Le Pakistan autorise enfin les banques à servir les acteurs crypto
Le Pakistan autorise désormais ses banques à ouvrir des comptes aux entreprises crypto agréées. C’est un virage net après huit ans de blocage. La State Bank of Pakistan ne légalise pas un Far West numérique. Elle ouvre plutôt une porte étroite, surveillée, mais décisive.

En bref
- Le Pakistan rouvre l’accès bancaire aux entreprises crypto agréées.
- Les banques restent interdites de spéculer avec leurs fonds.
- Le pays choisit une régulation stricte plutôt qu’une interdiction totale.
Un changement bancaire majeur pour la crypto
La décision marque la fin d’une interdiction imposée en 2018. À l’époque, les banques pakistanaises devaient rester à distance de la crypto. Le message était simple : pas de comptes, pas de services, pas d’exposition directe.
Avec la circulaire du 14 avril, le ton change nettement. Les établissements régulés sont désormais autorisés à servir les prestataires d’actifs virtuels dûment licenciés par la Pakistan Virtual Assets Regulatory Authority. Cette dernière s’impose ainsi comme le filtre central du secteur, dans le sillage de la mise en place de la réserve de Bitcoin.
Le Pakistan ne dit pas aux banques de spéculer sur la crypto. Il leur demande d’encadrer les flux. La nuance est importante. Le pays passe d’une logique d’interdiction à une logique de contrôle.
Une ouverture, mais sous haute surveillance
Les banques ne pourront pas investir, trader ou conserver des actifs virtuels avec leurs propres fonds. Elles ne pourront pas non plus utiliser les dépôts des clients pour s’exposer à la crypto. Leur rôle reste bancaire, pas spéculatif.
Le nouveau cadre impose des comptes séparés en roupies pakistanaises. Ces comptes serviront aux règlements autorisés des entreprises crypto agréées. La séparation entre fonds clients et fonds des plateformes devient une règle centrale.
Ce détail change beaucoup de choses. Il permet d’éviter les mélanges dangereux vus dans plusieurs faillites crypto. Le Pakistan semble avoir retenu une leçon simple : l’innovation doit respirer, mais les dépôts des clients ne doivent pas devenir du carburant de casino.
Le Pakistan veut attirer sans perdre le contrôle
Ce mouvement ne tombe pas seul. En mars 2026, le pays a adopté le Virtual Assets Act. Ce texte a donné une base légale à la régulation des actifs numériques. La circulaire bancaire vient maintenant rendre cette loi exploitable.
Islamabad a aussi multiplié les signaux vers les grands acteurs du secteur. Des discussions avec Binance et HTX avaient déjà montré une volonté d’attirer des plateformes régulées. Le Pakistan veut visiblement sortir de l’ombre.
La stratégie est pragmatique. Le pays ne ferme plus la porte à la crypto. Mais il ne l’ouvre pas entièrement non plus. Il cherche une troisième voie : capter l’activité, imposer des licences, surveiller les risques. Pour les pays émergents, l’accès bancaire reste souvent le vrai mur. Sans compte bancaire, une entreprise crypto peut exister techniquement, mais elle reste fragile. Elle dépend de circuits opaques, coûteux ou instables.
Le Pakistan tente donc de normaliser une activité qui existait déjà. C’est souvent plus efficace que l’interdiction pure. Quand la demande est forte, le blocage déplace seulement les usages vers des zones moins visibles. La suite dépendra de l’exécution.
Si les licences sont clairement définies et les mécanismes de contrôle crédibles, le Pakistan pourrait s’imposer comme un marché crypto plus sérieux en Asie du Sud. En revanche, si la bureaucratie étouffe les acteurs locaux, cette ouverture risque de demeurer largement symbolique. Découvrez par ailleurs la stratégie de Michael Saylor pour accumuler des bitcoins.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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