qui déterminait la valorisation du bitcoin sur le marché crypto. Cela pouvait se comprendre parce que le BTC était, comparé à d’autres classes d’actifs, dépourvues de flux financiers, de dividendes, de potentiel de productivité ou d’avantages sociaux intrinsèques.

Sauf que le problème avec la spéculation, c’est qu’il faut des afflux en capitaux pour qu’il prospère. Ce qui permet d’expliquer les périodes de hausse substantielle de prix que connaît le bitcoin (BTC) depuis qu’il existe. L’actif réalisant des augmentations périodiques liées à des vagues de nouveaux investisseurs. L’actuelle envolée du bitcoin serait-elle donc liée à cet état de fait ?  

Le bitcoin, un marché manipulé ?

C’est probablement le point d’orgue des critiques des experts au marché du bitcoin (BTC). Ce dernier serait selon eux manipulé. Ils évoquent notamment le rôle qu’ont pu jouer les exchanges et les émetteurs de stablecoins à cet effet lors des premières hausses réalisées par l’actif. Ulrich Bindseil et Jürgen Schaaf soutiennent, de plus, autre chose. Le fait que les principaux investisseurs du bitcoin exercent une influence significative sur la perpétuation de l’enthousiasme autour de la crypto phare. Selon eux, plusieurs entreprises ont activement promu le bitcoin à leurs propres frais, fin 2020.

Pendant ce temps, nombre de sociétés de capital-risque ont maintenu des investissements substantiels dédiés à la crypto phare. Ceci, alors que le bear market battait son plein. En juillet, les investissements en capital-risque dans l’écosystème de la crypto et de la blockchain totalisaient 17,9 milliards de dollars. Signe d’un intérêt persistant malgré les fluctuations du marché.

L’autre chose qui persiste dans cet écosystème et renforçant davantage le scepticisme autour de la hausse du bitcoin (BTC), c’est la question de l’innovation. Notamment, la conviction que cette dernière doit être le déterminant de la réglementation crypto. Cette conviction est particulièrement évidente en ce qui concerne des actifs comme le bitcoin, qui s’appuie sur la technologie des registres distribués et la blockchain. Pour les deux experts de la BCE, il faut remettre en question la foi inébranlable dans l’innovation débridée. Car, malgré le potentiel transformationnel attribué à ces technologies, leur valeur sociétale réelle reste limitée, ce qui jette un doute sur les retombées à venir de ces dernières.

Face aux lacunes perçues du bitcoin en tant que système de paiement et d’investissement, les experts estiment que légitimer le bitcoin (BTC) à travers la régulation semble délicat. En effet, les investissements en BTC génèrent certes des profits à court terme. Mais leurs conséquences à long terme telles que des tensions avec les utilisateurs et des atteintes à la réputation du secteur crypto ne peuvent être ignorées, car potentiellement considérables. Par conséquent, plutôt qu’une approbation précipitée, la prudence est recommandée. Une posture jugée nécessaire pour se protéger contre les pièges potentiels liés à l’incertitude entourant la trajectoire du cours du bitcoin.

Conclusion

Les critiques des banquiers européens Ulrich Bindseil et Jürgen Schaaf soulignent les préoccupations fondamentales entourant la montée en puissance du bitcoin (BTC). Elles remettent en question son adaptabilité en tant que moyen de transaction grand public du fait de ses faiblesses intrinsèques. De plus, la transformation du BTC en un actif spéculatif suscite des inquiétudes quant à sa fiabilité en tant qu’investissement. Des préoccupations, renforcées par des allégations de manipulation du marché et d’influence des grands investisseurs. Dans l’ensemble, la communauté financière est appelée à adopter une approche prudente face aux incertitudes entourant la trajectoire future du bitcoin. Qu’à cela ne tienne, l’actif a encore franchi un nouveau palier atteignant la valorisation de 44 080 dollars.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.