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L’IA menace davantage la sécurité du Bitcoin à court terme que le quantique

9h15 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Les pirates n’ont pas besoin de casser la cryptographie du Bitcoin pour dérober des milliards de dollars. Alors que le risque quantique reste incertain, l’intelligence artificielle permet déjà d’automatiser la recherche de failles, le phishing et les attaques contre les plateformes qui conservent les cryptos des utilisateurs.

La scène illustre la menace croissante de l’intelligence artificielle sur la sécurité du Bitcoin, jugée plus immédiate que celle des ordinateurs quantiques. Au centre, une gigantesque pièce Bitcoin enchaînée et protégée par un cadenas symbolise les mécanismes de sécurité du réseau. À gauche, un robot menaçant représente l’IA, capable de faciliter des cyberattaques sophistiquées. Au premier plan, un investisseur inquiet observe cette menace grandissante. À droite, un ordinateur quantique apparaît en retrait, évoquant un danger potentiellement plus lointain. Les contrastes orange et noir accentuent la tension. L’ensemble souligne l’urgence de renforcer la cybersécurité face aux nouvelles menaces technologiques.

En bref

  • L’intelligence artificielle représente une menace plus immédiate pour Bitcoin que l’informatique quantique.
  • Les pirates utilisent l’IA pour détecter des failles et cibler les plateformes crypto.
  • Environ 6 millions de BTC pourraient être exposés à de futures attaques quantiques.
  • Les ordinateurs quantiques actuels ne sont pas encore capables de casser la cryptographie du Bitcoin.
  • Le secteur crypto doit renforcer sa cybersécurité tout en préparant sa transition vers la cryptographie post-quantique.

L’IA attaque les portes d’entrée plutôt que le Bitcoin

Cory Klippsten, fondateur de Swan Bitcoin, considère l’intelligence artificielle comme une menace plus immédiate que l’informatique quantique. Les grands modèles de langage permettent désormais aux pirates d’analyser du code, de rechercher des configurations défaillantes et de préparer des attaques à partir de quelques instructions.

« Nous découvrons que la menace à court terme est en réalité l’IA », a-t-il déclaré. Selon lui, les hackers utilisent les LLM pour « examiner tous les systèmes à la recherche de failles », avec une rapidité qui réduit le coût technique d’une attaque.

Cette évolution oblige toutefois à distinguer plusieurs niveaux de sécurité :

  • Le protocole Bitcoin continue de fonctionner normalement ;
  • Les plateformes centralisées restent exposées aux logiciels malveillants ;
  • Les salariés peuvent être ciblés par des campagnes de phishing personnalisées ;
  • Les outils d’IA accélèrent l’analyse des codes et des infrastructures ;
  • Les erreurs de gestion des clés demeurent une faiblesse majeure.

Les attaques récentes illustrent cette différence. Mercado Bitcoin a suspendu ses dépôts et ses retraits après un incident au cours duquel plus de 46 millions de dollars auraient quitté ses portefeuilles. Quelques jours plus tôt, Binance avait subi un vol de 6,3 milliards de dollars, attribué par le FBI à des pirates nord-coréens.

Ces événements ne signifient pas que la blockchain Bitcoin a été compromise. Les hackers visent plutôt les ordinateurs, les clés privées, les employés et les procédures internes des entreprises. L’IA ne casse donc pas encore les signatures cryptographiques. Elle augmente les chances de trouver une faiblesse humaine ou logicielle autour d’elles.

Six millions de BTC restent exposés au risque quantique

La menace quantique fonctionne différemment. Un ordinateur suffisamment puissant pourrait utiliser une clé publique visible sur la blockchain afin de retrouver la clé privée correspondante. Le hacker serait alors capable de signer une transaction sans accéder au portefeuille ou au système informatique du propriétaire.

Selon Glassnode, environ 6,04 millions de BTC, soit 30,2 % de l’offre déjà émise, se trouvent sur des sorties dont la clé publique est exposée. Près de 1,92 million de BTC relèvent d’une exposition structurelle liée à d’anciens formats de scripts. Les 4,12 millions restants sont principalement concernés par la réutilisation d’adresses ou certaines pratiques de conservation.

Cela ne signifie pas que ces bitcoins peuvent être volés aujourd’hui. Les ordinateurs quantiques actuels ne disposent pas de la puissance et de la correction d’erreurs nécessaires pour attaquer efficacement la cryptographie du Bitcoin.

Cory Klippsten estime qu’une machine réellement dangereuse reste éloignée d’au moins dix ans, voire davantage. Il juge donc prématuré d’ajouter immédiatement au protocole des solutions complexes qui n’auraient pas encore été suffisamment testées.

Cette position n’est pas partagée par tous les spécialistes. Des chercheurs estiment qu’une future machine dotée d’environ 30000 qubits physiques pourrait théoriquement casser une clé en 62 minutes. Le modèle reste expérimental, mais il réduit fortement les précédentes estimations de puissance nécessaire.

Europol recommande ainsi de préparer une migration progressive vers la cryptographie post-quantique. L’agence souligne que le principal défi ne sera pas seulement technique. Ainsi, les développeurs, les plateformes et les détenteurs devront coordonner le déplacement des fonds vers de nouveaux formats de portefeuilles.

Le Bitcoin doit sécuriser le présent sans négliger l’avenir

L’opposition entre IA et informatique quantique ne devrait pas conduire le secteur à choisir une seule menace. Les deux risques interviennent simplement selon des calendriers différents.

À court terme, les entreprises doivent renforcer la protection de leurs appareils, limiter les accès administratifs et séparer les clés critiques. Elles doivent également vérifier manuellement les modifications de code proposées par l’IA et former leurs employés contre les messages frauduleux de plus en plus crédibles.

Klippsten prévient que les sociétés chargées de fonds clients ne peuvent pas s’appuyer sur des logiciels développés dans l’urgence. « Il faut réellement savoir ce que l’on fait en matière de sécurité », insiste-t-il.

À plus long terme, le Bitcoin devra disposer d’un plan de migration quantique avant l’apparition d’une machine capable de casser ses signatures. Attendre une attaque confirmée serait risqué, car le changement des formats d’adresses et le transfert de millions de BTC pourraient nécessiter plusieurs années.

Le danger immédiat ne vient donc pas d’un ordinateur quantique capable de briser Bitcoin. Il vient d’outils d’IA qui rendent les attaques traditionnelles plus rapides, moins coûteuses et accessibles à davantage de pirates. La priorité consiste à protéger les accès actuels, tout en préparant méthodiquement la cryptographie de demain.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.