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L'onde de choc FTX se propage aux acteurs français

ven 18 Nov 2022 ▪ 20h00 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

Après BlockFI, c’est au tour du Français CoinHouse de faire les frais de la faillite de FTX. Même le Journal du Coin/Trading a perdu les fonds de ses clients dans cette affaire qui fera date.

Coinhouse

Another block in the ponziwall

BlockFi est au bord de l’abîme. La société cite une « exposition significative » aux faillites du fonds Alameda et de l’exchange FTX.

La firme est prise à la gorge suite à l’évaporation d’un prêt de 250 millions de dollars promis par FTX. Ces liquidités devaient permettre de tenir le coup suite à l’effondrement de Three Arrows Capital, chez qui BlockFi s’en été allé chercher du rendement…

[Trouvez ici notre article expliquant la raison d’être des plateformes comme BlockFi, Celsius ou Nexo, qui prêtent de la monnaie fiat en échange de collatéral en shitcoins.]

Malheureusement pour BlockFi, cette ligne de crédit était sous forme de FTT (le token de FTX) qui ne valent plus rien. À ce propos, les dernières révélations sur le scandale FTX sont à peine croyables.

FTX était géré depuis une piscine des Bahamas ! Il n’y avait pas de service comptable, ni de liste précise des comptes bancaires du groupe. L’exchange un temps valorisé 32 milliards de dollars n’est même pas en mesure de fournir une liste de ses 50 principaux créanciers…

Pire encore, la vraie valeur du bag de shitcoins détenus par FTX ne dépasse pas 700 000 dollars, contre 5.5 milliards de dollars précédemment annoncés. Le nouveau CEO de FTX John Ray a déclaré n’avoir « jamais rien vu de tel dans sa carrière ».

L’ampleur du scandale est telle que les ondes de choc se font ressentir jusqu’en France…

Journal d’un trader ruiné

Le Journal du Trading est une branche distincte du Journal du Coin. Le JDT se présente comme un « service de gestion de cryptoactifs qui vous permet de profiter de nos performances en toute simplicité, de façon entièrement sécurisée et automatisée. »

Ces « performances » n’étaient malheureusement pas si sécurisées puisque le JDT a fait l’erreur de déposer les fonds de ses clients chez FTX.

Grégory Guittard, directeur de publication du JDC, admet que l’exchange de Sam Bankman-Fried fut même « le plus gros client du JDC en 2022 ». « Cela explique naturellement l’impression qu’ont certains d’un shill excessif de la plateforme ces derniers mois »…

Voici un extrait du communiqué du JDT :

« Au regard des circonstances, le préjudice estimé pour nos clients est d’approximativement 10 millions d’euros. Nous souhaitons dans un premier temps témoigner de notre soutien plein et entier à tous les acteurs impactés. […] En effet, la société, ses fondateurs et collaborateurs ont également été lourdement impactés. »

Pour G. Guittard, « rien ne pouvait laisser présager ce qui vient de se passer ». « C’est la raison pour laquelle j’assume intégralement la couverture que nous leur avons donnée ».

Voici tout de même quelques antécédents :

Histoire des BTC « perdus » par des exchanges

Parallèlement au JDC, un autre acteur historique français se retrouve dans la tourmente suite à la faillite de FTX : l’exchange coinhouse.

Coinhouse suspend les retraits

Créé en 2015 et anciennement appelé la Maison du Bitcoin, Coinhouse est le premier exchange français à s’être enregistré en tant que PSAN (Prestataire de Services en Actifs Numériques) auprès de l’AMF.

En novembre 2017, Coinhouse rejoint le groupe Arizen avec Nicolas Louvet comme CEO. Cinq ans plus tard, l’exchange propose l’achat de plus de 50 shitcoins à 500 000 clients.

La firme lève même 55 millions d’euros en 2022 pour accélérer son développement en Europe et tenter de s’emboîter dans ce qui ressemble pour le moment aux grands flops du « Web3 » : les metaverses et les NFT.

Et nous apprenons cette semaine que Coinhouse a suspendu les retraits jusqu’à nouvel ordre. La raison étant qu’une partie de l’argent de ses clients se trouvait chez le géant Genesis pour générer le fameux renDement de la crYpto (jusqu’à 6 % par an).

Or Genesis vient d’annoncer la suspension les retraits, frappé lui aussi par la faillite de FTX. Les dominos continuent de tomber. Le Wall Street Journal rapporte que Genesis cherche à obtenir un prêt d’urgence d’un milliard de dollars…

Près de 40 % des dépôts placés dans les « livrets Bitcoin » de Coinhouse étaient investi chez Genesis. De même que 40 % des livrets en stablecoin USDT et 40 % pour ceux investis en ethereum. 10 000 clients seraient concernés.

Bref, nous en revenons à la question que tout investisseur devrait se poser : d’où vient le renDeMent ?

D'où vient le rendement ?
« D’où vient le rendement ? Je ne sais pas, mais c’est une question bête, c’est de l’innovation mon pote, et c’est virtuellement sans risque… ! C’est toi le rendement. »

Nous vous recommandons des acteurs français bien plus fiables comme StackinSat. Cette société basque organise d’ailleurs la plus grande conférence Bitcoin d’Europe. Ou encore Paymium, qui est tout simplement le plus vieil exchange au monde toujours en activité.

Un grand gage de sérieux est que StackinSat ne promet pas de renDements. En outre, la société basque ne garde pas les fonds de ses clients. Ces derniers sont invités à détenir eux-mêmes leurs bitcoins.

Not your key, not your bitcoin !

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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