-295 % d'installs ChatGPT, 600 employés Google en révolte : Les accords IA-Pentagone sèment le doute
Les accords entre les géants américains de l’IA et le Pentagone ne provoquent plus seulement un débat éthique. Ils deviennent un sujet de confiance publique, de souveraineté numérique et même de concurrence internationale.

En bref
- Les accords IA-Pentagone fragilisent la confiance autour des géants américains.
- Google affronte une fronde interne après la mobilisation de 600 employés.
- L’Europe y voit un argument de plus pour accélérer sa souveraineté numérique.
Le malaise ne vient plus seulement des militants
La crise de confiance autour de l’IA militaire américaine s’élargit. Elle touche désormais les utilisateurs, les salariés de la tech et plusieurs gouvernements étrangers. Le signal le plus visible vient de ChatGPT, qui aurait provoqué un net recul des embauches de développeurs.
Mais ce n’est pas ce qui inquiète le plus : aux États-Unis, les désinstallations de l’application ont bondi de 295 % en une seule journée après l’annonce d’un accord entre OpenAI et le département américain de la Défense, selon des données Sensor Tower rapportées par TechCrunch. Les téléchargements, eux, ont reculé de 13 % le même jour.
Ce chiffre ne dit pas que ChatGPT s’effondre. Il dit autre chose. Une partie du public commence à traiter l’IA comme un choix politique. Installer une application, la garder ou la supprimer devient une manière de voter avec son téléphone.
Ce réflexe se retrouve chez Google. Plus de 600 employés ont demandé à Sundar Pichai de refuser les usages militaires classifiés de l’IA de l’entreprise. Leur crainte tient en une idée simple : une fois placés dans des réseaux secrets, les modèles échappent au regard public et même au contrôle interne des équipes qui les construisent.
Google rouvre une vieille blessure
Google a déjà connu ce scénario. En 2018, le projet Maven avait déclenché une fronde interne. L’entreprise travaillait alors avec le Pentagone sur l’analyse d’images de drones. La pression des salariés avait fini par pousser Google à ne pas renouveler le contrat. Cette histoire reste dans les murs.
Le nouveau dossier réveille donc un vieux fantôme. D’après les informations disponibles, l’accord permettrait au Pentagone d’utiliser les modèles de Google pour toute “finalité gouvernementale légale”. Le contrat prévoit aussi que l’IA ne devrait pas servir à la surveillance de masse intérieure ni aux armes autonomes sans supervision humaine. Mais le point sensible arrive juste après : Google ne disposerait pas d’un droit de veto sur les décisions opérationnelles légales du gouvernement.
C’est là que le doute s’installe. Les garanties existent sur le papier. Mais leur portée réelle reste floue. Le texte fourni souligne justement cette zone grise : les entreprises promettent des limites, tandis que l’État garde la main sur l’usage légal de ces systèmes. Pour une technologie aussi puissante que l’IA, cette nuance pèse lourd.
L’Europe regarde l’affaire avec méfiance
Le débat dépasse maintenant les bureaux de Google. En Europe, ces accords renforcent une inquiétude déjà ancienne : peut-on confier des données sensibles à des entreprises américaines lorsque celles-ci travaillent aussi avec l’appareil de sécurité nationale des États-Unis ?
La question n’a rien de théorique. Le CLOUD Act permet aux autorités américaines de demander certaines données à des entreprises américaines, même si ces données se trouvent hors des États-Unis. C’est l’un des arguments qui pousse des pays européens à chercher des alternatives locales. La France a déjà annoncé le transfert de son Health Data Hub de Microsoft Azure vers Scaleway, un acteur français du cloud.
Mais l’Europe avance avec une jambe plus courte que l’autre. Scaleway, OVHCloud, Qwant ou Ecosia montrent qu’une autre voie existe. Pourtant, ces acteurs restent minuscules face à AWS, Google Cloud, Azure ou Google Search. La souveraineté numérique ne se décrète pas dans un communiqué. Elle demande des serveurs, des talents, des budgets et surtout des usages quotidiens. Découvrez par ailleurs, le trading du futur.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.