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Metaplanet lance ses BitBonds et dément toute vente de Bitcoin

22h00 ▪ 8 min de lecture ▪ par Mikaia A.
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Le Japon et l’industrie crypto ont offert un spectacle délirant cette semaine. Ce qui se présentait comme une simple annonce d’innovation de la part de Metaplanet n’en était pas une, au vu des conditions dans lesquelles elle s’est déroulée. D’abord, il y a eu la présentation d’un programme obligataire baptisé « BitBonds ». Une opération presque inédite, si l’on ne gratte pas le vernis pour découvrir ce qui se cache derrière le rideau : 1,4 milliard de pertes latentes, des obligations non garanties et un déplacement de bitcoins peu rassurant. Les bitcoiners ont eu le souffle coupé sans l’intervention du PDG.

Un dirigeant de Metaplanet présente les BitBonds, tandis qu’un coffre rempli de bitcoins symbolise la conservation assumée des réserves du groupe.

En bref

  • Metaplanet a levé 200 millions de yens (1,3 million USD) via quatre séries d’obligations BitBonds à 4,0-4,3 % sur trois ans.
  • Le PDG Simon Gerovich a démenti toute vente après le transfert de 5 014 BTC, une opération de routine ayant coûté 8 dollars de frais.
  • L’entreprise détient 43 000 BTC avec une perte latente de 1,4 milliard de dollars, son prix d’achat moyen étant de 96 191 dollars.
  • Les BitBonds sont non garantis et exposent les créanciers à la volatilité du bitcoin, comme le reconnaît le prospectus officiel de Metaplanet.

BitBonds : Metaplanet à l’assaut du marché obligataire

Metaplanet se targue de 43 000 BTC dans son coffre-fort, loin derrière Strategy et ses 840 447 bitcoins. Mais cette somme suffit amplement, aux yeux de ses dirigeants, pour dépasser la simple phase d’accumulation. Désormais, place aux produits dérivés. L’on ne s’étonne donc plus de voir Metaplanet dévoiler un programme continu d’émission obligataire baptisé « BitBonds ». Plus précisément, quatre séries de BitBonds feront leur entrée sur le marché du crédit, pour un montant total de 200 millions de yens, soit 1,3 million de dollars américains.

La distribution des BitBonds incombe à la filiale agréée Metaplanet Securities. Des coupons annuels de 4,0 à 4,3 %, arrivant à échéance dans trois ans, inonderont le marché. Encore faut-il préciser que Metaplanet empruntera à taux fixe pour financer sa stratégie bitcoin. Une réplique du modus operandi de Strategy, le fondateur Michael Saylor en tête, mais avec une touche nippone ?

La logique se comprend aisément : Metaplanet vise les 100 000 BTC d’ici fin 2026, puis 210 000 d’ici fin 2027. Avec un rendement fixe, les investisseurs japonais, assoiffés de rendement dans un pays où les taux redeviennent positifs, n’en feront qu’une bouchée. Quoique la nécessité d’un flux continu de financement pourrait se transformer en pression supplémentaire pour les acteurs concernés.

Des défis techniques et des contradictions

Considérées comme un ovni financier, les BitBonds présentent des lacunes inquiétantes : il s’agit d’obligations non garanties, non notées, non adossées au bitcoin. En réalité, c’est la « crédibilité générale » de l’entreprise, grande détentrice de BTC, qui se trouve engagée. De là naissent les interrogations sur la nature même de la dette.

Notre monde est en quête de valeur capable d’influencer la croyance collective. Mais Metaplanet persiste et signe. Dans son prospectus, l’entreprise reconnaît que sa capacité de remboursement demeure matériellement affectée par les mouvements du prix du bitcoin.

Les Obligations sont des obligations senior non garanties, non assorties de sûretés et non notées. Elles ne bénéficient d’aucune protection du principal. Le paiement du principal et des intérêts dépend de la solvabilité de la Société, et la situation financière et les résultats d’exploitation de la Société peuvent être matériellement affectés par les mouvements du prix du Bitcoin, son actif principal.

Communiqué officiel de Metaplanet

En d’autres termes, les créanciers prêteront à taux fixe, mais supporteront un risque de crédit corrélé à la volatilité de la reine des cryptos. Une mécanique complexe pour des obligations placées en privé via Metaplanet Securities, sans marché secondaire organisé. Pour enfoncer le clou, la liquidité des BitBonds ne bénéficie d’aucune garantie, et leur revente avant échéance s’annonce difficile. Le projet d’expansion vers des offres publiques et la tokenisation, envisagé par Metaplanet, s’avère moins dissuasif qu’il n’y paraît.

Aussi faut-il mentionner que les premiers BitBonds diffèrent largement des promesses antérieures d’obligations adossées à des bitcoins ou basées sur des stablecoins. La communauté crypto n’en finit plus de s’interroger sur la philosophie de Metaplanet.

Vente de bitcoins : la rumeur, le démenti et le vrai éclaircissement

Le lancement des BitBonds ne s’est pas fait sans anicroches. La veille de sa présentation, le 12 août, une nouvelle a affolé la cryptosphère. Des analystes ont détecté un mouvement massif de 3 881 BTC, puis de 5 014 BTC en provenance des portefeuilles de Metaplanet.

Ce genre d’opération ne laisse jamais les observateurs de marbre : la volatilité du bitcoin et des autres cryptos en dépend. N’a-t-on pas posé des questions, récemment, quand MARA Holdings et Strategy ont cédé une partie de leurs avoirs numériques ? Le PDG, Simon Gerovich, a dû jouer les pompiers en annonçant qu’« aucun bitcoin n’a été vendu, et nos avoirs restent de 43 000 BTC ».

Il a même profité de l’occasion pour publier toutes les adresses de Metaplanet, afin d’éteindre l’incendie. La démonstration aura plutôt profité au réseau Bitcoin : 8 dollars de frais seulement pour déplacer 322 millions de dollars. Les banques traditionnelles en ont pris pour leur grade.

N’empêche qu’une telle opération ne doit pas se faire à la légère, quand on observe ce genre de mouvements dans l’industrie crypto. La crise de confiance guette, inévitablement. D’autant que Metaplanet affiche une perte latente de 1,4 milliard de dollars sur l’ensemble de ses acquisitions. Ses bitcoins, acquis au prix moyen de 96 191 dollars la pièce, fondent au soleil face à un cours actuel du BTC de 63 800 dollars.

BitBonds : génie financier ou imprudence stratégique ?

Cette actualité place Metaplanet à la croisée des chemins. D’abord, n’oublions pas que cette entreprise nippone possède un coffre-fort bien garni de bitcoins. On la dit même troisième plus grand détenteur de BTC dans sa catégorie. Ensuite, rappelons que bon nombre d’investisseurs japonais ne bouderont pas leur plaisir devant des BitBonds à 4 % de rendement, sur un marché où les taux redeviennent positifs. Ces obligations s’arracheront-elles comme des petits pains, malgré le risque systémique — sachant qu’un problème de solvabilité guette Metaplanet en cas d’effondrement du bitcoin ?

Certes, Gerovich est intervenu, mais les analystes ne se laissent pas berner : des pertes latentes supérieures à 1 milliard de dollars, une action qui a perdu près de 43 % en un an… La crédibilité de Metaplanet paraît plus fragile que jamais. Sur quel fondement l’entreprise s’appuie-t-elle ? Probablement sur un avenir plus clément pour le bitcoin, une régulation assouplie et des investisseurs toujours plus audacieux.

Somme toute, les BitBonds constituent un pari osé de la part de Metaplanet, malgré le caractère imprudent de la décision. Mais l’attente du réveil du bitcoin s’avère plus longue que prévu : même le ralentissement de l’inflation américaine n’a pas apporté l’effet escompté.

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Mikaia A.

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.