Vitalik Buterin conteste le scénario d’un krach de 50 % du Bitcoin lié à l’IA
Vitalik Buterin estime que la sécurité du bitcoin va résister aux progrès de l’intelligence artificielle. Toutefois, le cofondateur d’Ethereum n’a pas engagé 90 % de sa fortune dans un nouveau pari, car il pense que ses avoirs crypto l’exposent déjà à un tel scénario.

En bref
- Le pari de Liron Shapira sur une chute du Bitcoin face à l’IA.
- Vitalik Buterin relativise les risques pour la sécurité du réseau.
- Les failles logicielles face aux risques cryptographiques.
- Pourquoi 90 % de la fortune de Buterin est déjà exposée aux cryptos.
- La capacité des blockchains à s’adapter aux progrès de l’IA.
Un pari sans contrat ni mise supplémentaire
Ce 6 septembre, l’investisseur Liron Shapira a précisé que l’IA fragiliserait les garanties de la sécurité prêtées au bitcoin. Il donne une probabilité de 50 % à une baisse du BTC supérieure à 50 % au prix des deux prochaines années.
Il écrit donc sur le réseau social X :
J’affirme, avec 50 % de confiance, que le prix du BTC s’effondrera de 50 % ou plus dans les deux prochaines années, car l’IA sapera ce que les gens imaginaient être ses garanties de sécurité ou de robustesse.
Vitalik Buterin s’est publiquement opposé à cette prévision. Il n’a néanmoins conclu aucun pari formel avec Shapira et n’a pas transféré de fonds vers un contrat ou un marché de prédiction.
Quatre principaux éléments résument leur désaccord :
- Shapira attribue une probabilité de 50 % à son scénario ;
- Il prévoit une baisse du bitcoin supérieure à 50 % avant septembre 2028 ;
- Buterin juge minime le risque d’une rupture des fonctions de hachage ou de la preuve de travail ;
- Les 90 % correspondent à la part approximative de son patrimoine déjà exposée aux cryptos.
Ce 7 septembre, avec un bitcoin proche de 79500 dollars, la concrétisation du scénario prédit par Shapira pourrait nécessiter un passage sous environ 39750 dollars. Un tel seuil résulte d’un simple calcule sur la base du cours actuel, et non d’un objectif technique préétabli par le marché.
Buterin distingue les failles logicielles de la cryptographie
La sécurité du bitcoin ne repose pas sur un mécanisme unique. En effet, le réseau associe notamment la fonction de hachage SHA-256, la preuve de travail, les logiciels exécutés par les nœuds de même que l’infrastructure des pools de mining.
D’après Buterin, l’IA faciliterait la découverte de failles au niveau des clients, dans les systèmes pair à pair ou au niveau des infrastructures des sociétés de mining. Toutefois, ces problèmes pourraient être corrigés par l’intermédiaire de mises à jour coordonnées entre les développeurs et les opérateurs, sans pour autant changer les règles fondamentales du protocole.
Ainsi, une rupture de SHA-256 pourrait poser un problème plus profond. Une modification de cette fonction pourrait probablement exiger un changement majeur au niveau du protocole et un large accord social entre ceux qui participent à la progression et la sécurité de la blockchain.
Vitalik Buterin souligne donc : « je suis plutôt optimiste quant à la cybersécurité à long terme. Je considère que le principal problème consiste à réussir la transition ».
Il pense aussi que « la probabilité de véritables ruptures des fonctions de hachage ou de la preuve de travail est minime ». Sa posture ne revient donc pas à nier tous les risques relatifs à l’IA. Elle se fonde sur l’idée que le bitcoin corriger la majorité des vulnérabilités avant qu’elles ne compromettent durablement le réseau.
Les 90 % concernent surtout ses avoirs en ether
La formule du « pari à 90 % » peut induire en erreur. C’est pourquoi Buterin explique clairement que ses investissements actuels représentent déjà une prise de position contre le scénario de Shapira.
Il a donc précisé : « je proposerais bien un pari, mais compte tenu de mes avoirs, je prends déjà essentiellement ce pari avec environ 90 % de ma fortune ».
Une grande partie de son patrimoine identifié est composée d’Ether. Arkham Intelligence évaluait ses avoirs crypto connus à près de 559 millions de dollars en fin août, donc près de 224000 Ethers. Cette estimation demeure incomplète, car elle repose sur les adresses publiques attribuées à Buterin et ne permet pas de connaitre l’intégralité de son patrimoine.
Son argumentaire va également au-delà de la sécurité exclusive du bitcoin. Une évolution de l’IA capable de casser des primitives cryptographiques primordiales pourrait menacer aussi Ethereum et de nombreux autres systèmes numériques. Ses avoirs en Ether pourraient donc probablement perdre une partie importante de leur valeur dans un tel scénario.
Les propos de Buterin constituent une marque de confiance dans la capacité d’adaptation des blockchains, pas un investissement supplémentaire de plusieurs centaines de millions de dollars. Ainsi, le principal débat porte sur la vitesse à laquelle les réseaux migreraient vers de nouvelles protections si l’IA dévoilait une vulnérabilité majeure.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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