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Une étude de la BIS remet en question certaines métriques onchain de Bitcoin

10h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Les données inscrites sur les blockchains donnent souvent l’impression d’offrir une lecture précise des flux financiers. Pourtant, une étude de la Banque des règlements internationaux (BRI) montre que certaines métriques peuvent varier selon la méthode utilisée. Pour le bitcoin, les chercheurs ont relevé un écart pouvant atteindre six fois dans l’estimation de la valeur des transferts effectués sur la blockchain. Cette différence ne concerne pas les échanges réalisés sur les plateformes, mais bien l’interprétation des transactions inscrites directement sur le réseau.

Illustration d’un analyste examinant les métriques onchain de Bitcoin sur un écran affichant des données blockchain.

En bref

  • La BRI révèle que les estimations des transferts onchain peuvent varier jusqu’à six fois selon la méthode utilisée.
  • Les rendus de monnaie dans les transactions compliquent l’interprétation des flux réellement envoyés à des tiers.
  • La capitalisation boursière conventionnelle peut atteindre quatre fois la capitalisation réalisée.
  • L’étude appelle à considérer les métriques onchain comme des approximations plutôt que comme des mesures directes.

Des transferts difficiles à mesurer précisément

L’étude de la BRI met d’abord en évidence les limites liées à la structure des transactions bitcoin. Lorsqu’un utilisateur dépense des fonds, la partie non utilisée peut revenir vers sa propre adresse sous forme de monnaie. Cette sortie peut alors apparaître comme un transfert, alors qu’elle ne correspond pas à un paiement destiné à un tiers. La valeur calculée dépend donc du traitement de ces mouvements.

Selon l’analyse des chercheurs, ces choix méthodologiques peuvent provoquer des écarts considérables entre différentes estimations. Dans certains cas, la valeur des transferts bitcoin sur la blockchain varie jusqu’à six fois selon la méthode retenue. Cette différence concerne les flux on-chain. La donnée brute reste identique, mais son interprétation change selon les règles.

Graphique comparant le volume des données enregistrées sur Bitcoin, Ethereum et Tron, entre couche de base et contrats intelligents.
Répartition des enregistrements blockchain analysés dans l’étude de la BIS. Source : BIS

La BRI souligne aussi ici que plusieurs indicateurs donnent parfois une impression de précision supérieure à celle permise par les données. Les volumes de transactions, la capitalisation boursière et la valeur totale bloquée présentent ainsi des limites d’interprétation. Les chercheurs considèrent les métriques on-chain comme des approximations. Cette distinction compte pour analyser les usages réels d’un réseau.

La capitalisation présente aussi une différence

Le problème ne concerne pas uniquement les transferts bitcoin. L’étude relève aussi un écart entre la capitalisation boursière conventionnelle et la capitalisation réalisée. Cette dernière valorise chaque unité selon son dernier prix de transaction, tandis que la mesure conventionnelle repose sur une autre approche. La capitalisation conventionnelle a parfois atteint quatre fois la capitalisation réalisée.

Ces résultats proviennent d’une analyse portant sur 100 milliards d’enregistrements de blockchain issus de Bitcoin, Ethereum et Tron. L’échantillon montre que ces difficultés concernent plus largement les données produites par différents réseaux étudiés. Par conséquent, la comparaison entre indicateurs nécessite de tenir compte de leur méthode de construction.

Ethereum ajoute une difficulté avec la multiplication des contrats intelligents. Sur environ 67,5 millions de contrats actifs examinés, près de 54 millions n’ont pas pu être catégorisés selon les critères retenus par l’étude. Cette situation complique l’interprétation de l’activité blockchain. Les chercheurs observent ainsi des défis similaires pour Bitcoin dans plusieurs segments de l’écosystème crypto.

Les stablecoins illustrent les limites des données brutes

L’analyse de l’USDT montre pourquoi une même donnée peut cacher des usages économiques différents. Sur Ethereum, l’USDT apparaît davantage lié à la finance décentralisée, tandis que celui présent sur Tron est davantage associé aux paiements et à la réserve de valeur. Les avoirs détenus dans les contrats intelligents renforcent cette différence. Sur Ethereum, leur part a dépassé 20 % en 2022, contre environ 1 % sur Tron.

Pour les chercheurs, agréger l’activité de Bitcoin et de l’USDT entre plusieurs blockchains peut masquer ces différences d’usage. Une même métrique globale peut réunir des opérations liées à la DeFi, aux paiements ou à la conservation de valeur. L’étude invite à regarder le contexte de chaque transaction. Cette approche distingue mieux activité technique et activité économique.

Certains outils appliquent déjà cette séparation. Visa, avec son tableau de bord Onchain Analytics alimenté par Allium Labs, présente des volumes de transactions en stablecoins sous deux formes. Le volume ajusté réduit certaines distorsions, notamment les bots, le trading haute fréquence, les ponts et les opérations internes. Le tableau de bord affiche actuellement 6 400 milliards de dollars de transactions suivies sur 30 jours, contre 313,1 milliards après ajustement.

À court terme, l’étude pourrait renforcer l’attention portée aux méthodes de calcul des données blockchain. Les métriques on-chain resteront utiles, mais leur portée dépendra du traitement appliqué aux transactions. Pour le bitcoin, distinguer mouvements techniques et transferts économiques pourrait rester central.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.