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Bitcoin : Saylor et Back jugent la proposition BIP-110 plus dangereuse que le « spam » qu'elle vise

10h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Le débat autour de l’évolution du réseau Bitcoin connaît un nouvel épisode avec la proposition BIP-110, conçue pour limiter les transactions non monétaires et certaines données jugées indésirables. Alors que ses défenseurs estiment qu’elle protégerait l’usage initial du protocole, plusieurs figures influentes contestent cette approche. Michael Saylor et Adam Back considèrent qu’une telle modification pourrait créer davantage de risques qu’elle n’en résoudrait. Leurs prises de position relancent ainsi une discussion importante sur l’équilibre entre protection du réseau, décentralisation et stabilité du protocole.

Michael Saylor et Adam Back protègent Bitcoin face au débat sur le BIP-110 et les transactions jugées comme du spam sur le réseau.

En bref

  • Michael Saylor et Adam Back s’opposent à BIP-110, estimant que cette proposition présente plus de risques que le « spam » qu’elle cherche à limiter.
  • BIP-110 vise à restreindre les inscriptions Ordinals et les données non monétaires afin de préserver l’usage de Bitcoin comme système de paiement.
  • Les opposants craignent que cette bifurcation temporaire fragilise la crédibilité du réseau et invalide certaines transactions.
  • Les partisans assurent que BIP-110 ne provoquerait pas de scission de la chaîne et limiterait uniquement les effets des Ordinals pendant un an.
  • Avec seulement 1 % de soutien des blocs lors de la dernière période de signalement, l’activation de BIP-110 reste très improbable.

Bitcoin au cœur d’un nouveau débat autour du BIP-110

Le débat autour du BIP-110 s’intensifie au sein de la communauté Bitcoin, opposant les partisans d’une intervention technique aux défenseurs du statu quo. La proposition BIP-110 a été présentée en décembre 2025 comme un mécanisme qui vise à limiter les inscriptions Ordinals de type jeton non fongible ainsi que d’autres données arbitraires sur le réseau. Son objectif, selon son développeur, consiste à préserver l’utilisation principale de Bitcoin comme système de paiement pair à pair. Les promoteurs du texte estiment que ces usages annexes encombrent inutilement la blockchain et détournent le protocole de sa fonction d’origine.

Michael Saylor a toutefois exprimé une opposition claire à cette initiative. Dans un message publié sur X, il a affirmé qu’il existait de nombreux risques plus importants pour Bitcoin que le phénomène qualifié de « spam ». Selon lui, BIP-110 pourrait avoir une conséquence plus préoccupante en invalidant certaines transactions ordinaires du réseau, ce qui fragiliserait sa crédibilité auprès des utilisateurs.

Adam Back partage cette analyse. Dans son post sur X, le dirigeant de Blockstream considère qu’« une modification de cette nature dépasse une simple question technique ». Il estime qu’« une telle démarche risque d’introduire une logique de contrôle incompatible avec les principes historiques du protocole ». Pour lui, la décentralisation implique justement qu’aucun groupe ne puisse imposer sa vision à l’ensemble des participants.

Une proposition qui ravive un désaccord historique

Le débat autour du soft fork BIP-110 représente l’un des différends techniques les plus importants observés au sein de la communauté depuis les guerres de la taille des blocs entre 2015 et 2017. À cette époque, les développeurs et les acteurs de l’écosystème s’interrogeaient déjà sur l’opportunité de modifier le protocole au prix d’un risque de division de la chaîne. Cette nouvelle controverse rappelle que les changements fondamentaux restent particulièrement sensibles dans l’univers de Bitcoin.

La proposition a été introduite par le développeur pseudonyme Dathon Ohm avec le soutien de Luke Dashjr, fondateur du protocole Ocean. Les partisans du projet considèrent que la multiplication des inscriptions Ordinals constitue une menace sérieuse pour le réseau. Ils défendent une intervention rapide afin de limiter le gonflement de la blockchain provoqué par ces données.

Ces soutiens contestent également l’idée selon laquelle BIP-110 provoquerait une scission du réseau. Ils expliquent que la mesure prévoit uniquement une bifurcation temporaire d’une durée d’un an. Selon eux, cette limite empêcherait les effets durables redoutés par certains opposants et n’invaliderait pas les transactions payantes sur le long terme.

Un soutien encore très limité malgré les arguments des partisans

Malgré l’intensité des échanges, l’activation de BIP-110 apparaît aujourd’hui très improbable. La proposition ne peut entrer en vigueur que si 55 % des nœuds validant les blocs soutiennent cette évolution pendant une période déterminée. Ce seuil reste loin d’être atteint selon les derniers chiffres disponibles.

Lors de la période numéro 475, comprise entre les blocs 955 584 et 957 599, seulement 1 % des blocs ont signalé leur soutien à la proposition. Ce niveau d’adhésion montre que le consensus reste très éloigné des conditions nécessaires à une activation. Ainsi, cette faible mobilisation constitue un indicateur important de l’état actuel du débat.

Parallèlement, le contexte du réseau a évolué. L’activité liée aux Ordinals se situe désormais à un niveau proche de son plus bas historique. Moins de 10 000 inscriptions quotidiennes ont été enregistrées sur la blockchain Bitcoin au cours du dernier mois, contre plus de 400 000 lors du pic observé en août 2023. Cette baisse alimente indirectement les discussions sur la nécessité d’adopter BIP-110, alors que le phénomène visé paraît nettement moins important qu’auparavant.

Graphique illustrant l'évolution des inscriptions Ordinals sur la blockchain Bitcoin, montrant la baisse de l'activité quotidienne depuis le pic de 2023.
Le graphique illustre l’évolution des inscriptions Ordinals sur Bitcoin entre 2022 et 2026. Après un sommet dépassant 400 000 inscriptions quotidiennes en 2023, l’activité recule nettement, alimentant le débat autour du BIP-110. Source : Dune Analytics

L’évolution de ce dossier dépendra désormais de la capacité des différentes parties à convaincre davantage de participants. Tant que le niveau de soutien restera aussi faible, la proposition devrait continuer d’alimenter les échanges sans modifier le fonctionnement du protocole de la blockchain. Les prochains cycles de signalement permettront d’observer si le débat reste essentiellement théorique ou s’il prend une nouvelle dimension au sein de la communauté Bitcoin.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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