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Le Salvador accueille le Bretton Woods du bitcoin (BTC)

mar 17 Mai 2022 ▪ 9h30 ▪ 5 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le président du Salvador, premier pays ayant adopté le bitcoin comme monnaie officielle, vient d’annoncer qu’il accueillera 44 pays pour parler bitcoin. Soit le même nombre de pays qui avaient participé à la conférence de Bretton Woods en 1944…

Les non-alignés plongent dans le rabbit hole

Le tweet du président Bukele vient confirmer la rumeur qui s’était répandue suite à un autre tweet de @BitcoinBeach :

« Demain, 44 pays se rencontreront au Salvador pour discuter de l’inclusion financière, de l’économie numérique, de la façon de bancariser ceux qui ne le sont pas encore, du bitcoin et de ses bénéfices dans notre pays. »

Le président a révélé la liste des banques centrales et autres représentants des pays qui y participeront :

  • Nigeria
  • Égypte
  • Bangladesh
  • Pakistan
  • Ghana
  • Angola
  • Maroc
  • Jordanie
  • Ouganda
  • Paraguay
  • Népal
  • Honduras
  • Guinée
  • Madagascar
  • Haïti
  • Congo
  • Namibie
  • Rwanda
  • Burundi
  • Gambie
  • Mauritanie
  • Arménie
  • Mongolie
  • Eswatini
  • São Tomé et Príncipe
  • Mozambique
  • Maldives
  • Sénégal
  • Costa Rica
  • Équateur
  • Kenya
  • Sierra Leon
  • Lesotho
  • Liberia
  • Soudan
  • Zambie
  • Palestine
  • Malawi

Les PIB de l’ensemble de ces pays pèsent environ 2 370 milliards de dollars, soit un peu moins que le PIB de l’Inde (un peu moins de 3 % du PIB mondial). La population représente toutefois plus d’un milliard de personnes, soit 1/8 de l’humanité.

Il s’agit là probablement de l’annonce que le président salvadorien comptait faire lors de la conférence Bitcoin de Miami à laquelle il n’a pas pu participer à cause d’un regain de criminalité dans son pays.

Le Bretton Woods des pays en développement ?

Réussir à rassembler 44 pays pour discuter des bienfaits du bitcoin est loin d’être anodin. Bien que le poids économique de ces pays soit relativement modeste, un tel engouement pourrait rapidement faire effet boule de neige.

L’Égypte et le Pakistan (puissance nucléaire) ont par exemple beaucoup d’influence au Moyen-Orient, là où se trouvent les plus grandes réserves énergétiques mondiales.

Les voix du Nigeria, du Ghana, du Kenya et du Sénégal pèsent également lourd en Afrique où de nombreux pays ne rêvent que d’une chose : s’émanciper du franc CFA…

« Il y a 15 pays en Afrique qui utilisent le franc colonial français, le CFA. Ils utilisent une monnaie créée et contrôlée par la France. Les gens qui ont construit ce système ne veulent absolument pas qu’il soit supprimé. Le bitcoin est l’alternative. »

Ce rassemblement est d’autant plus important que le monde s’est rendu compte ces dernières semaines que les États-Unis et l’Europe n’hésiteront pas à voler les réserves de change en cas de non-alignement sur la politique étrangère de l’OTAN. La Russie vient d’en faire les frais pour 300 milliards de dollars.

Il s’agit là d’un chantage auquel sont soumis 79 % des réserves de change mondiales (59 % sont libellées en dollars [7 080 milliards $] et 20 % en euros [2480 milliards €]).

Le fait est que toutes les banques centrales sont obligées d’accumuler des billets verts pour acheter l’incontournable pétrole qui se trouve être vendu exclusivement en dollar. C’est le fameux système du pétrodollar que l’empire américain protège de la pointe de l’épée.

Convertir ces réserves de change en bitcoin mettrait fin au fameux « privilège exorbitant » qui est in fine une aide inversée en faveur des États-Unis. Cela permettrait également aux nations de regagner leur souveraineté puisqu’aucun pays ne peut « geler » les BTC de son voisin.

Par ailleurs, le taux d’inflation de l’euro et du dollar ne sont plus ce qu’ils étaient. La valeur de ces réserves de change est en train de fondre comme neige au soleil. Même l’allié saoudien envisage désormais de vendre son pétrole en yuan.

Enfin, notons que nombre de ces pays pauvres comptent sur leur diaspora pour soutenir les familles restées au pays. On parle de « remittances » en anglais. L’Égypte, le Nigeria et le Pakistan reçoivent par exemple collectivement 60 milliards de dollars depuis l’étranger chaque année.

Autant d’argent qui pourrait abonder dans le bitcoin tous les ans si ces pays venaient à suivre l’exemple du Salvador qui se sert du bitcoin pour empêcher que des firmes comme Western Union se sucrent au passage. Plus rien ne semble pouvoir arrêter le bitcoin.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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