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Pétrobitcoin : Le rêve d’un Bitcoin adossé au pétrole se réalise-t-il en 2026 ?

9h00 ▪ 7 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Les tensions autour du détroit d’Ormuz ravivent les inquiétudes sur la stabilité du système énergétique mondial, au cœur duquel transite une part majeure du pétrole mondial. Longtemps structuré par la domination du dollar, cet équilibre évolue sous l’effet de la dédollarisation, des recompositions géopolitiques et de l’émergence d’alternatives comme le bitcoin, de plus en plus évoqué dans certains scénarios de contournement des circuits financiers traditionnels. Dans ce contexte de transformation progressive, le pétrole devient un point de friction d’un basculement monétaire silencieux. Une question se pose alors naturellement : sommes-nous en train de passer d’un âge du pétrodollar à une ère où se dessine progressivement un étalon du pétrobitcoin ?

Illustration d’un Bitcoin émergeant du pétrole, entouré de barils et d’une pompe pétrolière, avec la carte de l’Iran en arrière-plan, symbolisant le lien entre pétrole et nouvelles alternatives monétaires.

En bref

  • Les tensions à Ormuz montrent que le pétrole reste au cœur des équilibres économiques et monétaires mondiaux.
  • Les BRICS accélèrent la dédollarisation en utilisant davantage d’or, de yuan et d’autres alternatives au dollar.
  • Le Bitcoin commence à être envisagé comme solution de paiement alternative pour certains échanges énergétiques sous contrainte.
  • En 2026, le pétrobitcoin reste surtout une hypothèse émergente, pas encore un véritable remplaçant du pétrodollar.

La dédollarisation s’accélère : les BRICS remettent en cause l’hégémonie du Dollar

Historiquement, le pétrole est majoritairement libellé en dollars depuis les années 1970, ce qui a consolidé durablement la position du billet vert après la fin de l’étalon-or. Cependant, depuis plusieurs années maintenant, la domination du dollar est progressivement remise en cause par plusieurs puissances économiques. De nouvelles devises gagnent du terrain dans les échanges internationaux, notamment dans les flux liés au pétrole, traduisant une recomposition progressive du système monétaire mondial.

Selon les dernières données COFER du FMI, les avoirs en dollars détenus par les banques centrales hors Réserve fédérale ont reculé à 6 630 milliards de dollars fin 2024, contre 6 690 milliards un an plus tôt. La part du dollar dans les réserves mondiales est ainsi tombée à 57,8 %, son plus bas niveau depuis 1994, confirmant une diversification progressive vers d’autres actifs, notamment l’or.

Graphique montrant l’évolution de la part du dollar dans les réserves mondiales depuis 1965, en baisse progressive après un pic dans les années 1970, illustrant un recul de l’hégémonie du dollar.
Le déclin progressif du dollar dans les réserves mondiales reflète une diversification monétaire.

Dans ce contexte, les BRICS accélèrent leurs stratégies de rééquilibrage. La Russie détient environ 2 335,85 tonnes d’or, la Chine 2 298,53 tonnes et l’Inde près de 879,98 tonnes. À elles seules, la Russie et la Chine concentrent environ 74 % des réserves d’or du bloc, illustrant une stratégie coordonnée de réduction de dépendance au système dominé par le dollar.

Cette dynamique se reflète également dans les échanges énergétiques. L’Inde a importé environ 60 millions de barils de pétrole russe en mars, dont une partie a été réglée directement en yuan, illustrant une diversification progressive des monnaies utilisées dans le commerce énergétique.

La Chine renforce parallèlement ses infrastructures financières alternatives. La plateforme mBridge a traité environ 387,2 milliards de yuans (près de 55 milliards de dollars), dont 95 % en yuan numérique. Le système CIPS, quant à lui, a enregistré environ 245 000 milliards de dollars de transactions en 2025, confirmant son rôle croissant dans les flux financiers internationaux.

Bitcoin : l’émergence de paiements alternatifs dans le commerce du pétrole

Le pétrole reste au centre des rapports de force économiques et géopolitiques. Son commerce est directement influencé par les sanctions internationales, ce qui incite certains acteurs à explorer des solutions de contournement hors des systèmes financiers traditionnels.

Dans ce contexte, notamment lors du déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en 2022, marqué par l’exclusion de plusieurs banques russes du système SWIFT et le gel d’environ 600 milliards de dollars d’actifs étrangers détenus par la banque centrale de la Fédération de Russie, le bitcoin est apparu de plus en plus comme une option théorique de règlement pour certains flux énergétiques. En Russie, le député de la Douma Pavel Zavalny a ainsi évoqué la possibilité de régler certaines exportations de pétrole et de gaz en bitcoin ou en actifs alternatifs afin de contourner les sanctions et réduire la dépendance aux circuits financiers classiques.

Dans le contexte des tensions géopolitiques actuelles marquées par une confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël, Téhéran explore des mécanismes de contournement dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, où des dispositifs de tarification liés au passage de navires pourraient être réglés exclusivement en bitcoin ou en yuan chinois.

Ces initiatives ne constituent pas encore un système établi. Elles traduisent cependant une évolution manifeste : les flux énergétiques commencent à intégrer des réflexions sur des rails de paiement alternatifs, dans un contexte de fragmentation croissante.

Pétrodollar vs Pétrobitcoin : vers un basculement dans les paiements énergétiques mondiaux ?

Le système mondial reste encore largement structuré autour du pétrole et des mécanismes de règlement historiques. Ce cadre a longtemps consolidé la domination des monnaies traditionnelles dans les échanges énergétiques internationaux.

Cependant, les tensions géopolitiques et les stratégies de diversification monétaire fragilisent progressivement cet équilibre. Dans ce cadre, l’idée d’un ‘Pétrobitcoin’ se profile comme une alternative potentielle à l’étude : un système hybride où certaines transactions pétrolières s’appuieraient sur des actifs numériques, principalement le BTC, dans des environnements contraints.

Cette réflexion a été notamment développée bien avant par le journaliste et essayiste Nicolas Teterel, qui analyse les interactions entre bitcoin, géopolitique et transformation du système monétaire international depuis plusieurs années. Dans ses travaux, il évoque un scénario où le BTC pourrait servir d’instrument de règlement alternatif dans les flux énergétiques. Avec ses caractéristiques structurelles distinctes : transparence via la blockchain, résistance à la censure, offre limitée à 21 millions d’unités et indépendance vis-à-vis des politiques monétaires. Ces éléments en font un actif étudié dans des scénarios de contournement.

À ce stade, aucune transaction pétrolière explicitement identifiable en bitcoin n’a été observée sur les données on-chain publiques. Cela indique que son usage reste encore exploratoire, davantage discuté que réellement déployé. Sans remplacer les systèmes existants, il s’impose néanmoins comme un outil potentiel dans certains flux énergétiques sous contrainte. À plus long terme, le scénario le plus probable n’est pas un remplacement brutal. Cependant, il est probable qu’une coexistence instable se développe entre les circuits traditionnels et les solutions numériques. Dans cette coexistence, le pétrole pourrait devenir un terrain d’expérimentation monétaire au sein d’un système mondial de plus en plus fragmenté où le BTC jouerait un rôle croissant.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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