Stablecoins : Les banques refusent tout compromis sur les rendements
Les stablecoins se retrouvent au centre d’un nouveau bras de fer entre banques communautaires et secteur crypto. Aujourd’hui, aux États-Unis, l’examen du CLARITY Act ravive l’opposition autour des rendements associés à ces actifs numériques. L’Independent Community Bankers of America demande une interdiction complète des récompenses liées à ces actifs. Sa dirigeante Rebeca Romero Rainey refuse l’idée d’un compromis sur cette question. En parallèle, les banques alertent sur un possible transfert massif des dépôts vers les actifs numériques, dans ce débat.

En bref
- Les banques communautaires américaines réclament l’interdiction totale des récompenses liées aux stablecoins.
- L’ICBA estime que jusqu’à 1 300 milliards de dollars de dépôts pourraient quitter le système bancaire.
- Selon l’association, cette fuite pourrait entraîner une baisse de 850 milliards de dollars des prêts locaux.
- Le désaccord sur les rendements complique désormais l’avancée du CLARITY Act au Sénat.
Les stablecoins ravivent le débat autour du CLARITY Act
Le CLARITY Act rencontre une nouvelle difficulté après un compromis entre acteurs crypto. Les discussions avaient permis de limiter les rémunérations liées aux stablecoins à certaines activités. Cependant, les banques communautaires contestent cette approche. Elles demandent que les récompenses soient entièrement encadrées avant toute avancée. Ce désaccord bloque encore le texte. Les banques veulent clarifier celle-ci.
L’Independent Community Bankers of America représente environ 5 000 banques communautaires américaines. L’association estime que le texte pourrait affecter leur fonctionnement et le crédit local. Cette demande élargit donc le conflit.
Rebeca Romero Rainey, dirigeante de l’ICBA, défend une position ferme. Dans un entretien à Banking Dive, elle estime que la faille autour des récompenses doit intégralement disparaître.
On entend toujours la même suggestion : « Comment satisfaire les deux parties sur ce sujet ? » Pour nous, cette faille doit entièrement être comblée. Il n’y a pas de compromis possible en matière de résolution.
Rebeca Romero Rainey, dirigeante de l’ICBA. Source : Banking Dive,
Selon elle, un compromis ne répond pas à la préoccupation principale. Cette position durcit donc le débat autour des stablecoins et complique la recherche d’un accord. Le risque financier structure leur argumentaire.
Les banques redoutent une fuite des dépôts
Pour l’ICBA, le principal risque concerne les dépôts détenus dans le système bancaire. Rebeca Romero Rainey estime que « 1 300 milliards de dollars pourraient rejoindre les stablecoins si le cadre législatif évoluait ». Selon son estimation, ce mouvement pourrait provoquer une baisse de 850 milliards de dollars des prêts locaux. Cette crainte pèse désormais dans les discussions.
La dirigeante de l’ICBA souligne aussi l’absence de garantie concernant un retour de ces fonds vers les communautés locales. Elle considère que les cryptomonnaies ne remplaceraient pas automatiquement les dépôts perdus par les banques. L’association demande donc une prise en compte de ce risque. Les sénateurs concernés renforcent cette opposition.
Rien ne permet d’affirmer que les cryptomonnaies remplaceraient ces dépôts et les réinvestiraient dans les communautés locales. C’est ce qui a retenu l’attention de plusieurs sénateurs. Si les données indiquent, notamment dans nos nombreuses zones rurales, que nous n’aurons pas d’alternative à ce capital, il est impératif de trouver une solution.
Rebeca Romero Rainey, dirigeante de l’ICBA. Source : Banking Dive,
Cette inquiétude a déjà trouvé un écho politique. Les banques communautaires auraient convaincu Josh Hawley et Jerry Moran de s’opposer au CLARITY Act dans sa forme actuelle. La question des rendements dépasse ainsi le seul secteur bancaire. Le débat reste donc particulièrement sensible.
Un vote sous pression et des positions opposées
Rebeca Romero Rainey critique également un rapport du Conseil des conseillers économiques de la Maison Blanche. Intitulé « Effets de l’interdiction des rendements des stablecoins sur les prêts bancaires », ce document minimise selon elle les craintes liées à une fuite des dépôts. Elle estime que certaines analyses ne prennent pas assez en compte les changements possibles après l’adoption de la loi. Elle maintient que les conséquences pourraient différer. Cette divergence fragilise encore le calendrier parlementaire.
Le Sénat se réunira le 15 septembre pour voter sur le CLARITY Act. Toutefois, il semble peu probable qu’au moins 60 sénateurs acceptent de faire avancer le texte. Sans ce soutien, le projet pourrait être abandonné. Chaque camp défend ici ses intérêts.
La suite dépend donc de la capacité des différents acteurs à résoudre ce désaccord. Les banques communautaires réclament une interdiction totale des récompenses liées aux stablecoins. Un compromis avait émergé autour d’une limitation des rémunérations à certaines activités. Le débat porte donc sur l’innovation numérique, les dépôts et le financement local.
Les prochaines étapes montreront si cette opposition peut évoluer avant l’examen du texte. La protection des dépôts reste au cœur du dossier bancaire. Pour le secteur crypto, la formulation retenue déterminera les conditions applicables aux stablecoins.
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Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.
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