Malgré la baisse, le Bitcoin n’a pas perdu la partie face à l’or
Jurrien Timmer, directeur de la macroéconomie mondiale chez Fidelity, continue de préférer le bitcoin à l’or malgré la baisse récente des deux actifs. Son raisonnement ne repose pas sur leur performance en dollars, mais sur la capacité du BTC à gagner du terrain face au métal jaune tout en conservant un potentiel de hausse supérieur.

En bref
- Jurrien Timmer de Fidelity continue de préférer le bitcoin à l’or malgré la baisse des marchés.
- Le ratio BTC-or a progressé d’environ 75 % depuis son point bas du cycle.
- Les ETF bitcoin ont attiré près de 55 milliards de dollars depuis 2024, renforçant l’intérêt institutionnel.
- La forte volatilité du bitcoin et sa corrélation avec Wall Street restent des risques majeurs.
- Pour Timmer, le bitcoin offre un potentiel de hausse supérieur, sans pour autant remplacer l’or.
Face à l’or, le bitcoin reprend clairement l’avantage
Le bitcoin et l’or ont tous deux reculé pendant la récente vague d’aversion au risque. Une lecture limitée à leurs cours en dollars pourrait donc conclure qu’aucun des deux ne remplit correctement son rôle de protection.
Timmer utilise un autre indicateur : le nombre d’onces d’or qu’un bitcoin permet d’acheter. Ce ratio élimine les variations propres au dollar et mesure directement la force relative des deux actifs. Après un creux proche de 12 onces durant le cycle actuel, un BTC permet désormais d’acquérir environ 21 onces.
Plusieurs éléments soutiennent cette préférence tactique :
- Le bitcoin a franchi sa récente zone de consolidation face à l’or ;
- Le ratio BTC-or a progressé d’environ 75 % depuis son point bas du cycle ;
- Les ETF bitcoin au comptant ont attiré près de 55 milliards de dollars depuis 2024 ;
- Les produits indiciels liés à l’or et à l’argent ont reçu environ 29 milliards sur la même période ;
- Le bitcoin et l’or affichent toutefois une corrélation de 60 à 70 % avec le S&P 500.
« Je préfère toujours le bitcoin à l’or pour le moment », affirme Timmer, soulignant que son prix relatif résiste alors même que les deux actifs reculent. Il ne prétend donc pas que le BTC échappe à la correction, mais qu’il se déprécie moins que l’or dans leur confrontation directe.
Ce ratio reste néanmoins cyclique. Les capitaux spéculatifs ont déjà circulé plusieurs fois entre les deux actifs depuis la fin de 2025. Une progression du bitcoin face à l’or indique une prise de leadership, pas une supériorité permanente.
Les ETF font pencher la balance sans supprimer le risque
Les flux cumulés vers les ETF soutiennent l’analyse de Timmer. Depuis leur lancement, les fonds bitcoin américains ont reçu presque deux fois plus de capitaux que les produits liés aux métaux précieux sur la période comparée.
Cette différence suggère que les investisseurs institutionnels accordent désormais au bitcoin une place réelle dans leurs allocations. Elle ne garantit toutefois pas que ces capitaux restent investis pendant les phases de stress. Le 5 novembre, les ETF bitcoin ont enregistré plus de 430 millions de dollars de sorties en une seule séance.
Le bitcoin combine ainsi deux profils. Il peut être considéré comme un actif rare face à la dépréciation monétaire, tout en réagissant comme un investissement technologique risqué lorsque Wall Street corrige. Timmer l’a déjà décrit comme une version à « bêta élevé » de l’or : son potentiel de hausse est supérieur, mais ses variations sont aussi plus violentes.
Cette volatilité explique pourquoi préférer le BTC ne revient pas à lui attribuer un meilleur rapport entre rendement et risque dans toutes les situations. L’or reste généralement moins instable et bénéficie d’une demande structurelle provenant des banques centrales, de la joaillerie et des investisseurs institutionnels.
Le bitcoin offre pour sa part une rareté programmable, une mobilité mondiale et un accès facilité par les ETF. Son offre maximale de 21 millions d’unités peut amplifier son cours lorsque la demande progresse, mais aussi accentuer les baisses lorsque les investisseurs recherchent des liquidités.
Préférer le bitcoin ne signifie pas remplacer l’or
La corrélation actuelle avec les actions constitue la principale limite du scénario. Timmer reconnaît que le bitcoin et l’or ont récemment « rejoint la fête de l’aversion au risque », avec une corrélation de 60 à 70 % face au S&P 500.
À court terme, ni l’un ni l’autre ne fonctionne donc comme une couverture parfaite contre la baisse des marchés. Cette relation peut être temporaire, mais elle réduit leur capacité de diversification lorsque les investisseurs en ont le plus besoin.
Timmer ne propose pas pour autant d’abandonner l’or. Dans une allocation hypothétique présentée en septembre, il expliquait être passé d’une répartition de cinq unités d’or pour une de bitcoin à une exposition plus équilibrée, car il anticipait une surperformance du BTC. Son choix reste une rotation tactique entre deux actifs complémentaires.
L’or conserve un rôle défensif lié à son histoire, à sa liquidité et à son adoption par les États. Le bitcoin constitue une option plus offensive sur le même thème : la recherche d’un actif rare face à l’endettement public et à l’expansion monétaire.
Le signal à surveiller n’est donc pas uniquement le retour du bitcoin au-dessus d’un seuil en dollars. Si le ratio BTC-or poursuit sa progression pendant que les deux actifs se stabilisent, la préférence de Timmer gagnera en crédibilité. S’il retombe sous son ancienne zone de consolidation, le récent leadership du bitcoin apparaîtra comme une nouvelle rotation passagère.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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