Le ralentissement de l’inflation US ne suffit pas à réveiller le Bitcoin
La publication des données de l’inflation américaine ce 12 août n’a pas procuré aux marchés le signal positif tant espéré. En effet, l’on note un ralentissement de l’augmentation des prix sans oublier les réserves de la Fed sur la trajectoire économique. Les investisseurs du bitcoin hésitent à adopter une politique d’accumulation agressive. Le marché crypto reste ainsi tributaire des prochaines données économiques et, surtout, de la manière dont la Réserve fédérale choisira de les interpréter.

En bref
- L’inflation américaine ralentit à 3,4 % sur un an, portée par le CPI Cœur à 2,5 % et une baisse temporaire des prix de l’énergie (-1,5 %).
- Les coûts d’hébergement (+0,1 %) génèrent à eux seuls près de deux tiers de la hausse mensuelle de l’indice global.
- Malgré le répit mensuel, l’essence demeure en hausse de 24,6 % sur un an, maintenant le pétrole Brent autour des 91 dollars.
- Sans catalyseur clair, le BTC stagne dans la zone étroite des 63 800 $ à 64 300 $, ignorant la hausse des marchés boursiers.
L’inflation américaine ralentit
Grâce aux informations officielles publiées ce 12 août par le Bureau of Labor Statistics, l’indice des prix à la consommation (CPI) a évolué de 0,1 % au cours du mois de juillet en tenant compte d’une base ajustée des variations saisonnières. Cette progression se conforme scrupuleusement aux prévisions des analystes de la Bourse américaine. Le rythme de l’inflation annuelle est alors ramené à 3,4 % contre 3,5 % au cours du mois de juin et un sommet en mai de 4,2 %. Il convient d’exclure des calculs de l’indicateur sous-jacent les catégories volatiles telles que l’alimentation et l’énergie. Ce dernier enregistre une hausse mensuelle de 0,2 % et de 2,5 sur l’année.
Ainsi, cette évolution annuelle de l’élément sous-jacent de l’inflation s’intègre dans les mesures modérées observées depuis janvier 2021. En effet, la composante du logement constitue le catalyseur vecteur du rebond des prix à l’intérieur de cette dynamique générale. Ainsi, deux tiers de la progression mensuelle de l’indice global ont été générés par les coûts liés à l’hébergement. Cette évolution est donc tirée d’une hausse de 0,3 % des loyers et des loyers équivalents propriétaires. L’on remarque également une augmentation légère de 0,1 % des prix de l’alimentation sous l’effet d’une progression de 0,3 % de la restauration hors domicile, alors qu’on note un recul de 0,1 % des produits alimentaires de base en supermarché.
Le soulagement temporaire offert par le secteur de l’énergie dans le mois de juillet explique un tel répit sur le plan statistique. Selon les données officielles, l’indice global de l’énergie a diminué de 1,5 % sur un mois. Cette baisse est alors portée par la régression des cours de l’essence à la pompe de 2,9 % aux termes des variations saisonnières. Toutefois, divers postes de dépenses relatifs aux différents services essentiels ont stimulé durablement l’indicateur sous-jacent vers le haut.
L’association de ces différents facteurs incompatibles a déclenché automatiquement une réaction acheteuse sur les contrats à terme liés aux indices boursiers américains avant l’ouverture des marchés. Une telle combinaison illustre le soulagement des investisseurs.
La répartition correcte des principales variations observées par la composante économique permet de mesurer la structure exacte du rapport inflationniste de juillet :
- L’indice global CPI : +0,1 % sur un mois (+3,4 % sur un an, en baisse par rapport aux 3,5 % de juin) ;
- Le CPI hors alimentation et énergie : +0,2 % sur un mois (+2,5 % sur un an) ;
- Le poste Logement : +0,1 % sur le mois, générant près des deux tiers de la hausse mensuelle globale ;
- Le secteur Énergie : -1,5 % sur le mois, porté par une baisse de 2,9 % du prix de l’essence ;
- Les Services et Transports : +2,2 % pour les billets d’avion, +0,4 % pour les soins médicaux et +0,4 % pour les véhicules d’occasion.
Le Risque énergétique et la Réserve Fédérale
Une menace évidente plane continuellement sur la trajectoire économique à long terme, compte tenu de la crise de l’énergie survenue plus tôt dans l’année, malgré l’accalmie incontestable procurée aux autorités monétaires par les chiffres mensuels. Le secteur énergétique reste toujours en hausse importante de 14,7 % sur la période douze mois glissants, bien que le cours de l’essence montre une augmentation annuelle spectaculaire de 24,6 %. Ces statistiques gardent les séquelles des du choc pétrolier lié aux tensions géopolitiques observées au Moyen-Orient de même que les perturbations logistiques visibles au cours du premier semestre de l’année.
Tandis que le baril de Brent se stabilise aux environs de 91 $ et que le West Texas Intermediate se négocie aux alentours de 83 $, la Fed se retrouve dans une posture inconfortable. Aux termes du maintien de son taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % en juillet, de nombreuses divisions internes s’observent au niveau de la Banque centrale américaine. De telles situations sont corroborées par le vote dissident de trois gouverneurs. En effet, ces derniers préconisent un durcissement monétaire. Les responsables ont alors martelé qu’une succession de plusieurs mois consécutifs de baisse serait nécessaire avant toute affirmation d’une diminution durable de l’inflation à 2 %.
Les perspectives de régression des taux à court terme sont bridées immédiatement par un environnement macroéconomique incertain. Ainsi, les investisseurs doivent prendre en compte les décisions de la Réserve fédérale contraint d’adopter une position restrictive tant que l’énergie et les services, menacent de ramener les pressions inflationnistes. Aussi, la diminution infirme des salaires horaires réels, compte tenu de la hausse du coût de la vie au niveau de certains indicateurs, participe à la détérioration du pouvoir d’achat réel des ménages. Dans un tel contexte où le coût du capital reste élevé et où la demande globale montre des signes de fatigue, la liquidité globale peine à s’orienter vers des marchés plus spéculatifs.
La stagnation du bitcoin autour de 64 000 dollars
Le marché crypto montre une résilience remarquable face à ces difficultés macroéconomiques. Cette apathie tranche immédiatement avec la volatilité importante observée après la publication des données économiques antérieures. À l’annonce des chiffres du rapport, le bitcoin est demeuré stable. Il a ainsi cédé 0,4 % avant de se stabiliser dans une zone comprise entre 63 800 $ et 64 300 $, après avoir brièvement touché la zone inférieure des 63 000 $. L’on remarque ainsi au niveau de la principale crypto une phase d’accumulation dans la zone des 60 000 $.
Dans cette perspective, les investisseurs évitent de s’engager massivement sans l’obtention des garanties claires et solides sur l’évolution de la politique monétaire. De plus, l’absence de catalyseur clair sur le marché révèle un essoufflement des flux, tandis que le marché du bitcoin vacille sous les répercussions de conditions de liquidité. En l’absence d’un signal d’assouplissement monétaire de la part de la Réserve fédérale ou d’une baisse des cours énergétiques, le marché des cryptos en général et du bitcoin en particulier pourrait continuer d’évoluer dans une dynamique incertaine.
Les prochains jours seront plus que décisifs. Ils permettront de savoir si la stagnation actuelle du cours du bitcoin annonce une correction ou une nouvelle phase d’accumulation avant un probable rebond. La véritable épreuve de vérité est désormais fixée au 11 septembre 2026, date à laquelle le gouvernement américain publiera les chiffres de l’inflation pour le mois d’août.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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