L’or et l’argent prolongent leur hausse record sur fond d’incertitude de la Fed
L’or et l’argent ont terminé 2025 à des sommets historiques, et leur ascension s’est encore accélérée début 2026. Une combinaison de forte demande, d’offre restreinte et de risques politiques croissants pousse les investisseurs vers les métaux précieux. Des inquiétudes renouvelées concernant l’indépendance des banques centrales ne font qu’amplifier la pression haussière.

En bref
- L’or franchit les 4 600 $ et l’argent dépasse les 90 $ alors que les investisseurs cherchent refuge face aux doutes entourant la Fed et à la montée de la demande en actifs tangibles.
- Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, couplées aux restrictions à l’exportation, alimentent la flambée des prix dans un contexte de forte incertitude géopolitique.
- Les analystes anticipent un test des 5 000 $ pour l’or et des 100 $ pour l’argent, portés par la demande industrielle et les achats physiques.
- En 2026, les métaux précieux demeurent les grands gagnants, soutenus par la faiblesse du dollar, les perspectives de baisse des taux, et les conflits mondiaux.
La politique monétaire sous pression propulse l’or et l’argent à des sommets
Les prix de l’or ont dépassé 4 600 $ l’once cette semaine après des informations évoquant une enquête criminelle visant Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, dans le cadre de travaux de rénovation estimés à 2,5 milliards de dollars au siège de la Fed. Cette annonce a immédiatement fait réagir les marchés, déclenchant une nouvelle flambée des prix.
Mercredi matin, l’or au comptant s’échangeait autour de 4 633,46 $ l’once. L’argent, de son côté, a continué sa progression, franchissant les 90 $ pour la première fois mardi, avant de grimper de 3,5 % à 90,42 $ l’once.
Cette envolée prolonge une année 2025 déjà exceptionnelle pour les métaux précieux. L’or y a gagné environ 65 %, tandis que l’argent s’est envolé de plus de 150 %. La tendance reste intacte en 2026, avec une hausse de 7,1 % pour l’or et 26,6 % pour l’argent en janvier.
Les gestionnaires de fonds affirment que les mêmes moteurs qu’en 2025 restent à l’œuvre : offre limitée, instabilité géopolitique, et incertitude sur la politique monétaire continuent de soutenir les cours, sans aucun signe d’essoufflement.
Tensions sino-américaines : le bras de fer des ressources s’intensifie
Selon Daniel Casali, stratège en investissement chez Evelyn Partners, son cabinet reste haussier sur l’or et l’argent. Il cite comme facteurs majeurs la persistance des tensions géopolitiques — notamment l’invasion russe en Ukraine et les nouvelles mesures tarifaires de Donald Trump annoncées en avril.
Casali qualifie les différends actuels d’affrontement stratégique pour les ressources entre les États-Unis et la Chine. En réaction aux tarifs américains, Pékin a restreint ses exportations de terres rares, mettant en lumière la dépendance occidentale à ces matériaux critiques pour la défense, les technologies avancées, et l’infrastructure IA.
Désormais, ces contrôles s’étendent aussi à l’argent, ressource clé pour les industries américaines et européennes. L’essor rapide de l’intelligence artificielle, des véhicules électriques, des énergies renouvelables et de l’électronique accentue la pression sur une offre déjà sous tension.
Facteurs clés qui façonnent le marché :
- Intensification des conflits commerciaux entre les USA et la Chine
- Restrictions chinoises sur les exportations de terres rares et d’argent
- Demande industrielle croissante liée à l’IA, l’énergie verte et la défense
- Offre minière mondiale en croissance limitée
- Intérêt accru des investisseurs pour le métal physique
Trump-Xi : un sommet sous haute tension diplomatique
Les regards se tournent désormais vers une possible rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, prévue en avril. Casali anticipe que les contrôles à l’exportation domineront l’agenda, même si l’issue reste incertaine.
Le risque politique monte également ailleurs : début 2026, les États-Unis ont destitué Nicolás Maduro au Venezuela, et envisagent une action militaire autour du Groenland. Casali observe une course entre Washington et Pékin pour sécuriser l’accès aux ressources critiques, chacun renforçant sa position géostratégique.
La Chine exerce une pression via ses restrictions à l’exportation, tandis que les États-Unis bloquent les flux pétroliers vénézuéliens, dont une grande partie allait jusqu’ici alimenter la Chine.
L’or vers 5 000 $, l’argent vers 100 $ ? La pénurie s’installe, les risques explosent
Pour Ned Naylor-Leyland, gestionnaire chez Jupiter Asset Management, atteindre 5 000 $ pour l’or et 100 $ pour l’argent en 2026 est tout à fait envisageable si les conditions actuelles persistent. Selon lui, c’est le marché de l’argent qui est le plus tendu : les contrôles à l’exportation ont redirigé d’importants volumes vers l’Asie, où les acheteurs à Shanghai paient une prime d’environ 10 $ l’once. Le trading délaisse désormais les contrats à terme au profit des lingots physiques.
L’argent joue un rôle industriel central : électronique, automobile, électroménager, énergie renouvelable, armement… tous dépendent de livraisons fiables. La moindre perturbation a un impact immédiat sur les chaînes de production.
L’or, de son côté, profite pleinement d’un environnement politique tendu et d’un assouplissement monétaire à venir. Les baisses de taux, les mesures non conventionnelles et la pression accrue sur la Fed renforcent son rôle de valeur refuge.
Plusieurs facteurs continuent de soutenir les prix élevés des métaux :
- Doutes persistants sur l’indépendance de la Fed
- Attentes de nouvelles baisses de taux d’intérêt
- Faiblesse du dollar américain
- Déficits publics qui se creusent
- Tensions géopolitiques non résolues
Paul Syms, responsable EMEA des produits ETF chez Invesco, estime que les conditions actuelles sont encore plus favorables qu’en 2025. L’affaire impliquant Powell a porté un nouveau coup à la crédibilité de la Fed, déjà fragilisée.
Malgré le soutien public exprimé par la BCE et la Banque d’Angleterre à l’égard de Powell, les inquiétudes des marchés ne se sont pas apaisées.
Syms conclut qu’avec la conjonction d’un dollar faible, de tensions géopolitiques élevées, d’une forte demande industrielle pour l’argent et de taux d’intérêt bas, il y a peu de raisons d’anticiper une correction à court terme.
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James Godstime is a crypto journalist and market analyst with over three years of experience in crypto, Web3, and finance. He simplifies complex and technical ideas to engage readers. Outside of work, he enjoys football and tennis, which he follows passionately.
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