Un vol de cryptos secoue les services fédéraux américains
Rien ne semble plus pouvoir freiner les hackers, pas même les murs blindés des institutions publiques ni les sanctions les plus sévères. Dans un monde où les données valent de l’or, les cryptos deviennent la nouvelle cible des esprits les plus audacieux. Et cette fois, l’attaque n’est pas venue de l’extérieur. Selon une enquête de ZachXBT, un vol retentissant aurait visé des portefeuilles fédéraux américains, exposant un scandale à la croisée du pouvoir, de la finance et du cybercrime.

En bref
- Le hacker « Lick » aurait volé plus de 40 millions en crypto depuis des portefeuilles fédéraux américains.
- L’enquête de ZachXBT lie ces fonds à un contrat public attribué à la société CMDSS.
- Des transactions liées au hack de Bitfinex en 2016 ont révélé les adresses gouvernementales compromises.
- Les critiques accusent CMDSS d’un manque de licence et d’un conflit d’intérêt interne inquiétant.
Le hack venu de l’intérieur : le fils du gardien pris la main dans le sac
C’est loin d’être Lazarus Group, mais c’est un scénario que même Hollywood n’aurait pas osé imaginer. L’auteur présumé du vol de plusieurs dizaines de millions de dollars en cryptos appartenant au gouvernement américain ne serait autre que le fils du PDG d’une société sous contrat avec les services fédéraux. Selon l’enquête du détective on-chain ZachXBT, l’individu, connu en ligne sous le pseudonyme « Lick », aurait subtilisé plus de 40 millions de dollars issus de portefeuilles gérés pour le compte de l’État.
L’affaire éclate après une scène ubuesque diffusée sur Telegram : un concours d’ego, un « band-for-band », où deux cybercriminels exhibent leurs richesses. Dans une séquence enregistrée, « Lick » partage son écran, révélant un wallet crypto Exodus contenant plusieurs millions de dollars. En retraçant les flux, ZachXBT découvre que les fonds proviennent d’une adresse gouvernementale liée à la saisie du hack de Bitfinex (2016).
Le plus troublant ? Le père du suspect, Dean Daghita, dirige Command Services & Support (CMDSS), une société sous contrat avec le U.S. Marshals Service, chargée de la garde des cryptos saisies. Un comble.
L’enregistrement montre clairement que John contrôle les deux adresses. D’autres adresses peuvent probablement être identifiées dans les enregistrements.
ZachXBT
Washington embarrassée : la garde crypto du gouvernement fragilisée
Au-delà du hack lui-même, c’est la crédibilité du système de gestion des actifs numériques fédéraux qui s’effondre. CMDSS avait décroché un contrat clé en octobre 2024 pour gérer les cryptos « non mainstream », celles qui ne sont pas hébergées sur des plateformes d’échange centralisées. Mais dès le départ, des voix s’étaient élevées. Wave Digital Assets, un concurrent écarté, avait dénoncé l’absence de licence financière de CMDSS et pointé un possible conflit d’intérêt : un ex-agent du U.S. Marshals Service aurait rejoint l’entreprise.
Les inquiétudes étaient justifiées. ZachXBT retrace aujourd’hui une série de transactions interconnectées totalisant plus de 90 millions de dollars, certaines en lien avec les portefeuilles de saisie officiels.
Les conséquences pourraient être lourdes : perte de confiance institutionnelle, retards dans les ventes de cryptos saisies, voire sanctions internes.
Le célèbre analyste résume d’ailleurs la gravité du moment :
Les auteurs de ces attaques continuent de se vanter de leurs fonds volés dans des enregistrements divulgués, au lieu de simplement rester silencieux après un vol présumé contre le gouvernement américain.
Blockchain, ego et bêtise : le hack de trop pour la crypto-sphère
L’affaire Daghita met en lumière un paradoxe fascinant : dans un univers où chaque transaction est gravée dans la blockchain, les hackers continuent de s’auto-pièger par pure vanité.
C’est cette transparence absolue qui a permis à ZachXBT de reconstituer le puzzle. En reliant les adresses 0xd8bc, 0x8924 et 0xc7a2, il a remonté le fil jusqu’aux portefeuilles gouvernementaux. Le tout grâce à un simple enregistrement de discussion.
Au-delà de l’aspect judiciaire, l’affaire questionne la sécurité des infrastructures publiques liées à la crypto. Si un fils de prestataire peut accéder à des portefeuilles fédéraux, c’est tout un modèle de confiance qui vacille.
Et les investisseurs crypto le savent : un tel scandale peut provoquer des ventes massives et faire trembler les marchés déjà fragiles.
Les chiffres qui font froid dans le dos
- 40 millions de dollars : montant estimé du vol depuis les portefeuilles fédéraux ;
- 90 millions de dollars : flux suspects retracés sur la blockchain ;
- 24,9 millions : somme transférée depuis une adresse gouvernementale liée au hack de Bitfinex ;
- Octobre 2024 : date d’attribution du contrat à CMDSS par le U.S. Marshals Service ;
- 2026 : année où l’affaire éclate publiquement via le thread de ZachXBT.
Le scandale Daghita révèle les failles béantes d’une sécurité crypto encore perfectible, même au sein des institutions les plus puissantes. Et pendant que le gouvernement américain tente de colmater les brèches, une menace d’un autre genre s’avance : celle des ordinateurs quantiques. Vitalik Buterin lui-même l’a reconnu, Ethereum pourrait être frappé avant 2028.
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