Pologne : Trois nouvelles arrestations dans le scandale Zondacrypto
La Pologne fait face à une nouvelle étape dans l’affaire Zondacrypto, après trois arrestations décidées mercredi par les autorités. L’enquête porte sur l’effondrement de cette plateforme majeure, marqué par l’arrêt des retraits et de lourdes pertes pour les utilisateurs. Parmi les personnes interpellées figure le trader Rafał Zaorski, connu dans le monde financier. Les investigations examinent aussi des soupçons de fraude, de blanchiment d’argent et des liens avec plusieurs acteurs de la scène politique nationale.

En bref
- Trois nouvelles personnes ont été arrêtées dans l’enquête sur l’effondrement de Zondacrypto.
- Rafał Zaorski, célèbre trader polonais, figure parmi les personnes interpellées dans le dossier.
- Les autorités enquêtent sur des soupçons de fraude, blanchiment d’argent et détournement de fonds.
- L’effondrement de Zondacrypto pourrait avoir touché plus de 30 000 utilisateurs, pour au moins 95 millions de dollars de pertes.
- L’affaire prend aussi une dimension politique, avec des soupçons de liens entre Zondacrypto et plusieurs personnalités publiques.
Trois arrestations qui relancent l’enquête en Pologne
Les forces de l’ordre ont arrêté trois nouvelles personnes dans le cadre de l’enquête criminelle visant l’effondrement de Zondacrypto. Deux suspects, identifiés par les initiales JW et AP, ont été interpellés par la police provinciale de Katowice. Dans le même temps, le Bureau central de lutte contre la cybercriminalité a arrêté RZ, selon le bureau du procureur général cité par le portail d’actualités économiques Money.pl. Ces opérations montrent que les enquêteurs élargissent désormais leurs recherches autour des personnes liées au dossier.
Les arrestations ont eu lieu à la demande du parquet, qui a également ordonné plusieurs saisies. Les autorités ont ciblé des véhicules de luxe, des objets de valeur et une importante somme d’argent. Ces mesures interviennent alors que le dossier rassemble plusieurs pistes sur la gestion de la plateforme et les relations entre protagonistes. Elles concernent notamment plusieurs personnes déjà citées dans les investigations.
Les médias polonais ont identifié JW et AP comme Jaromira W. et Anna P. Jaromira W. est l’ancienne épouse de Marian W., surnommé « Maniek », présenté comme un suspect central dans la disparition de Sylwester Suszek. Anna P., de son côté, aurait travaillé étroitement avec Marian W. Leurs arrestations ajoutent donc deux nouveaux noms à une affaire déjà marquée par plusieurs disparitions et interrogations.
Rafał Zaorski au cœur du nouveau volet judiciaire
Rafał Zaorski a également été conduit au bureau du procureur national de Katowice le 2 août. Des journalistes présents sur place l’ont vu entrer dans les locaux sous escorte. « Je suis une victime », a-t-il déclaré avant de rejoindre le bâtiment, sans fournir davantage de détails. Son interpellation attire l’attention en raison de ses liens évoqués avec Sylwester Suszek et de son activité dans le secteur des actifs numériques.
Zaorski figure parmi les investisseurs boursiers polonais les plus connus. Il s’est fait connaître en publiant les résultats de ses opérations financières, notamment des gains et des pertes de plusieurs millions de dollars. En avril 2026, il a été reconnu coupable d’avoir utilisé des informations privilégiées lors de transactions sur les actions de Merlin.
Dans le dossier Zondacrypto, le ministre de la Justice Waldemar Żurek a indiqué que les personnes arrêtées pourraient détenir des informations sur Suszek. Cette piste concerne notamment Zaorski, lié à l’entrepreneur disparu et à sa société de négoce d’actifs numériques. Les autorités cherchent à préciser les relations entre les acteurs du dossier et la place exacte de chacun.
De BitBay à Zondacrypto, une chute liée aux liquidités
L’histoire de Zondacrypto remonte au lancement de BitBay en Pologne en 2014. Sylwester Suszek avait créé la plateforme et occupait également le poste de directeur général avant de vendre la plateforme à un groupe de mafia russe selon certains rapports locaux relayés par Cryptopolitan. BitBay a ensuite changé de nom pour devenir Zondacrypto. La société a ensuite transféré son siège en Estonie et a poursuivi ses activités sous une licence obtenue par BB Trade, une entité enregistrée dans ce pays balte.
Sous la direction de Przemysław Kral, qui a pris les commandes au début de 2021, Zondacrypto est devenue l’une des principales plateformes de trading d’Europe de l’Est. Suszek a ensuite disparu, tandis que Kral l’a accusé dans une vidéo publiée sur X de ne jamais avoir remis les clés d’un portefeuille contenant 4 500 BTC. Plus tard, Kral a lui-même disparu après avoir nié, à la mi-avril 2026, que la plateforme rencontrait des difficultés. Les médias estiment qu’il aurait gagné Israël, puis Dubaï.
L’effondrement de Zondacrypto a commencé après des problèmes de liquidités ayant provoqué l’arrêt des retraits. L’enquête ouverte le 17 avril par le parquet de Katowice porte sur des soupçons de fraude à grande échelle et de blanchiment d’argent. Selon les médias polonais, Kral aurait finalement accepté d’aider les autorités à comprendre le dossier. L’affaire pourrait avoir touché plus de 30 000 utilisateurs et entraîner au moins 95 millions de dollars de pertes.
Une dimension politique qui élargit le scandale
Le dossier Zondacrypto dépasse désormais la seule question financière. Les dirigeants de la plateforme sont accusés d’avoir sponsorisé des événements et des personnalités politiques conservatrices afin d’obtenir une réglementation favorable aux cryptomonnaies. Cette dimension politique ajoute un nouvel axe aux investigations en Pologne. Elle intervient alors que le cadre légal des actifs numériques reste au centre des débats.
Le gouvernement centriste et libéral de Donald Tusk a proposé une loi sur le marché des crypto-actifs. Le président Karol Nawrocki l’a toutefois bloquée à deux reprises par un veto. Le texte revient cette semaine devant le Parlement, tandis que l’enquête sur Zondacrypto continue de progresser. En Pologne, le contexte politique donne donc une portée supplémentaire aux questions soulevées par les liens entre acteurs privés et responsables publics.
D’autres arrestations avaient déjà marqué le dossier. Fin août, les autorités avaient notamment placé en garde à vue Radosław Piesiewicz, président du Comité olympique polonais. Il est soupçonné d’avoir accepté une montre d’une valeur de 40 000 euros offerte par le dirigeant de Zondacrypto. Ce cadeau aurait été lié à un traitement favorable dans les accords de sponsoring de la plateforme.
La nouvelle série d’arrestations maintient donc la pression judiciaire autour de Zondacrypto. En Pologne, les enquêteurs doivent encore clarifier le rôle des personnes arrêtées et les circonstances exactes de l’effondrement. Les investigations devront aussi déterminer l’étendue des pertes et les liens éventuels entre les volets financier, crypto et politique. La prochaine étape dépendra des informations recueillies par les autorités et de leur exploitation dans la procédure.
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Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.
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