Les États-Unis prennent le contrôle du Venezuela pétrolier après la chute de Maduro
Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que la relance de l’industrie pétrolière du Venezuela constituerait un axe central de l’intervention de Washington à la suite de la destitution du président Nicolas Maduro. Il a présenté cette initiative à la fois comme une manœuvre géopolitique et un levier économique. S’exprimant depuis Mar-a-Lago, Trump a indiqué que les compagnies énergétiques américaines devraient jouer un rôle de premier plan dans la remise en état des infrastructures pétrolières du pays, tandis que les États-Unis superviseraient une transition temporaire du pouvoir.

En bref
- Trump affirme que les compagnies pétrolières américaines répareront les infrastructures énergétiques endommagées du Venezuela durant une période de transition dirigée par les États-Unis.
- Washington prévoit de maintenir l’embargo pétrolier tout en supervisant la production, les exportations et les flux de revenus pendant l’intérim.
- Chevron poursuit ses exportations, alors que l’incertitude politique soulève des inquiétudes concernant les contrats, les paiements et la stabilité de l’approvisionnement.
- Les analystes anticipent un impact limité sur le marché, en raison de la surabondance mondiale et des niveaux élevés de production aux États-Unis et au sein de l’OPEP+.
La politique américaine s’oriente vers un plan de relance du Venezuela centré sur le pétrole
Ces déclarations font suite à une opération militaire nocturne au cours de laquelle les forces américaines ont arrêté Maduro et son épouse, Cilia Flores. Tous deux font face à des accusations de trafic de drogue à New York. Trump a précisé que les États-Unis administreraient le Venezuela « avec un groupe » jusqu’à ce que les conditions permettent un transfert formel de l’autorité, même si les modalités précises de gouvernance et de supervision demeurent floues.
Selon Trump, l’investissement pétrolier pourrait offrir aux entreprises américaines un moyen de compenser les pertes accumulées au cours des années de sanctions et de sous-investissement. Les grandes compagnies énergétiques seraient appelées à financer la réparation des puits, des pipelines et des terminaux d’exportation, avec un remboursement indexé sur la production future plutôt que sur un financement public direct.
Nous allons faire couler le pétrole comme il se doit. Nous vendrons de grandes quantités de pétrole à d’autres pays, dont beaucoup l’utilisent déjà, mais je dirais que beaucoup d’autres viendront.
Donald Trump
Les premiers signaux politiques indiquent que Washington entend maintenir un contrôle étroit sur le secteur pétrolier vénézuélien pendant la période intérimaire :
- Les majors pétrolières américaines seraient positionnées pour diriger les réparations des infrastructures et le développement des champs.
- L’embargo pétrolier existant resterait en vigueur malgré le changement de leadership.
- Les entreprises énergétiques avanceraient les coûts de reconstruction, avec un remboursement via la production.
- Les États-Unis superviseraient la production et les exportations durant la transition.
- Les expéditions de brut reprendraient à destination des acheteurs mondiaux une fois les volumes rétablis.
L’incertitude sur le contrôle des revenus pétroliers accroît les risques pour les acheteurs
Le Venezuela détient les plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde, estimées à 303 milliards de barils, soit environ 17 % de l’offre mondiale, selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie. Toutefois, la production s’est effondrée au cours des deux dernières décennies. Elle avait culminé à près de 3,5 millions de barils par jour à la fin des années 1990, avant de tomber à environ 800 000 barils par jour, selon les données de Kpler.
Chevron demeure le seul grand producteur américain encore actif dans le pays. L’entreprise a exporté environ 140 000 barils par jour au quatrième trimestre 2025, toujours selon Kpler. Chevron affirme continuer à se conformer à l’ensemble des lois applicables, tout en plaçant la sécurité de son personnel et la protection de ses actifs au premier plan.
La Chine et la Russie conservent par ailleurs des participations dans le secteur énergétique vénézuélien, ce qui soulève des interrogations quant à l’exécution des contrats et au contrôle des actifs. Des entreprises liées à la Russie ont obtenu en novembre dernier une prolongation de 15 ans sur certaines coentreprises, peu avant la destitution de Maduro. Les analystes estiment que ces accords pourraient être réexaminés à mesure que l’autorité politique à Caracas évolue.
Pour les marchés, le risque immédiat réside dans l’incertitude entourant le contrôle des revenus d’exportation et des flux de règlement. Les acheteurs pourraient différer leurs paiements ou exiger des garanties supplémentaires, en particulier tant que les sanctions restent en vigueur. Certains analystes estiment toutefois que la poursuite des exportations de Chevron pourrait contribuer à limiter les perturbations de l’offre à court terme.
Les analystes anticipent un impact limité à court terme sur les risques d’approvisionnement
Parmi les principaux risques de marché à surveiller figurent :
- Les conditions de sécurité autour des champs pétrolifères, des pipelines et des ports.
- D’éventuelles interruptions d’exportation de la part d’opérateurs non américains.
- Un excédent mondial de pétrole qui atténue la sensibilité des prix.
- La poursuite des hausses de production de l’OPEP+, accentuant la pression sur les cours.
- Des niveaux de production record aux États-Unis, capables de compenser les chocs d’offre.
Les marchés pétroliers ont abordé l’année 2026 sous pression. Le Brent a reculé d’environ 19 % en 2025, tandis que le brut américain a chuté de près de 20 %, enregistrant sa plus forte baisse annuelle en cinq ans. L’augmentation de la production de l’OPEP+ et la progression continue du pétrole de schiste américain ont pesé sur les prix, limitant l’impact des tensions géopolitiques.
Les analystes estiment que tout risque d’approvisionnement à court terme lié au Venezuela pourrait être absorbé par la capacité excédentaire mondiale. À plus long terme, en revanche, une reprise de la production pourrait redessiner les flux commerciaux si le contrôle politique se stabilise et si la politique de sanctions évolue. Le rythme de l’implication américaine, ainsi que les réactions de la Chine et de la Russie, devraient jouer un rôle déterminant dans la place future du Venezuela sur les marchés mondiaux de l’énergie et des matières premières.
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James Godstime is a crypto journalist and market analyst with over three years of experience in crypto, Web3, and finance. He simplifies complex and technical ideas to engage readers. Outside of work, he enjoys football and tennis, which he follows passionately.
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