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San Francisco : 200 manifestants appellent OpenAI, Anthropic et DeepMind à suspendre leurs modèles

13h00 ▪ 7 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Les débats autour de l’intelligence artificielle continuent de prendre de l’ampleur à mesure que les modèles les plus avancés gagnent en puissance. San Francisco a une nouvelle fois servi de point de rassemblement pour des militants souhaitant ralentir cette évolution. Leur mobilisation ne s’est pas limitée aux seules questions de sécurité des systèmes d’IA. Les participants ont également évoqué les conséquences économiques, sociales et environnementales de cette technologie, tout en demandant aux principales entreprises du secteur de suspendre temporairement le développement de nouveaux modèles de pointe.

Illustration d'une manifestation à San Francisco devant les géants de l'IA, où des protestataires réclament une pause dans le développement des modèles avancés d'OpenAI, Anthropic et DeepMind.

En bref

  • Environ 200 manifestants ont défilé à San Francisco pour demander une pause dans le développement des modèles d’IA les plus avancés.
  • Le mouvement Stop the AI Race élargit désormais ses revendications aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques.
  • Les organisateurs réclament un renforcement des règles de sécurité et de la surveillance des systèmes d’intelligence artificielle.
  • Cette mobilisation intervient dans un contexte de débats croissants sur les risques liés aux modèles d’IA avancés.

Une nouvelle manifestation à San Francisco cible les leaders de l’intelligence artificielle

Des manifestants ont défilé dans San Francisco entre les bureaux d’OpenAI, d’Anthropic et de Google DeepMind afin de réclamer une pause dans le développement des modèles d’intelligence artificielle les plus avancés. L’événement, organisé par le mouvement Stop the AI Race, s’inscrit dans la continuité d’une première mobilisation organisée en mars. Les organisateurs souhaitent voir les entreprises interrompre l’entraînement de nouveaux modèles tout en maintenant les systèmes déjà disponibles pour le public. Ils demandent également que les efforts de recherche se concentrent davantage sur la sécurité et l’alignement de l’intelligence artificielle.

Cette mobilisation a été coordonnée par Michaël Trazzi, ancien chercheur en intelligence artificielle. Selon lui, les objectifs du mouvement ont évolué au fil des derniers mois. Dans une déclaration attribuée à Decrypt, il explique avoir d’abord cherché à convaincre directement les dirigeants des grandes entreprises technologiques.

Au début de l’année, je me concentrais moins sur l’impact politique que sur la persuasion des PDG. Avec mes nombreux articles de blog et mes échanges avec l’un d’eux, je pense avoir revu ma position et être désormais plus à l’écoute. Je crois aussi que les manifestations sont utiles pour montrer que la population se soucie du problème.

Michaël Trazzi, ancien chercheur en intelligence artificielle. Source : Decrypt.

Désormais, il estime que les manifestations permettent aussi de montrer que ces préoccupations sont partagées par une partie de la population.

Les revendications dépassent aujourd’hui les seules questions liées aux risques techniques de l’IA. Les participants ont également mis en avant les inquiétudes concernant les pertes d’emplois, l’impact environnemental des infrastructures nécessaires au développement des modèles ainsi que la hausse du coût du logement à San Francisco. Ils ont enfin dénoncé l’influence croissante des grandes entreprises technologiques sur les choix économiques et politiques.

Un mouvement qui élargit progressivement ses soutiens

Les organisateurs indiquent que leur campagne se poursuit à travers des manifestations et des actions de sensibilisation. Après la mobilisation de mars, qui avait déjà réuni environ 200 personnes, le collectif affirme avoir reçu le soutien de nouvelles organisations. Cette dynamique encourage les responsables du mouvement à poursuivre leurs actions dans les prochains mois.

Michaël Trazzi s’est notamment félicité du soutien affiché par le National Union of Healthcare Workers, qui a relayé la manifestation sur ses réseaux sociaux. Il a également souligné la mobilisation rapide de plusieurs groupes de la région de San Francisco, dont AI Action, qui ont participé à l’organisation de l’événement. Il a enfin remercié QuitGPT pour son aide logistique durant la préparation de cette nouvelle marche.

J’ai été agréablement surpris par le soutien du NUHW, qui a relayé la manifestation sur ses réseaux sociaux, mais aussi par la rapidité avec laquelle d’autres groupes de la région de la baie de San Francisco, comme AI Action, se sont mobilisés pour collaborer avec nous. Je suis également très reconnaissant envers QuitGPT pour son aide dans l’organisation de cet événement.

Michaël Trazzi, ancien chercheur en intelligence artificielle. Source : Decrypt.

Les manifestants demandent désormais une pause internationale dans le développement des systèmes d’intelligence artificielle de pointe. En parallèle, ils invitent les responsables politiques à renforcer les règles de surveillance applicables aux modèles avancés. Leur objectif reste de mettre en place des garanties plus solides avant toute nouvelle accélération des recherches dans ce domaine.

OpenAI, Anthropic et Google DeepMind n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires adressées après la manifestation. Les entreprises n’ont donc pas réagi publiquement aux revendications formulées lors de cette mobilisation organisée à San Francisco.

Les inquiétudes sur l’IA restent au centre des débats

Cette nouvelle manifestation intervient alors que les questions liées à la sécurité de l’intelligence artificielle continuent d’occuper une place importante dans le débat public. Plusieurs événements récents ont entretenu ces discussions autour des risques potentiels associés aux systèmes les plus avancés.

En mai, OpenAI a annoncé l’ajout de nouvelles fonctions de sécurité à ChatGPT. Ces outils visent à mieux détecter les situations impliquant des risques d’automutilation ou de violence pendant les conversations. Cette évolution est intervenue alors que l’entreprise faisait face à des poursuites et à des enquêtes portant sur la gestion de certaines interactions jugées dangereuses.

Le mois suivant, l’administration Trump a demandé à Anthropic de suspendre l’accès à ses modèles Claude Fable 5 et Claude Mythos 5 en raison de risques potentiels liés à la cybersécurité. Plus récemment, un premier groupe d’experts scientifiques indépendants des Nations Unies consacré à l’intelligence artificielle a estimé que les chercheurs ne pouvaient pas exclure l’hypothèse de dommages catastrophiques. Selon ce groupe, le développement de cette technologie progresse actuellement plus vite que les connaissances scientifiques disponibles et que les mécanismes de contrôle gouvernementaux. Ces différents éléments alimentent les revendications exprimées lors de la manifestation organisée à San Francisco.

Les organisateurs prévoient de poursuivre leurs actions afin de défendre une pause internationale dans le développement des modèles d’intelligence artificielle les plus avancés. Les prochaines initiatives devraient également continuer à interpeller les législateurs sur la mise en place d’un cadre de surveillance plus strict. L’évolution de ce mouvement dépendra désormais de la réponse des entreprises concernées et des autorités publiques face aux demandes formulées lors des rassemblements à San Francisco.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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