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Bitcoin pour éviter WWIII

jeu 06 Avr 2023 ▪ 7 min de lecture ▪ par Nicolas T.
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La fronde globale contre le dollar ravive le spectre d’une guerre mondiale. Pour l’éviter, le bitcoin doit devenir la prochaine monnaie de réserve internationale.

Un bitcoin

Le droit de seigniorage

Frapper la monnaie fut de tout temps une démonstration de puissance. Les premières pièces sont apparues à Babylone vers 2000 avant J.-C, mais ne furent frappées d’un symbole que 1 400 ans plus tard.

C’est le roi Allyate II de Lydie qui eut cette idée. Il se servait de l’électrum (un alliage naturel d’or et d’argent) pour fondre des pièces qu’il frappait de son sceau. L’innovation majeure était que le poids des pièces était certifié par cette estampille officielle. Ce standard offrit aux pièces d’Allyate un avantage immense sur les autres pièces.

Les puissantes cités grecques firent rapidement de même avec les leurs. Elles eurent même l’idée de n’accepter aucune autre monnaie entre leurs murailles. Cela permettait de faire payer une taxe de change aux étrangers. Une combine qui n’a pas pris une ride…

Frapper monnaie devient même au Moyen Âge un droit régalien sacré. Le fait qu’un duc frappe ses propres pièces d’or représentait un rejet de l’autorité du roi.

Cela signifiait aussi s’octroyer le droit de seigniorage. C’est-à-dire la grasse taxe ponctionnée pour la frappe des morceaux d’or ou d’argent en pièces. Ce qui se terminait généralement par une guerre…

Le privilège exorbitant du dollar

À l’échelle mondiale, ce sont les États-Unis qui jouissent désormais d’un privilège de seigniorage. Depuis les accords de Bretton Woods, lorsque le dollar, supposé « as good as gold », devint l’étalon mondial.

Ce privilège s’est accru en 1975, lorsque Washington imposa à l’Arabie saoudite de vendre son pétrole exclusivement en billets verts. Les réserves de change en dollar se sont encore épaissies grâce à la mondialisation et atteignent désormais 6 470 milliards $.

En clair, les Américains jouisse du privilège d’avoir une balance commerciale chroniquement déficitaire sans que le taux de change du dollar ne s’effondre. Ou comment échanger du papier contre des matières premières et autres marchandises bien tangibles…

L’explication réside dans le fait que les réserves de change en dollars reviennent aux États-Unis sous forme d’investissement dans la dette publique (pour engranger des intérêts). D’où l’impact neutre sur le taux de change malgré un déficit commercial abyssal.

Contrôler la monnaie internationale permet aussi de faire chanter le reste du monde. Ces 6 470 milliards de dollars sont une épée Damoclès. Tout pays qui refuserait de s’aligner sur la politique étrangère impérialiste de Washington prend le risque de tout perdre.

L’Irak, l’Afghanistan, l’Iran et la Russie en savent quelque chose. L’UE et l’oncle Sam n’ont pas hésité à « geler » 300 milliards de dollars (et d’euros) de réserves appartenant à la première puissance nucléaire mondiale !

Sans parler des amendes, des embargos, des attaques spéculatives sur les taux de change, des déconnexions du réseau SWIFT, etc.

La fin de l’empire du dollar

Le dollar est une arme offrant des avantages incomparables. Le déficit de la balance courante qu’il facilite est une source de richesse inouïe. Sur les 12 derniers mois, les Américains ont pu siphonner l’équivalent de 943 milliards de dollars au reste du monde. Soit l’équivalent de 10 000 Airbus A380…

Les Américains devront se contenter d’un style de vie plus raisonnable si la part du dollar dans les réserves de change devait s’effondrer. Sa dévaluation se solderait alors par une réduction des importations et, forcément, de l’inflation. Ce serait un régime forcé.

Nous y arrivons à grands pas. Même Donald Trump s’y est résigné…

Le refus des pays du Sud d’appliquer les sanctions occidentales contre la Russie provoque un retour de flamme qui s’est mué en fronde globale contre l’hégémonie monétaire américaine.

Et la Russie compte bien ne pas gâcher cette rare opportunité. Le vice-président de la Douma Alexander Babakov a déclaré le 30 mars que le club des BRICS travaille à l’élaboration d’une « nouvelle monnaie » :

« La transition vers des règlements en monnaies nationales est la première étape. L’étape suivante consiste à permettre la circulation d’une monnaie […] fondamentalement nouvelle dans un avenir proche. Je pense que la volonté de réaliser ce projet sera annoncée lors du prochain sommet des BRICS. »

Alliant les actes à la parole, le Brésil et la Chine ont signé la semaine passée un accord pour commercer dans leurs propres monnaies. Et qui plus est via le CIPS chinois au lieu du réseau SWIFT.

Bitcoin pour la paix

Pour la première fois depuis longtemps, le système monétaire international va changer. Le risque étant que l’Alliance Atlantique ne reste pas les bras ballants. Surtout si la monnaie des BRICS devait offrir des privilèges à ses créateurs.

L’occident pourrait être convaincu de jouer à armes égales, mais pas d’être désavantagé. Or ce serait le cas si Alexander Babakov dit vrai et que les BRICS adossent leur monnaie à la valeur de l’or et « d’autres groupes de produits comme des métaux rares ou des terres agricoles ».

En effet, l’occident n’est pas particulièrement riche en matières premières. Il est largement dans son intérêt de préserver l’ordre existant, quitte à sortir les tambours de guerre.

Joe Biden en effet déclaré en février : « L’idée que nous enverrions des tanks en Ukraine, ça s’appelle la troisième guerre mondiale » …

Xi Jinping, qui, d’après Reuters, refuse de parler à son homologue, a lancé pour sa part à ses généraux qu’ils devaient « oser se battre ».

Cette perspective peu réjouissante pourrait être évitée en faisant du bitcoin la prochaine monnaie de réserve internationale. Apatride, réserve de valeur et système de paiement non censurable, il est la monnaie parfaite pour huiler les échanges internationaux.

Quoi de plus équitable qu’une monnaie adossée à l’élément le plus commun : l’électron. Tous les pays n’ont pas des mines d’or ou de Lithium, mais tous peuvent produire de l’électricité.

Par ailleurs, une monnaie adossée à des terres agricoles et autres matières premières ne ferait que reproduire l’expérience du dollar. La confiance finira par être rompue.

Ne manquez pas notre article sur les craintes palpables exprimées sur CNN et Fox News face au crépuscule de l’étalon dollar.

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Nicolas T.

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