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Bitcoin (BTC) - La réélection de Macron pointe vers la guerre et l'hyperinflation

ven 29 Avr 2022 ▪ 16h30 ▪ 11 min de lecture - par Nicolas Teterel

Après le gel des réserves de change et la déconnexion des banques russes du réseau SWIFT, la réélection du poulain des Rothschild et du World Economic Forum laisse craindre un embargo sur le gaz russe. La tournure des événements est malheureusement de bon augure pour le bitcoin.

Le petit Napoléon

Réélu avec 58,5 % des suffrages, Emmanuel Macron a obtenu 2 millions de voix de moins qu’en 2017. Tout compris (abstention et votes blancs), E. Macron s’affiche comme le président ayant suscité le moins d’enthousiasme de toute l’histoire de la cinquième république.

Le Mozart de la finance (600 milliards d’euros de dette en 5 ans) a profité du soutien du président ukrainien, la nouvelle égérie des médias et de ceux qui semblent vouloir se voiler la face quant aux réalités physiques de l’approvisionnement en énergie de l’UE.

M. Zelensky a pesé dans la balance via un « témoignage exceptionnel » juste avant le second tour. L’ancien comédien avait même avoué quelques semaines auparavant que le président français était son premier interlocuteur étranger, présentant ainsi Emmanuel Macron en sauveur de la nation ukrainienne.

Mais la propagande ne disait pas que cette réélection promet un pourrissement de la situation face à la première puissance nucléaire mondiale. Et donc une inflation à deux chiffres, voire pire :

« Je voudrais souligner une fois de plus que si quelqu’un a l’intention d’interférer dans les événements qui se déroulent en Ukraine et crée des menaces de nature stratégique inacceptables pour la #Russie, il doit savoir que nos représailles seront rapides comme l’éclair (référence à peine voilée à l’arme nucléaire) ».

Apparemment peu satisfait du statu quo en France, Moscou a lancé quelques heures plus tard les premières frappes ciblées contre des infrastructures civiles. Six gares ferroviaires ont été touchées afin d’empêcher les livraisons d’armes et de munitions fournies par l’OTAN.

En réponse, le président américain a jeté de l’huile sur le feu en demandant au Congrès de débloquer 30 milliards de dollars pour armer Kyiv…

L’argent, le nerf de la guerre

Le locataire de l’unique bouton nucléaire européen étant reconduit, tout porte à croire que l’Union européenne va se saborder en réduisant au maximum ses importations d’énergie russe. L’un dans l’autre, il n’était de toute façon pas certain que l’UE puisse se l’offrir beaucoup plus longtemps.

Les caisses sont vides et le fait que la banque centrale européenne fasse tourner la planche à billets depuis sept ans en est la preuve flagrante. Et si l’OTAN avait justement poussé la Russie dans ses derniers retranchements pour pouvoir geler ses 300 milliards de dollars/euros de réserves. Tel était très probablement l’un des objectifs de ce conflit voulu de longue date. Ou comment passer pour un sauveur plutôt qu’un voleur.

Pour rappel, les provocations de l’occident furent :

  • Le non-respect des accords de Minsk ;
  • L’intensification des bombardements dans le Donbas ;
  • Le financement par le Pentagon (et le fils du président Biden) de deux dizaines de laboratoires militaires biologiques en Ukraine ;
  • Les demandes insistantes du président Zelensky à rejoindre l’OTAN et sa menace de se doter de l’arme nucléaire (qu’elle possédait jusqu’en 1996).

N’oublions pas non plus de rappeler que ce conflit tire ses racines dans le coup d’État de 2014, organisé encore et toujours par… Washington.

Et puis, rappelons en passant qu’Américains et Russes s’affrontaient jusqu’à présent en Syrie, là où se trouve la seule base navale militaire étrangère russe. Encore une histoire de gazoducs…

Inflation ou hyperinflation ?

Voici l’analyse de Sergey Glazyev, membre de l’Académie des sciences russe, ancien conseiller du Kremlin de 2012 à 2019 et, depuis trois ans, ministre chargé de la très stratégique intégration de l’Union économique eurasienne (UEE) :

« Dans un accès d’hystérie russophobe, l’élite dirigeante des États-Unis a joué son dernier “atout” dans sa guerre hybride contre la Russie. En “gelant” les réserves de change russes, les États-Unis, l’UE et le Royaume-Uni ont ébranlé le statut du dollar, de l’euro et de la livre en tant que monnaies de réserve internationales. Cette mesure a fortement accéléré le démantèlement de l’ordre mondial fondé sur le dollar ».

Le Kremlin a prévenu l’Europe que le gaz cessera de couler s’il n’est pas payé en rouble. L’Allemagne a d’abord refusé, avant d’accepter d’une manière détournée. Reuters titrait en effet le 22 avril : « L’UE a trouvé le moyen de payer pour le gaz russe sans enfreindre ses sanctions ». Concrètement, les compagnies énergétiques européennes payeront en euros qui seront toutefois immédiatement convertis en rouble au lieu d’être investis dans la dette européenne.

En attendant que tout cela se décante, ce qui devait arriver arriva. La Russie a coupé le gaz aux Polonais ainsi qu’aux Bulgares qui refusent de payer en rouble. Si la Russie coupe l’approvisionnement allemand via le pipeline Northstream I, les lignes de production devront tôt ou tard s’arrêter malgré les réserves stratégiques.

Par ricochet, c’est toute l’industrie européenne qui s’arrêtera avec un énième choc inflationniste à la clé…

D’après Bloomberg, quatre acheteurs européens de gaz ont déjà accepté de payer en roubles. Selon une source proche du géant gazier russe Gazprom, six autres acheteurs auraient également ouvert un compte auprès de Gazprombank.

« Le rouble est au plus haut contre l’euro depuis presque deux ans. Comme la devise d’un pays reflète sa force dans le commerce mondial, entre autres, ce taux de change montre que les sanctions échouent lamentablement. »

La fin de l’hégémonie monétaire occidentale

Que ce soit via un arrêt brusque des exportations d’énergie russe vers l’Europe, ou bien une dépréciation plus graduelle de l’euro face au rouble, le résultat sera le même. Le vieux continent entre dans une ère extrêmement inflationniste.

Il est même fort probable que nous vivons les prémices de la fin de la domination occidentale sur le monde. Sergey Glazyev n’a pas dit autre chose dans son interview avec le journaliste Pepe Escobar :

« Actuellement, les États-Unis se battent pour maintenir leur domination. Mais tout comme la Grande-Bretagne qui a provoqué deux guerres mondiales sans réussir à conserver son empire (en raison de l’obsolescence de son système économique colonial), cette tentative sera vouée à l’échec. Nous sommes au bord d’une désintégration imminente du système économique mondial basé sur le dollar grâce auquel les États-Unis (et l’UE) ont pu asseoir leur domination. Le système financier mondial actuel, centré sur le dollar, sera remplacé par un nouveau système, fondé sur un consensus des pays qui rejoindront le nouvel ordre économique mondial. »

Pour Sergey Glazyev, les prix ne seront bientôt plus libellés en dollar. « Après le “gel” des réserves de la Russie en dollars, en euros, en livres et en yens, il est peu probable qu’un pays souverain continue d’en accumuler », a-t-il déclaré. « Les monnaies nationales et l’or vont s’y substituer ».

La transition impliquera de nouveaux mécanismes de fixation des prix excluant le dollar. A noter que le yuan ne devrait pas prendre la place des monnaies « traîtresses comme le dollar, la livre, l’euro et le yen », en raison de son « inconvertibilité et de l’accès restreint aux marchés de capitaux chinois ».

Bitcoin en monnaie de réserve internationale

Pour le ministre, « l’utilisation de l’or pour libeller les prix est limitée par le fait que l’or n’est pas pratique pour réaliser des paiements ».

« Le nouvel ordre monétaire impliquera la création d’une nouvelle monnaie de paiement numérique fondée sur un accord international reposant sur des principes de transparence et d’équité […] », a-t-il lancé.

Idéalement, cette monnaie numérique reposerait sur « un panier de réserves monétaires des pays des BRICS ainsi qu’un indice des prix des principales matières premières : or et autres métaux précieux, principaux métaux industriels, hydrocarbures, céréales, sucre, ainsi que l’eau et autres ressources naturelles ».

Une belle usine à gaz alors que nous avons déjà à disposition le bitcoin. Le parlement russe étudie d’ailleurs la question et il se murmure que le bitcoin se verra bientôt offrir le statut de monnaie étrangère. La banque centrale russe est de surcroît sur le point d’autoriser les échanges de BTC sur la bourse moscovite.

Certes, le BTC est encore trop volatil pour servir de monnaie de référence, mais il peut parfaitement remplacer le dollar en tant que monnaie de réserve de long terme pour les pays qui affichent une balance commerciale régulièrement excédentaire.

Cela étant dit, la volatilité ira en diminuant maintenant que les investisseurs institutionnels affinent leurs modèles de valorisation du bitcoin. A ce propos propos, ne manquez pas notre article sur le modèle de prédiction du prix du bitcoin de Fidelity (basé sur la loi de Metcalfe).

Les déséquilibres commerciaux mènent tôt ou tard à la guerre. Toutes les guerres de ces deux dernières décennies, y compris celle d’Ukraine, sont directement liées à la question de savoir dans quelle monnaie sont payées l’énergie et les matières premières.

Il est temps que le monde adopte le bitcoin, une monnaie apatride et absolument anti-inflationniste. Le système monétaire international doit être égalitaire si nous voulons éviter l’hyperinflation et une guerre mondiale.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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