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Vitalik prépare Ethereum aux signatures post-quantiques

11h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Grâce à l’EIP-8288, la cryptographie d’Ethereum coécrite par Vitalik Buterin et Thomas Coratger pourrait devenir moins coûteuse. Ce texte devra regrouper les signatures post-quantiques et les preuves STARK, toutefois il demeure encore au stade de brouillon.

Dans un immense atelier technologique, Vitalik Buterin travaille directement sur un gigantesque noyau Ethereum suspendu devant lui. Avec une expression extrêmement concentrée, il fixe autour du symbole Ethereum plusieurs plaques de blindage cryptographiques faites de motifs géométriques complexes, comme s’il modernisait une armure.

En bref

  • L’EIP-8288 veut réduire le coût de la cryptographie avancée sur Ethereum.
  • Une preuve STARK agrégée remplacerait des milliers de vérifications individuelles.
  • Les signatures post-quantiques pourraient devenir moins coûteuses à vérifier.
  • Le système ouvrirait aussi la voie à de nouveaux usages de confidentialité.
  • L’EIP-8288 reste au stade de brouillon, sans calendrier de déploiement confirmé.

Une preuve remplacerait des milliers de vérifications

Les signatures qui résistent aux ordinateurs quantiques demeurent trop lourdes pour Ethereum. Ainsi, les modèles étudiés occupent environ 2 à 3 Ko et nécessitent entre 150000 et 200000 unités de gas par vérification.

Les preuves STARK posent une difficulté encore plus importante. En effet, leur taille va au-delà de 128 ko et peut avoisiner 512 ko si leur création doit demeurer rapide. Une vérification directe sur Ethereum coûterait alors plusieurs millions d’unités de gas.

L’EIP-8288 offre donc de remplacer chaque preuve complète par une dépendance cryptographique plus légère. Son fonctionnement pourrait reposer sur quatre phases principales :

  • La transaction déclare une affirmation, comme la validité d’une signature ;
  • Un utilisateur transmet la preuve correspondante aux nœuds du mempool ;
  • Les nœuds regroupent les preuves dans un STARK récursif commun ;
  • Le bloc contient une seule preuve agrégée et une balise de 96 octets par dépendance.

Les nœuds du mempool produirait un nouvel agrégat chaque seconde. Ensuite, le constructeur du bloc pourrait réunir ces paquets dans une preuve finale, enregistrée dans l’en-tête du bloc.

Le volume relié aux STARK demeurerait proche de 256 ko par intervalle d’agrégation, peu importe le nombre de preuves regroupées. Toutefois, les transactions pourraient continuer à circuler séparément sur le réseau.

L’opération ne supprime donc pas le coût cryptographique. Elle déplace une grande partie du travail hors de la blockchain, puis impose au réseau de vérifier une seule preuve commune.

La cryptographie Ethereum gagnerait quatre usages

Dans cette architecture, Vitalik Buterin voit d’abord un moyen de diminuer le coût des signatures post-quantiques. Ethereum intégrerait ainsi des mécanismes basés sur leanSPHINCS sans le stockage de chaque signature complète dans un bloc.

Les protocoles de confidentialité sont concernés par le deuxième usage. Ainsi, les utilisateurs prouveraient la validité d’une opération sans dévoiler toutes les informations qui la composent. Le regroupement diminuerait alors les frais liés aux preuve STARK.

L’EIP-8288 pourrait permettre également l’intégration de nouveaux systèmes de signatures ou de preuves. Un utilisateur envelopperait un mécanisme cryptographique dans un STARK compatible sans imposer son format complet au protocole.

Buterin évoque enfin une « abstraction de compte privée ». Un utilisateur modifierait l propriétaire de diverses positions on-chain dans une transaction, sans dévoiler publiquement les actifs déplacés.

Une telle fonctionnalité faciliterait la récupération d’un portefeuille ou la rotation d’une clé compromise. Toutefois, elle ne pourrait protéger immédiatement tous les comptes Ethereum contre les ordinateurs quantiques.

Les portefeuilles et les applications devraient adopter les nouvelles signatures. L’EIP-8288 propose seulement l’infrastructure utile pour les vérifier à moindre coût.

Cependant, le système exige également un environnement commun pour l’écriture et le contrôle des preuves. D’après les informations fournies, Buterin présente RISC-V comme le principal candidat pour remplir ce rôle.

Aucun déploiement n’est encore programmé

Le 3 juin 2026, Vitalik Buterin et Thomas Coratger ont créé l’EIP-8288. Cette proposition dépend notamment de l’EIP-8141, qui introduit les transactions composées de divers cadres d’exécution.

Le document conserve le statut de brouillon. Sa clé de vérification agrégée demeure à définir, alors que la section destinée à l’implémentation de référence indique encore « à déterminer ».

Son activation pourrait modifier aussi les règles de consensus. Les anciens nœuds rejetteraient les transactions et les blocs qui utilisent ce nouveau format. Ethereum intégrerait donc l’EIP-8288 dans la mise à niveau du réseau.

Buterin espère une inclusion dans « I-star », qu’il décrit comme « le fork après Hegota ». Cette déclaration représente une préférence technique, pas un calendrier de déploiement confirmé.

De nombreux risques restent à résoudre. La sécurité va dépendre de la fiabilité des circuits Lean Ethereum, de la fonction de hachage et de la récursion des STARK. Dès lors, les développeurs devront également limiter les attaques par déni de service.

L’EIP projette déjà un maximum de 16 signatures leanSPHINCS et d’une preuve leanSTARK par transaction. Ces paramètres peuvent encore évoluer au cours des discussions et des tests.

L’EIP 8288 ouvrirait donc une nouvelle étape pour la cryptographie d’Ethereum. Son adoption nécessitera néanmoins une implémentation fonctionnelle, des audits et un accord des développeurs avant toute activation.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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